Les Affaires étrangères belges ont décidé de placer ce week-end plusieurs régions européennes en rouge. Les régions concernées sont, en plus de la Lituanie :
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Les Affaires étrangères belges ont décidé de placer ce week-end plusieurs régions européennes en rouge. Les régions concernées sont, en plus de la Lituanie : Une série de régions ont également été placées en zone orange : en France, plusieurs départements sont désormais concernés : Ile de France (sauf Seine-et-Marne), Pays de la Loire, Département du Nord (Nord-Pas de Calais), Haut-Rhin, Haute-Savoie, Meurthe-et-Moselle et Vosges. En Espagne, Girone, Tarragone, Valence, Almeria, sont désormais elles aussi en zone orange, tout comme Soria et Guadalajara ou la Murcie. La liste complète est disponible sur le site des Affaires étrangères : https://diplomatie.belgium.be/frMais chez les voyageurs, la confusion règne. Tout d'abord pour une question de timing. La nouvelle liste a été communiquée sur le site des Affaires étrangères samedi après-midi. Or, ce week-end charnière entre les mois de juillet et août est celui d'un chassé-croisé important de vacanciers. D'autant que les voyageurs arrivent souvent sur leur lieu de vacances l'après-midi. Ensuite, pour des erreurs de communication. Samedi après-midi, le site des Affaires étrangères indiquait ainsi qu'en France, la "région du Nord (Nord-Pas de Calais)" se trouvait en orange. Une information trompeuse puisque cette région n'existe pas. Ce dimanche, le site a été mis à jour et indique depuis : "Département du Nord (Nord-Pas de Calais)". Or, le Nord et le Pas-de-Calais sont deux départements distincts. On pourrait dès lors supposer que ces derniers se trouvent tous deux en zone orange, mais ce n'est pas le cas. Selon le SPF Affaires étrangères, contacté par RTL Info, le département Pas-de-Calais, où se trouve notamment la Côte d'Opale, très prisée des Belges, reste bel et bien en zone verte, tandis que le département Nord passe à l'orange. Selon RTL, les provinces espagnoles ont également été pointées, alors qu'il s'agit de villes. Philippe Goffin reconnait à demi-mot que des erreurs peuvent être commises et l'explique notamment par les découpages administratifs, qui sont différents d'un pays à l'autre. Face à l'imbroglio généré par le code couleur actuel, qui génère beaucoup de frustrations tant pour les vacanciers belges que pour les pays européens dont la couleur change, le groupe d'experts Celeval se réunira mardi afin de voir dans quelle mesure il sera possible d'adapter le système. Selon le virologue Steven Van Gucht, le système ne va toutefois pas changer. Il dit comprendre que l'évolution rapide des codes couleur soit très difficiles. "Les gens doivent être conscients qu'il y a un risque, qu'une zone puisse changer de couleur. Et cela peut effectivement se produire rapidement, mais nous devons accepter ce risque" a-t-il déclaré ce lundi.Difficile également de justifier auprès des vacanciers qui sont contraints d'annuler un voyage en zone rouge que l'accès à une région a priori moins contaminée que la Belgique leur soit interdit. La Suisse, par exemple, souligne que sur les 14 derniers jours, le taux de nouvelles infections a atteint 23 cas pour 100.000 habitants dans le canton de Vaud, et de 10 dans le Valais, alors qu'il est de 44 en Belgique. "Vaud est pratiquement à la moitié du taux d'infection belge", fait remarquer Philippe Leuba, le ministre vaudois de l'économie. "On ne sait pas sur quels critères la Belgique se base".Comment sont décidées des zones ? Le ministre des Affaires étrangères Philippe Goffin (MR) explique à la RTBF que ces décisions sont prises suite aux avis du Celeval (Cellule Evaluation) : "Le gouvernement fédéral a confié la mission au Celeval de mettre des couleurs aux différents pays et les Affaires étrangères reprennent ces couleurs à titre d'informations. Le Celeval, c'est un groupe d'experts qui, sur base des chiffres communiqués par les pays, sur base des critères européens, va considérer que tel pays est en vert, en orange ou en rouge." Et la Belgique suit alors ces recommandations à la lettre. "Nous n'essayons pas de modifier ces avis." Il est difficile d'établir une liste des critères sur lesquels les experts se basent pour conseiller les politiques de placer une zone dans telle ou telle couleur. On peut citer en vrac : l'incidence (nombre de contaminations pour 100.000 habitants), l'évolution de la courbe des infections, les règles mises en place par le pays ou la région concernée, avec éventuel reconfinement total ou partiel ou encore présence de foyers (clusters). Mais un pays est-il vraiment mieux placé que la nation en question pour la qualifier de zone "à risques" ? Déjà à la mise en place de ce système, le Portugal, puis le Luxembourg, s'étaient étonnés d'être pointés du doigt par la Belgique. Ce week-end, c'est plusieurs responsables politiques suisses qui ont exprimé leur surprise et leur mécontentement après la décision des autorités belges de placer la région lémanique - qui englobe les cantons de Genève, Vaud et du Valais - en zone rouge. "Cette décision est incompréhensible et choquante", a réagi le conseiller d'Etat (ministre) valaisan en charge de l'économie Christophe Darbellay sur les ondes de la RTS. "Le canton du Valais maîtrise bien le Covid-19. La situation à Genève est beaucoup plus alarmante."Le conseiller national (député) Matthias Bregy qualifie lui aussi la décision belge d'incompréhensible et en appelle au département helvète des Affaires étrangères d'intervenir auprès de la Belgique. Le canton de Vaud demande lui aussi une intervention diplomatique pour une révision de la décision belge sans délai. La Suisse est également intervenue auprès de l'UE pour éviter que d'autres pays européens n'adoptent la même mesure que la Belgique. "On comprend que c'est parfois difficile de se retrouver classé en orange ou en rouge", répond le ministre Goffin au micro de RTL. D'aucuns s'étonnent également que la Belgique pointe du doigt l'étranger avant de balayer devant sa porte. Pourquoi les habitants de la province d'Anvers, principal foyer du pays, peuvent-ils continuer à se balader librement à la Côte belge ou dans les Ardennes et qu'on ne soumet pas à une quarantaine les Belges ayant séjourné dans cette province ? D'autant que les autres régions belges commencent également à inquiéter, notamment au niveau du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, qui classe également la Wallonie et la région bruxelloise en orange, signifiant que l'incidence (nouveaux cas sur 100.000) habitants est au-dessus de 20, et plus uniquement la Flandre. Sur Facebook, le député bruxellois Emmanuel De Bock (DéFI) s'interroge également: "La Belgique met 20% de la Suisse en zone rouge le jour de leur fête nationale et prend en otage tous les Belges qui devaient y passer une partie des vacances d'août alors que la Suisse compte quatre fois moins de contaminations par habitant que la Belgique. Interdire de se rendre à Genève, dans le Vaud et le Valais alors que la Suisse connaît un taux de contamination bien moins élevé que la Belgique... A ce compte-là, on devrait mettre toute la Belgique en zone rouge et nous-mêmes ne plus sortir de sa région", ironise-t-il.