La stratégie de vaccination belge et européenne ne cesse de changer. La philosophie, globalement, reste la même: on protège d'abord les plus âgés et les plus fragiles, dans cet ordre: le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, l'a rappelé mardi soir. Il n'est pas (encore?) question de vacciner les plus jeunes en priorité. Mais il convient de s'adapter au rythme des livraisons, qui changent sans cesse et pour laquelle l'Union européenne fait pression, et, désormais, aux caractéristiques des vaccins et aux précisions des scientifiques.
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La stratégie de vaccination belge et européenne ne cesse de changer. La philosophie, globalement, reste la même: on protège d'abord les plus âgés et les plus fragiles, dans cet ordre: le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, l'a rappelé mardi soir. Il n'est pas (encore?) question de vacciner les plus jeunes en priorité. Mais il convient de s'adapter au rythme des livraisons, qui changent sans cesse et pour laquelle l'Union européenne fait pression, et, désormais, aux caractéristiques des vaccins et aux précisions des scientifiques.Le constat reste toutefois mitigé pour la Belgique: les vaccinations ont certes été accélérées, mais retardées ces derniers jours. Notre pays reste sous la barre des 300000 personnes vaccinées, ce qui est un rythme insuffisant.Ce mercredi matin, une nouvelle réunion de la Conférence interministérelle Santé a été organisée pour ajuster le plan en fonction des dernières informations. En substance, le vaccin AstraZeneca, plus simple à administrer, n'était pas conseillé pour les plus de 65 ans: un avis du Conseil supérieur de la santé a même abaissé la barre à 55 ans, faute de données scientifiques suffisantes au-delà ce cet âge-là.Un accord de principe a déjà été conclu au sujet des comorbidités susceptibles de donner lieu à une vaccination prioritaire dans la classe d'âge 18-64 ans. Selon la RTBF, "cela comprend les personnes atteintes d'une maladie rénale ou hépatique chronique ou les personnes atteintes du syndrome de Down. Dans le groupe des 45-64 ans, cela concerne également les personnes atteintes d'une maladie respiratoire chronique, mais aussi les personnes obèses (IMC supérieur à 30)." Le ministre flamand de la Santé Wouter Beke (CD&V) précise que ce sont des personnes "qui courent un risque accru d'être infectées et de se retrouver à l'hôpital".Une nouvelle réunion de la Task force Vaccination est toutefois programmée ce mercredi soir et une décision attendue avant la fin de la semaine sur un nouveau plan plus précis.Médecins généralistes et spécialistes, infirmiers, dentistes, aides-soignants et familiales, pharmaciens, kinés, etc., seront vaccinés à partir de la mi-février en Wallonie, a déjà indiqué mercredi le gouvernement wallon. En même temps que la Flandre, alors que la Région bruxelloise vient de commencer cette semaine.Deux éléments supplémentaires, toujours sans tenir compte des délais de livraisons, pourraient encore potentiellement faire changer le calendrier. D'une part, il apparaît que le vaccin AstraZeneca protège les personnes, mais ferait aussi en sorte qu'elles ne soient plus contagieuses: si cela se confirme, cela pourrait induire d'autres intentions, notamment au sujet des plus jeunes ou des "super-contaminateurs".Par ailleurs, l'étude de The Lancet et l'adoubement par la communauté scientifique du vaccin russe Spoutnik V pourrait, là encore, changer la donne et permettre une nouvelle accélération. Rappelons tout de même qu'une autorisation doit encore être accordée par l'Agence européenne du médicament, le cas échéant, mais les 'ténors" allemand et français, Emmanuel Macron et Angela Merkel, se sont déclaré favorables à Spoutnik V.Le président français a rappelé cette semaine qu'il s'agissait bien d'une stratégie européenne et promis que toute la population adulte qui le souhaite pourrait être vaccinée d'ici la fin de l'été.En attendant, cette lenteur européenne est pointée du doigt et a un coût. La campagne de vaccination lente en Europe, si on la compare avec des pays comme Israël, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, pourrait coûter près de 90 milliards d'euros cette année à l'économie européenne si elle n'est pas accélérée, ont estimé des économistes de l'assureur-crédit Euler Hermes.