Ce sont les articles de journaux sur les coaches de judo qui auraient porté atteinte à leurs jeunes pupilles qui l'ont incitée à agir. "Les leçons du passé n'ont pas été tirées", dit-elle. "Clairement pas. Les histoires d'abus sexuels dans le sport révèlent qu'il y a toujours des responsables qui préfèrent minimiser les abus et les étouffer plutôt que d'intervenir. Tout comme l'Église catholique. Et les responsables sont toujours mis hors de cause parce que les faits sont prescrits. Pour nous, les victimes, les faits ne sont jamais prescrits. Pourquoi les coupables devraient-ils bénéficier de ce privilège ?"

Pour Van Speybrouck, le relèvement du délai de prescription pour les abus sexuels de dix à quinze ans ne suffit pas. "Beaucoup de victimes mettent la moitié de leur vie à se rendre compte de la gravité de ce qu'on leur a fait", explique-t-elle. "Aujourd'hui, les enfants et les jeunes sont beaucoup mieux au courant, mais il y aura toujours des victimes qui auront besoin de beaucoup de temps avant d'oser révéler leur histoire, ne serait-ce que parce que certains répriment ces souvenirs terribles pendant des années, pour rester debout." Van Speybroeck sait de quoi elle parle, pendant son enfance dans un foyer d'accueil, un prêtre a abusé d'elle pendant des années. "J'ai enfoui ces souvenirs très profondément", déclare Van Speybroeck. "C'est une stratégie de survie : ce n'est qu'en l'isolant qu'on peut l'éloigner. Du moins temporairement. Cette haute tension dans laquelle vous avez vécu des années cherche à s'échapper d'une manière ou d'une autre."

D'où la pétition dans laquelle elle demande au ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), et par extension à tout le gouvernement fédéral, de supprimer le délai de prescription pour l'abus sexuel de mineurs. "Ainsi, l'état donnerait un signal clair et puissant que l'abus est un des pires méfaits qu'il y ait", dit-elle. "Il serait temps".

Vous trouverez la pétition de Carine Van Speybroeck ici

Ce sont les articles de journaux sur les coaches de judo qui auraient porté atteinte à leurs jeunes pupilles qui l'ont incitée à agir. "Les leçons du passé n'ont pas été tirées", dit-elle. "Clairement pas. Les histoires d'abus sexuels dans le sport révèlent qu'il y a toujours des responsables qui préfèrent minimiser les abus et les étouffer plutôt que d'intervenir. Tout comme l'Église catholique. Et les responsables sont toujours mis hors de cause parce que les faits sont prescrits. Pour nous, les victimes, les faits ne sont jamais prescrits. Pourquoi les coupables devraient-ils bénéficier de ce privilège ?"Pour Van Speybrouck, le relèvement du délai de prescription pour les abus sexuels de dix à quinze ans ne suffit pas. "Beaucoup de victimes mettent la moitié de leur vie à se rendre compte de la gravité de ce qu'on leur a fait", explique-t-elle. "Aujourd'hui, les enfants et les jeunes sont beaucoup mieux au courant, mais il y aura toujours des victimes qui auront besoin de beaucoup de temps avant d'oser révéler leur histoire, ne serait-ce que parce que certains répriment ces souvenirs terribles pendant des années, pour rester debout." Van Speybroeck sait de quoi elle parle, pendant son enfance dans un foyer d'accueil, un prêtre a abusé d'elle pendant des années. "J'ai enfoui ces souvenirs très profondément", déclare Van Speybroeck. "C'est une stratégie de survie : ce n'est qu'en l'isolant qu'on peut l'éloigner. Du moins temporairement. Cette haute tension dans laquelle vous avez vécu des années cherche à s'échapper d'une manière ou d'une autre."D'où la pétition dans laquelle elle demande au ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), et par extension à tout le gouvernement fédéral, de supprimer le délai de prescription pour l'abus sexuel de mineurs. "Ainsi, l'état donnerait un signal clair et puissant que l'abus est un des pires méfaits qu'il y ait", dit-elle. "Il serait temps".