Le déconfinement n'est pas pour demain. La nécessité de rester chez soi est confirmée jusqu'au 19 avril. La décision de prolonger cette période jusqu'au 3 mai sera en outre sur la table du prochain Conseil national de sécurité, la semaine prochaine, et il est fort probable que ce sera le cas. Mais le groupe d'experts mis en place par le gouvernement fédéral pour préparer le déconfinement a entamé ses travaux. Certains pays européens préparent cette sortie de crise - l'Autriche et l'Italie en tête - et cela donne une idée des balises qui devraient l'encadrer chez nous. Sans oublier les débats difficiles que cela risque de poser.

Un déconfinement par étapes

La principale certitude, c'est que le déconfinement se fera progressivement. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a pris tout le monde de vitesse en annonçant un début de déconfinement à partir du 14 avril, mais il se fera graduellement pendant un mois et demi au moins.

En Italie, le chef de la protection civile, Angelo Borrelli, a aussi évoqué le 16 mai comme date possible d'entrée dans une "phase 2", synonyme de "coexistence avec le virus". Le plan en cinq points du ministre italien de la Santé met lui aussi en place une évolution graduelle.

L'épidémiologiste Annemie Vandamme (KU Leuven) soulignait dans une interview récente qu'il serait sage de prévoir trois à quatre semaines entre chaque phase afin de s'assurer que la phrase précédente n'a pas favorisé la propagation du virus. "Revenir à une vie totalement normale? Pas avant six mois!", dit l"épidémiologiste Marius Gilbert (ULB) à La Libre ce mercredi.

Le port du masque généralisé

En Autriche, le port du masque sera obligatoire dans les transports publics, les magasins et même dans les écoles. Il était d'ailleurs quasiment généralisé et des experts mettent en avant cette singularité comme une des raisons d'une mortalité moindre dans ce pays - en plus des caractéristiques géographiques et démographiques. Le port généralisé du masque est prévu en Italie et il est déjà d'application dans certaines régions, dont la Lombardie.

La Belgique pourrait suivre la même voie. Mais le débat sur le masque, chez nous, reste dantesque. Il fut d'abord question de la pénurie pour les masques de protection du personnel soignant, qui reste partiellement un souci, et de l'incapacité, dès lors, d'imaginer un masque pour tous. Une obligation à venir ? La ministre de la Santé, Maggie De Block, continue de soutenir la position de l'Organisation mondiale de la santé selon laquelle le masque n'est pas une priorité: il ne peut venir qu'en complément d'une hygiène parfaite des mains et de la distanciation sociale. Ce débat-là, sur les réseaux sociaux, devient virulent. Dans les faits, le port du masque s'étend de plus en plus en Belgique comme ailleurs.

La "distanciation sociale scrupuleuse dans les lieux de vie et de travail"

C'est prévu en Italie, en Autriche et chez nous déjà. Cette évidence devra toutefois subir l'épreuve progressive du déconfinement et de la fréquentation plus importante des lieux. Des systèmes D devront être inventés.

Une phase de test à grande échelle

C'est une nécessité pour permettre une reprise des activités en toute sécurité. Mais l'évidence se heurte à la réalité du nombre. La capacité de dépistage en Belgique était très limitée, comparativement à l'Allemagne par exemple. Des efforts ont été faits, mais elle reste actuellement de 10.000 tests par jour, qui seront utilisés pour effectuer des tests approfondis dans toutes les maisons de repos du pays, ont annoncé les ministres compétents ce mercredi.

Dans un avenir proche, des tests sérologiques viendront s'ajouter, pour contrôler si le système immunitaire a développé des anticorps au virus. Mais l'accompagnement du déconfinement par un testing à plus large échelle risque de susciter encore bien des joutes politiques.

Un dispositif d'hôpitaux se consacrant au coronavirus

Ceux-ci resteront ouverts après la crise pour empêcher un éventuel retour du virus. C'est prévu en Italie. Chez nous, un tel système était déjà en vigueur et ne devrait pas poser le moindre souci.

La mise en place d'une application sur smartphone, sur le modèle sud-coréen ou israélien.

Un tel système donne la possibilité de cartographier les mouvements des malades diagnostiqués. Soit en géolocalisant précisément, soit en référence à des relais aux alentours du smartphone concerné. Chez nous, les données téléphoniques servent aujourd'hui à analyser les mouvements de population et permettront de créer des outils d'aide à la décision pour la gestion épidémiologique.

