Madrés "franskiljons". Toujours prêts à abuser de la bonne volonté de la Flandre, jusqu'à vouloir honteusement profiter d'un temps de crise pour poursuivre leurs noirs desseins depuis leurs îlots de résistance en bordure de la Région bruxelloise. Le coronavirus bouscule les priorités, exige des parades urgentissimes: soit. Faut-il pour autant tolérer que tant de luttes, tant de sueur et de larmes versées pour faire advenir l'obligation d'user du néerlandais sur le sol flamand soient ouvertement bafouées?
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Madrés "franskiljons". Toujours prêts à abuser de la bonne volonté de la Flandre, jusqu'à vouloir honteusement profiter d'un temps de crise pour poursuivre leurs noirs desseins depuis leurs îlots de résistance en bordure de la Région bruxelloise. Le coronavirus bouscule les priorités, exige des parades urgentissimes: soit. Faut-il pour autant tolérer que tant de luttes, tant de sueur et de larmes versées pour faire advenir l'obligation d'user du néerlandais sur le sol flamand soient ouvertement bafouées? Nadia Sminate s'y refuse. L'élue N-VA s'est rendue, le 27 janvier dernier, au parlement flamand porteuse d'inquiétantes rumeurs glanées parmi les six communes à facilités linguistiques incorrigiblement rebelles à l'autorité flamande: certains de leurs mayeurs songent à envoyer automatiquement en français les lettres de convocation à une prochaine vaccination. Cela ne se peut. De wet is de wet. Corona ou pas, force doit rester à la loi, fût-elle linguistique. "Nous avons trop souvent vu comment ces bourgmestres foulent aux pieds cette législation", s'alarme la députée-bourgmestre de Londerzeel. Surtout, pas de faux procès: la N-VA mesure la gravité de la situation, comprend l'impérieuse nécessité d'informer la population dans de multiples langues afin que nul ne soit maintenu dans l'ignorance ou l'incompréhension de ce qu'on attend de lui. Mais il ne faudrait pas abuser, transformer un régime de facilités linguistiques en campagne à franciser l'administration de la potion protectrice. Bart Somers (Open VLD), ministre des Pouvoirs locaux, a dit pouvoir comprendre l'émoi. S'est engagé à ne déroger au prescrit légal qu'avec l'indulgence de la Commission permanente de contrôle linguistique. A ouvrir l'oeil et à mener l'enquête s'il le faut. "Les lettres de convocation à se faire vacciner doivent être rédigées en néerlandais dans les communes à facilités. En bas du document peut figurer une note informant qu'une traduction en français peut être demandée. Diffuser des cartes de vaccination uniquement libellées en français ne sera pas permis dans une commune à facilités. Ce ne serait pas correct envers les néerlandophones." Et ce serait manquer de respect à l'Etat de droit démocratique. "Nous n'avons pas encore reçu de plaintes", ajoute le ministre. Mais autant s'épargner une épreuve communautaire dans l'épreuve sanitaire. Surtout, Bart Somers a rappelé que nécessité fait aussi loi. Il est vital que celles et ceux qui maîtrisent mal le néerlandais soient vaccinés, il y va de la santé de tous les Flamands. Cela vaut bien une communication officielle des instructions en 25 langues. Et tant pis si cela doit récompenser la mauvaise volonté d'irréductibles qui "hélas, devraient depuis longtemps déjà pratiquer le néerlandais mais le font toujours insuffisamment" et manquent ainsi à leur devoir d'intégration. Sur les bancs de l'opposition PVDA (PTB) et Groen, on n'a pas très bien compris les priorités de la N-VA: on y a souligné n'avoir aucune objection à ce que ces convocations soient rédigées en grec ancien ou libellées en hiéroglyphes.