Il n'y en a que pour Frank Vandenbroucke, ministre fédéral de la Santé, ces dernières semaines. Rien de plus normal: il se trouve, avec le Premier ministre Alexander De Croo, au coeur de la gestion de l'épidémie de coronavirus. Mais l'homme et sa psychorigidité ne laissent pas de marbre, c'est le moins que l'on puisse dire, et il va se retrouver à plusieurs égards la cible de critiques ce jeudi après-midi, lors des questions d'actualité de la Chambre.
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Il n'y en a que pour Frank Vandenbroucke, ministre fédéral de la Santé, ces dernières semaines. Rien de plus normal: il se trouve, avec le Premier ministre Alexander De Croo, au coeur de la gestion de l'épidémie de coronavirus. Mais l'homme et sa psychorigidité ne laissent pas de marbre, c'est le moins que l'on puisse dire, et il va se retrouver à plusieurs égards la cible de critiques ce jeudi après-midi, lors des questions d'actualité de la Chambre.Plusieurs dossiers sont en effet de nature à indisposer l'opposition, mais aussi au sein de la majorité fédérale. Parce que son caractère "psychorigide" rend compliqué le débat et, plus grave selon certains, l'amène à cacher des informations précieuses pour la délibération ou la nécessaire transparence des décisions prises.Le point de départ des critiques, cette semaine, fut provoqué par ses propos tenus peu après le Comité de concertation sur la fermeture des commerces non-essentiels, qui avait été décidée il y a un mois. Une "décision choc" pour obtenir des "effets chocs" avait affirmé Frank Vandenbroucke en soulignant que "le fait de faire du shopping", en soi, ne présentait pas un grand risque. Le ministre de la Santé ne s'est pas excusé, mais a affirmé qu'on l'avait mal traduit en évoquant un "électrochoc", ce qui à vrai dire n'est qu'une partie du problème qui ne concernait qu'une traduction sur une chaîne télévisée.Le secter économique, singulièrement celui des indépendants, est particulièrement indisposé par cette sortie. "Lorsque vous condamnez des gens à la mort économique, vous avez le devoir impérieux de motiver votre décision", soulignait ce matin Eric Domb, président et fondateur de Pairi Daiza, sur LN24, repris par Theo Francken (N-VA).Les libéraux, mais aussi le PS et le CD&V, ont regretté cette sortie qui risque de compromettre l'adhésion aux mesures et qui donne l'impression d'une stratégie luthérienne: user du bâton pour obtenir un respect docile de la population, en opposition avec la responsabilité individuelle qui prévalait jusqu'ici.Mais cela va plus loin. Parce que les décisions ont forcément été prises en Comité de concertation et, au fond, entérinées par les partis qui le critiquent. N-VA, MR et CD&V, au moins, estiment que Frank Vandenbroucke ne donne pas toutes les clés utiles à la prise de décision, que les avis d'experts ne sont pas communiqués en tant que tel, que les expettises psychologiques et économiques sont écartées et que tout serait décidé à l'avance. "On se heurte à un mur", disent plusieurs sources. Qui sont encore plus énervées par le refus du Premier et du ministre de la Santé d'organiser un nouveau Comité de concertation autour du 15 décembre.La présentation de la stratégie de vaccination belge, ce jeudi, ne déroge pas à la règle. "Vous ne réussirez pas à convaincre les gens si vous n'avez pas cette transparence en matière de données scientifiques et de contrats, dit-elle. J'ai déjà abordé cela dix fois, au moins, avec le ministre Vandenbroucke et il ne m'a jamais répondu, en disant comprendre ma frustration. J'imagine pourtant que des informations ont dû être données au moment de la commande. Les informations selon lesquelles les vaccins sont efficaces à 70% ou 95%, c'est du pur marketing commercial, il n'y a pas de donnée scientifique publiée."Ce maque de transparence s'explique, il est vrai, par le fait que le ministre fédéral de la Santé doit composer avec les huit autres ministres de la Santé dans les entités fédérées: notre complexité institutionnelle n'aide pas.Mais l'association de consommateurs Test Achats confirme un sentiment de rétention des informations. Sur base du principe de publicité de l'administration, elle a demandé à l'Agencefédérale des médicaments (AFMPS) et au ministre Vandenbroucke d'obtenir une copie de ces contrats ainsi que l'avis rendu par le Comité d'avis sur base duquel la Belgique a pris la décision de souscrire à ces contrats. Le ministre n'a jamais répondu.La difficulté de communiquer, a-t-on précisé ce jeudi à l'issue de la conférence de presse de présentation de la stratégie belge de vaccination, est due au fait que les contrats ont été négociés par la Commission européenne.Etre ministre de la anté, de nos jours, n'est pas chose simple.