Il n'y aura jamais de pont trop loin. Fertile en occasions de trouver l'âme soeur, la téléréalité se prépare à franchir un palier et c'est en Flandre que le "la" est donné. Bienvenue chez VTM, la chaîne commerciale où se concocte une de ces émissions riches en promesses d'audience: "Ik wil een kind" - "Je veux un enfant" -, avec qui et à combien n'est pas l'essentiel. Que l'on soit deux, trois ou quatre à se partager les droits et devoirs parentaux, peu importe le nombre de partenaires qui se pencheront sur le berceau puisque quand on aime, on ne compte pas. Il suffira de convenir par contrat de mettre au monde un enfant, par exemple par insémination artificielle...

Il n'y aura jamais de pont trop loin. Fertile en occasions de trouver l'âme soeur, la téléréalité se prépare à franchir un palier et c'est en Flandre que le "la" est donné. Bienvenue chez VTM, la chaîne commerciale où se concocte une de ces émissions riches en promesses d'audience: "Ik wil een kind" - "Je veux un enfant" -, avec qui et à combien n'est pas l'essentiel. Que l'on soit deux, trois ou quatre à se partager les droits et devoirs parentaux, peu importe le nombre de partenaires qui se pencheront sur le berceau puisque quand on aime, on ne compte pas. Il suffira de convenir par contrat de mettre au monde un enfant, par exemple par insémination artificielle, et de s'engager à l'élever. Sans passer pour ce faire par une phase romantique, par afficher une relation amoureuse ni même se connaître au préalable. Scandale? Pas le moins du monde, cette variante de coparents fait partie intégrante de l'univers des familles recomposées. Mais cette fois, les combinaisons parentales supposées gagnantes ne se noueront pas sur des sites de rencontre mais sous les projecteurs d'un plateau télé. Rendez-vous sur VTM ce 18 octobre, à 20 h 35 pour la présentation du concept et un appel à candidats. L'audimètre risque fort de s'affoler, tant le raffut causé fait office de bande-annonce inespérée. Et dire que tout part d'une bonne intention, jure VTM: il ne s'agit que de briser un tabou, de faire progresser la cause encore légalement en friche de la coparentalité. Mais c'est bien la manière qui chiffonne ou scandalise au nord du pays parce que jugée éthiquement discutable, entre autres par un monde politique qui a des mots assez durs à ce propos. C'est un Benjamin Dalle (CD&V), ministre communautaire de la Jeunesse et des Médias, qui se dit tracassé par l'utilisation des enfants à des fins de programmes de divertissement: d'accord pour parler à la télé du désir parfois contrarié d'avoir un bébé mais, rappelle le ministre, "avoir un enfant, c'est encore autre chose que de trouver un partenaire ou d'acheter une maison". Ou même de vouloir un chien. C'est un Lorin Parys "estomaqué", vice-président de la N-VA impliqué dans la problématique de l'adoption, qui rappelle que "mille enfants sont en attente de parents adoptifs. Quand en fera-t-on un programme?" C'est un Bert Anciaux, sénateur Vooruit, qui s'indigne et s'interroge: "VTM n'éprouve-t-elle aucune honte? Tout doit-il céder devant les chiffres d'audience et l'appât du gain? Triste." Et c'est la commissaire flamande aux droits de l'enfant qui se montre perplexe et se dit choquée par l'intitulé même de l'émission, "comme si un enfant était un objet juridique alors qu'il est un sujet juridique pourvu de droits". Y aura-t-il plus délicat départ dans la vie que d'être le pur produit d'un reality show? Lourde inconnue. Pourquoi diable tout ce foin?, s'émeut la chaîne qui assure que les partenaires sélectionnés bénéficieront de l'accompagnement psychologique et juridique nécessaire. Commise à la présentation de "Ik will een kind", la Bekende Vlaming Dina Tersago, Miss Belgique dans une autre vie, admet que le terrain est glissant, consciente que "le changement n'est jamais une mince affaire, il demande du temps". Il est vrai qu'avec le temps, on finit par s'habituer. A tout.