Voici l'été qui pointe le bout du nez, c'est le retour des beaux jours, des fortes chaleurs et des furieuses envies de tenues légères. Les rappels au règlement sont aussi de sortie et, avec eux, le port prohibé à l'école du crop top, du short, de la jupette ou de la robe ultracourte, des fines bretelles ou de l'affriolant "marcelleke". Beatrix, 14 ans, scolarisée au collège catholique Montfort à Rotselaar, en Brabant flamand, a pris la mouche en découvrant des consignes vestimentaires répétées par son établissement. Un mail bien senti adressé à la direction, un partage du message sur les incontournables réseaux sociaux et hop!, le coup de gueule est devenu viral ...

Voici l'été qui pointe le bout du nez, c'est le retour des beaux jours, des fortes chaleurs et des furieuses envies de tenues légères. Les rappels au règlement sont aussi de sortie et, avec eux, le port prohibé à l'école du crop top, du short, de la jupette ou de la robe ultracourte, des fines bretelles ou de l'affriolant "marcelleke". Beatrix, 14 ans, scolarisée au collège catholique Montfort à Rotselaar, en Brabant flamand, a pris la mouche en découvrant des consignes vestimentaires répétées par son établissement. Un mail bien senti adressé à la direction, un partage du message sur les incontournables réseaux sociaux et hop!, le coup de gueule est devenu viral en Flandre. C'est que l'ado a pris soin d'appuyer là où ça doit faire mal, sur la dimension genrée de l'interdit: "Vivons-nous encore au Moyen Age, monsieur le directeur, lorsque les hommes étaient toujours supérieurs aux femmes et avaient plus de droits qu'elles?" Et la demoiselle sans-gêne de joindre l'acte à la parole en se présentant à l'école sapée à la garçonne, la partie supérieure du sous-vêtement bien visible au-dessus du pantalon. Y a vraiment pas de raison de ne pas aussi remonter les bretelles des garçons lorsqu'ils exhibent leur caleçon. Beatrix a fait des émules dans d'autres établissements flamands. Par centaines, des élèves entrent en résistance, se pointent à l'école vêtus de tout ce qui n'est pas permis, épaules dénudées et nombril à l'air de rigueur. Face à la fronde, un brin gênées aux entournures, les directions la jouent plutôt zen, canalisent, se montrent compréhensives, relativisent. Il faut bien que jeunesse se passe. A moins que, comme dans ce collège de Malines, on opte pour la négociation d'accommodements raisonnables après s'être excusé pour avoir refoulé des élèves non réglementairement habillés. Mais dites ou faites quelque chose, monsieur le ministre de l'Enseignement! Pressé par l'opposition de la gauche radicale (PVDA) de mouiller sa chemise dans le débat et de décréter que le dress code en classe, c'est définitivement ringard, Ben Weyts (N-VA) s'est logiquement montré en gardien du temple. "Une école n'est pas un bar de plage, ni un lieu de loisirs mais un lieu d'apprentissage" où s'imposent des lignes à ne pas franchir, y compris sur le plan vestimentaire. Des règlements signés en toute connaissance de cause par les élèves et les parents sont là pour être respectés. Le ministre en restera là, loin de lui l'idée de s'immiscer dans le contenu de la garde-robe fixé par les directions scolaires. Un peu court? L'opposition de la gauche moins radicale (Vooruit) aurait aimé entendre de Ben Weyts un mot sur la dimension sexiste de l'enjeu, l'expression d'une volonté de la prendre à bras-le-corps. "Les règles sont plus sévères pour un genre que pour l'autre et c'est par ces règlements scolaires, par ces dress codes que les femmes à un âge aussi jeune se retrouvent sexualisées, ce qui n'est pas une bonne chose", a pointé le député Maxim Veys. Las, Ben Weyts ne s'est pas découvert. There is really no alternative? Allez zou, uniforme pour tout le monde, éditorialisait le Morgen. Une tenue égalitaire, durable, écologique, pas plus coûteuse qu'une fringue à l'obsolescence programmée sur le (très) court terme.