Evidemment, il est bien plus facile de épeindre les violeurs comme des monstres. Bien plus facile parce que cela signifierait que nous n'avons strictement rien à voir avec eux. Nous des êtres humains, eux des animaux. La réalité est plus complexe. En fait, ce sont nos père...

Evidemment, il est bien plus facile de épeindre les violeurs comme des monstres. Bien plus facile parce que cela signifierait que nous n'avons strictement rien à voir avec eux. Nous des êtres humains, eux des animaux. La réalité est plus complexe. En fait, ce sont nos pères qui commettent de tels actes. Nos fils, nos jeunes voisins, nos collègues. Des chefs du patro, des entraîneurs de foot. Parfois même des mères, des filles ou des tantes. Dans trois cas sur quatre, il s'agit de quelqu'un qui connaît la victime. Lorsqu'une fille sur cinq déclare avoir été violée, on ne peut faire autrement qu'admettre qu'il s'agit d'un problème de société de grande ampleur. Et c'est naturellement moins confortable. [...] La violence sexuelle ne s'aborde pas en déshumanisant les auteurs mais en investissant dans la sensibilisation et l'éducation sexuelle. Le tragique ne nous dispense pas de la nuance. Quel que soit l'événement qui nous noue la gorge et nous indigne, il ne peut être un sauf-conduit pour verser dans une rhétorique simpliste. Il existe pour cela les espaces de commentaires sur les réseaux sociaux. Ou le comptoir des cafés qui rouvrent. D'un ministre, nous attendons davantage.Sara Vandekerckhove, De Morgen, 7 juinLe titre est de la rédaction