Des scientifiques belges, dont le célèbre épidémiologiste Marc Van ranst, ont toutefois mis en garde contre l'utilisation élargie à des applications de type coréen en Belgique, contestant leur efficacité réelle et mettant en garde contre les dangers pour les libertés individuelles. Un débat sensible.

La reprise très graduelle des activités

Chez nous, les écoles pourraient être les premières à rouvrir leurs portes. Un débat avait d'ailleurs eu lieu, au début du confinement, sur l'opportunité de les fermer car c'est là que pourrait se générer une forme d'immunité à la maladie. En Autriche, dans un premier temps, seuls les petits commerces de moins de 400 mètres carrés, les magasins de bricolage et les jardineries seront ouverts. En Italie, les premières activités qui devraient reprendre sont celles liées à la chaîne d'approvisionnement alimentaire et pharmaceutique. Ce sera ensuite le tour des commerces sans contact direct avec la clientèle (réparateurs, fabricants d'objets à domicile...). Viendront après les magasins dans lesquels les clients sont en contact avec les vendeurs, ainsi que les coiffeurs et esthéticiennes.

Horeca et grands rassemblements figurent en queue de liste. Une certitude : les bars, restaurants, discothèques ou salles de sport seront les derniers à rouvrir et, le moment venu, il est probable que leurs propriétaires devront prévoir une distance de sécurité d'au moins un mètre entre leurs clients de même qu'avec leur personnel. En Autriche, les grands rassemblements restent interdits jusque fin juin. Les festivals de l'été, en Belgique, seront probablement annulés, comme ne cesse de le rappeler le ministre fédéral de l'Intérieur, Pieter De Crem.

Les déplacements

En Italie, les transports publics devront maintenir une fréquentation basse, grâce à des contrôleurs chargés de faire respecter une distance entre les passagers en n'utilisant qu'un siège sur deux ou en ne laissant monter qu'un nombre limité de personnes à bord des bus, des rames de métro ou des trains. La reprise des fréquences habituelles, chez nous, devrait se faire aussi graduellement.

Réouverture des frontières et autorisation de voyager

Selon les experts, ce sera sans doute l'ultime étape du déconfinement, a fortiori dans le cadre d'une pandémie qui touche tous les pays où elle évolue à des rythmes variables. Il est encore trop tôt pour le prédire avec certitude, mais la probabilité est grande que les vacances d'été soient limitées pour nous, du moins en partie, au territoire de la Belgique.

