Le cap des 100 n'est plus qu'une question de temps. L'économie flamande recèle à ce jour 99 entreprises issues de l'économie non financière passées sous contrôle chinois. Un grand bond en avant puisqu'en 2018, le pavillon chinois ne flottait encore que sur 73 boîtes au nord du pays. La progression est nette dans la catégorie électronique, nouvelles technologies et transports ; moins affirmée dans le secteur alimentation/boissons, machines et équipements ; en recul dans la branche automobile.
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Le cap des 100 n'est plus qu'une question de temps. L'économie flamande recèle à ce jour 99 entreprises issues de l'économie non financière passées sous contrôle chinois. Un grand bond en avant puisqu'en 2018, le pavillon chinois ne flottait encore que sur 73 boîtes au nord du pays. La progression est nette dans la catégorie électronique, nouvelles technologies et transports ; moins affirmée dans le secteur alimentation/boissons, machines et équipements ; en recul dans la branche automobile. Le géant chinois apprécie manifestement la lilliputienne Flandre. Il en fait une de ses escales sur les nouvelles routes de la soie dont il est occupé à zébrer la planète. Il a notamment posé ses valises dans ses ports (APM Terminals à Zeebruges, Deurganckdok à Anvers). Une olievlek n'est pas l'autre. Il y a la tenace tache d'huile bruxelloise, à la texture foncièrement francophone, qui n'a pas fini d'empoisonner la périphérie flamande. Et puis, il y a la tache d'huile venue du grand paradis communiste, qui se met à irriguer l'économie flamande et celle-là donne le sourire à Jan Jambon (N-VA). En relayant cette montée en puissance mise en lumière par le Flanders Investment & Trade, le ministre-président flamand n'a pas masqué le motif de fierté qu'il faut en tirer. Cette flatteuse marque d'intérêt est à prendre comme l'indice du "rôle économique fort que joue la Flandre sur le plan mondial. Il est important pour la Flandre, dans un contexte européen plus large, de surtout miser sur les possibles opportunités qui se présentent dans les relations avec la Chine." Esprits chagrins s'abstenir, "il ne faut certainement pas n'y voir qu'une menace". Les milieux d'affaires applaudiront. Rien, dans le propos ministériel, qui trahisse un trouble ou fasse écho aux appels à la vigilance lancés par les scrutateurs du monde selon Xi Jinping. Tous ces oiseaux de mauvais augure qui considèrent que la Chine n'est pas un partenaire économique et commercial comme les autres, qui recommandent de ne pas lui dérouler le tapis rouge sans y regarder à deux fois, a fortiori dans des secteurs jugés stratégiques. Qui aiment rappeler que de la dépendance économique à la dépendance politique, le pas pourrait être plus vite franchi qu'on ne croit. Bref, qu'une présence chinoise dans le business représente un risque qu'il serait sage de calculer. Il y avait bien eu cette poussée de fièvre jaune en 2016 lorsque l'entreprise étatique chinoise State Grid avait été à deux doigts de mettre le grappin sur l'énergéticien flamand Eandis, deal finalement bloqué après que la Sûreté de l'Etat a sonné le tocsin. Une Flandre avertie en vaut deux? Pas sûr. Voilà qui mériterait peut-être réflexion, en tout cas débat. C'est le sentiment de l'opposition Groen qui a saisi le parlement flamand, voici un an, d'une invitation à développer "une vision à long terme de l'ingérence chinoise dans l'économie flamande". A s'interroger sur une stratégie de reprises et d'investissements qui s'opère souvent avec le soutien massif d'un Etat chinois dont la démocratie n'est pas le premier des soucis. Invitation à ce jour restée sans suite. Jan Jambon peut garder la tête dans les étoiles. Dorées sur champ rouge.