La campagne de vaccination est en voie d'accélération, mais cela reste bien trop lent.
...

La campagne de vaccination est en voie d'accélération, mais cela reste bien trop lent. La possibilité offerte par le Conseil supérieur de la santé d'utiliser le vaccin Astra Zeneca pour toutes les classes d'âges, sans le limiter aux moins de 55 ans, ouvre la voie à une prise en charge des publics les plus vulnérables, sans freins. Bientôt, toujours en suivant le même avis, il sera possible d'élargir le temps entre les deux doses : Frank Vandenbroucke (SP.A), ministre fédéral de la Santé, soulignait jeudi à la Chambre qu'une décision définitive à ce sujet devrait intervenir la semaine prochaine.Cette évolution doit permettre au Comité de concertation d'envisager des assouplissements. "L'accélération des vaccinations change la donne", soulignait encore Paul Magnette, vendredi matin. Mais les partis d'opposition pointent du doigt une accélération trop lente encore. Et mettent sur la table des pistes pour forcer encore le pas.Il y a encore 600 000 doses de vaccins. "Le resteke décidé par les 9 ministres de la santé suffira-t-il?, s'interroge Catherine Fonck (CDH). Nous avons besoin d'un plan de bataille plus ambitieux: sept jours sur sept, le principe dose livrée = dose vaccinée, organisation avec les médecins généralistes et les médecins spécialistes, et inscription efficace et facile."Au gouvernement qui souligne la difficulté d'aller dans ce sens, la cheffe de file humaniste reprend les propos d'Olivier Véran, ministre français de la Santé: "Notre volonté est claire: vacciner le plus rapidement possible, en utilisant toutes les doses d'ores-et-déjà disponibles. Dès ce week-end, des dizaines milliers de Français pourront y avoir accès de manière accélérée dans les départements les plus touchés par l'épidémie."La décision concernant l'espacement entre l'administration des deux doses doit, dans ce contete, intervenir le plus rapidement possible: l'utilisation d'un maximum de doses passe par là.La différence de stratégie entre les trois Régions du pays est pointée du doigt par beaucoup: la Flandre vaccine les plus de 85 ans, Bruxelles les plus de 75 ans et la Wallonie les plus de 65 ans. Frank Vandenbroucke a justifié cela par des considérations logistiques. Mais encore faudrait-il que le processus suive son cours de façon fluide, ce qui est loin d'être le cas. Les nombreux couacs constatés dans les convocations ont en outre été pointés du doigt,, notamment en raison d'un manque de fiabilité de la plateforme interfédérale."Donc en Wallonie, on convoque par mail les plus de 65 ans en commençant par les plus âgés, constate un internaute. Bien en théorie mais, sur quel mail quand on sait que 38% des wallons entre 65-74 ans ne vont pas sur le net." "Quand il y aura 2 millions de doses qui vont arriver en avril, le problème va exploser encore plus, souligne Catherine Fonck. Inversons le dispositif. Annonce du public concerné (tranche d'âge). Les gens prennent rdv (internet ou tel)."Elle ajoute: "Prenons une boîte dont le savoir est la prise de rendez-vous médicaux/paramédicaux et qui a fait ses preuves et avançons. Vaccinnet pour encoder les vaccins faits. Et les médecins généraux et spécialistes pour valider les 65- à risque. Cette inertie me rend dingue...""Quand allez-vous impliquer les communes, les médecins généralistes et les institutions spécialisées dans notre campagne de vaccination?, demandait Sophie Rohonyi, députée DéFI, jeudi à la Chambre. Plus vous tardez, plus vous maintenez les jeunes et les secteurs à l'arrêt dans leur détresse psychologique et financière!"Le parti de François De Smet propose de "rendre les communes compétentes pour l'envoi des convocations vaccinales par tranche d'âge" et de "mettre sur pied un centre de vaccination par commune et soutenir ces dernières pour garantir une ouverture, sept jours sur sept, et 10 heures par jour."Les représentants des médecins généralistes eux-mêmes ont dit leur disponibilité à prendre part à la campagne. DéFi propose de "vacciner dans les centres de vaccination par tranche d'âge, en commençant par les plus âgés, mais avec possibilité de dérogation pour les comorbidités si demande d'un médecin généraliste acceptée par une commission de dérogation régionale".Le parti d'opposition propose encore de "vacciner dans les cabinets des médecins généralistes et maisons médicales pour les vaccins ne nécessitant pas une conservation à très basse température et d'inclure les médecins généralistes et infirmiers dans la Task Force Vaccination". DéFI propose enfin d'engager des jeunes sans emploi pour les tâches logistiques des centres de vaccination.C'est à ce prix d'une vaccination accélérée que le rythme des assouplissements pourra, lui aussi, être accéléré.