Le déconfinement n'est pas pour demain. La nécessité de rester chez soi est confirmée jusqu'au 19 avril. La décision de prolonger cette période jusqu'au 3 mai sera en outre sur la table du prochain Conseil national de sécurité, la semaine prochaine, et il est fort probable que ce sera le cas. Mais le groupe d'experts mis en place par le gouvernement fédéral pour préparer le déconfinement a entamé ses travaux. Certains pays européens préparent cette sortie de crise - l'Autriche et l'Italie en tête - et cela donne une idée des balises qui devraient l'encadrer chez nous. Sans oublier les débats difficiles que cela risque de poser.Un déconfinement par étapesLa principale certitude, c'est que le déconfinement se fera progressivement. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a pris tout le monde de vitesse en annonçant un début de déconfinement à partir du 14 avril, mais il se fera graduellement pendant un mois et demi au moins. En Italie, le chef de la protection civile, Angelo Borrelli, a aussi évoqué le 16 mai comme date possible d'entrée dans une "phase 2", synonyme de "coexistence avec le virus". Le plan en cinq points du ministre italien de la Santé met lui aussi en place une évolution graduelle. L'épidémiologiste Annemie Vandamme (KU Leuven) soulignait dans une interview récente qu'il serait sage de prévoir trois à quatre semaines entre chaque phase afin de s'assurer que la phrase précédente n'a pas favorisé la propagation du virus. "Revenir à une vie totalement normale? Pas avant six mois!", dit l"épidémiologiste Marius Gilbert (ULB) à La Libre ce mercredi.Le port du masque généraliséEn Autriche, le port du masque sera obligatoire dans les transports publics, les magasins et même dans les écoles. Il était d'ailleurs quasiment généralisé et des experts mettent en avant cette singularité comme une des raisons d'une mortalité moindre dans ce pays - en plus des caractéristiques géographiques et démographiques. Le port généralisé du masque est prévu en Italie et il est déjà d'application dans certaines régions, dont la Lombardie. La Belgique pourrait suivre la même voie. Mais le débat sur le masque, chez nous, reste dantesque. Il fut d'abord question de la pénurie pour les masques de protection du personnel soignant, qui reste partiellement un souci, et de l'incapacité, dès lors, d'imaginer un masque pour tous. Une obligation à venir ? La ministre de la Santé, Maggie De Block, continue de soutenir la position de l'Organisation mondiale de la santé selon laquelle le masque n'est pas une priorité: il ne peut venir qu'en complément d'une hygiène parfaite des mains et de la distanciation sociale. Ce débat-là, sur les réseaux sociaux, devient virulent. Dans les faits, le port du masque s'étend de plus en plus en Belgique comme ailleurs.La "distanciation sociale scrupuleuse dans les lieux de vie et de travail"C'est prévu en Italie, en Autriche et chez nous déjà. Cette évidence devra toutefois subir l'épreuve progressive du déconfinement et de la fréquentation plus importante des lieux. Des systèmes D devront être inventés.Une phase de test à grande échelleC'est une nécessité pour permettre une reprise des activités en toute sécurité. Mais l'évidence se heurte à la réalité du nombre. La capacité de dépistage en Belgique était très limitée, comparativement à l'Allemagne par exemple. Des efforts ont été faits, mais elle reste actuellement de 10.000 tests par jour, qui seront utilisés pour effectuer des tests approfondis dans toutes les maisons de repos du pays, ont annoncé les ministres compétents ce mercredi. Dans un avenir proche, des tests sérologiques viendront s'ajouter, pour contrôler si le système immunitaire a développé des anticorps au virus. Mais l'accompagnement du déconfinement par un testing à plus large échelle risque de susciter encore bien des joutes politiques.Un dispositif d'hôpitaux se consacrant au coronavirus Ceux-ci resteront ouverts après la crise pour empêcher un éventuel retour du virus. C'est prévu en Italie. Chez nous, un tel système était déjà en vigueur et ne devrait pas poser le moindre souci.La mise en place d'une application sur smartphone, sur le modèle sud-coréen ou israélien. Un tel système donne la possibilité de cartographier les mouvements des malades diagnostiqués. Soit en géolocalisant précisément, soit en référence à des relais aux alentours du smartphone concerné. Chez nous, les données téléphoniques servent aujourd'hui à analyser les mouvements de population et permettront de créer des outils d'aide à la décision pour la gestion épidémiologique. Des scientifiques belges, dont le célèbre épidémiologiste Marc Van ranst, ont toutefois mis en garde contre l'utilisation élargie à des applications de type coréen en Belgique, contestant leur efficacité réelle et mettant en garde contre les dangers pour les libertés individuelles. Un débat sensible.La reprise très graduelle des activitésChez nous, les écoles pourraient être les premières à rouvrir leurs portes. Un débat avait d'ailleurs eu lieu, au début du confinement, sur l'opportunité de les fermer car c'est là que pourrait se générer une forme d'immunité à la maladie. En Autriche, dans un premier temps, seuls les petits commerces de moins de 400 mètres carrés, les magasins de bricolage et les jardineries seront ouverts. En Italie, les premières activités qui devraient reprendre sont celles liées à la chaîne d'approvisionnement alimentaire et pharmaceutique. Ce sera ensuite le tour des commerces sans contact direct avec la clientèle (réparateurs, fabricants d'objets à domicile...). Viendront après les magasins dans lesquels les clients sont en contact avec les vendeurs, ainsi que les coiffeurs et esthéticiennes. Horeca et grands rassemblements figurent en queue de liste. Une certitude : les bars, restaurants, discothèques ou salles de sport seront les derniers à rouvrir et, le moment venu, il est probable que leurs propriétaires devront prévoir une distance de sécurité d'au moins un mètre entre leurs clients de même qu'avec leur personnel. En Autriche, les grands rassemblements restent interdits jusque fin juin. Les festivals de l'été, en Belgique, seront probablement annulés, comme ne cesse de le rappeler le ministre fédéral de l'Intérieur, Pieter De Crem.Les déplacements En Italie, les transports publics devront maintenir une fréquentation basse, grâce à des contrôleurs chargés de faire respecter une distance entre les passagers en n'utilisant qu'un siège sur deux ou en ne laissant monter qu'un nombre limité de personnes à bord des bus, des rames de métro ou des trains. La reprise des fréquences habituelles, chez nous, devrait se faire aussi graduellement.Réouverture des frontières et autorisation de voyager Selon les experts, ce sera sans doute l'ultime étape du déconfinement, a fortiori dans le cadre d'une pandémie qui touche tous les pays où elle évolue à des rythmes variables. Il est encore trop tôt pour le prédire avec certitude, mais la probabilité est grande que les vacances d'été soient limitées pour nous, du moins en partie, au territoire de la Belgique.