Allez, faisons un petit test. Combien de femmes dans votre entourage, disons de plus de 50 ans, ont les cheveux longs? Personnellement: zéro. Mère, grands-mères, amies, collègues, pas une seule n'arbore un carré s'aventurant plus bas que le menton. Ainsi va la vie capillaire féminine: comme une courbe de Gauss. Laisser pousser pousser pousser jusqu'à un certain âge, couper couper couper ensuite. Evidemment, ce certain âge est imbriqué dans la fin de la jeunesse. Comme s'il existait au code social tacite: tu vieillis, tu raccourcis. Celles qui s'y dérobent sont d'ailleurs souvent moquées, de vouloir ainsi s'accrocher à une juvénilité fanée. Quelle vulgarité! "Je vois beaucoup de femmes dans la rue qui, de derrière, sont très jolies avec leurs cheveux longs et leurs minijupes. Mais quand elles se retournent, aargh, elles sont vieilles. Seules celles sans classe ont les cheveux longs à partir de 40 ans", raillait ainsi, en novembre dernier, la styliste Carolina Herrera dans le Daily Mail (bonjour la sororité...)
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Allez, faisons un petit test. Combien de femmes dans votre entourage, disons de plus de 50 ans, ont les cheveux longs? Personnellement: zéro. Mère, grands-mères, amies, collègues, pas une seule n'arbore un carré s'aventurant plus bas que le menton. Ainsi va la vie capillaire féminine: comme une courbe de Gauss. Laisser pousser pousser pousser jusqu'à un certain âge, couper couper couper ensuite. Evidemment, ce certain âge est imbriqué dans la fin de la jeunesse. Comme s'il existait au code social tacite: tu vieillis, tu raccourcis. Celles qui s'y dérobent sont d'ailleurs souvent moquées, de vouloir ainsi s'accrocher à une juvénilité fanée. Quelle vulgarité! "Je vois beaucoup de femmes dans la rue qui, de derrière, sont très jolies avec leurs cheveux longs et leurs minijupes. Mais quand elles se retournent, aargh, elles sont vieilles. Seules celles sans classe ont les cheveux longs à partir de 40 ans", raillait ainsi, en novembre dernier, la styliste Carolina Herrera dans le Daily Mail (bonjour la sororité...) A lire les magazines féminins, tout ça, ce serait la faute des gamins. Une fois nés, les mères sacrifieraient leur crinière, devenue supposément trop difficiles à entretenir. Sauf que, franchement, une queue de cheval vite faite, un chignon rapidement élastiqué se révèlent plus pratiques et moins chronophages que les shampoings et brushings réguliers auxquels les coupes courtes sont généralement astreintes. L'explication doit être ailleurs. Du côté de la biologie, peut-être. Paraît qu'à partir de la cinquantaine, le corps produit moins d'oestrogènes, de kératine, bref que les tifs perdent en touffe. Bon. Mais avoir la tignasse filasse n'empêche pas les longueurs. Sauf que c'est pas joli-joli. Et c'est bien de ça qu'il s'agit. Se conformer aux injonctions de beauté, de décence, de bienséance. Une chevelure élancée (une fois que, dans l'enfance, elle a permis de ne surtout pas confondre fillettes et garçons) semble indiquée pour autant que la femme soit en âge de procréer. Une fois casée ou une fois qu'elle a engendré, paf! , il faut alors couper. Sacrifier ce qui, aux yeux de beaucoup d'hommes, constitue un gage de féminité, un appel à l'érotisme. Faire physiquement le deuil de la séduction. Quelle indécence de vouloir charmer, alors qu'il n'y a plus de possibilité d'enfanter! Ceci n'est pas un cheveu, mais un symbole. Celui de la disponibilité sexuelle. Que les religions se sont d'ailleurs empressées de couvrir. D'une mantille. D'un voile, dont on parle tant pour le moment. Ce bout de pudeur, qu'entendent porter certaines musulmanes pour repousser les regards lubriques masculins. Chez les juifs orthodoxes, prière après le mariage de porter un sheitel, une perruque censée être synonyme de vertu: ces attributs sont réservés aux époux. Et si le postiche est trop beau, trop stylé, quelques rabbins condamnent ces moeurs légères. Chez les ultraorthodoxes, après les noces, on leur rase carrément le crâne. Si les femmes doivent tant être protégées de tous ces mâles en chaleur incapables de réfréner une érection à la vision de poils crâniens, pourquoi c'est pas eux, qu'on confine dans les foyers? Qu'on oblige à sortir un foulard sur les yeux? Alors on leur lâcherait enfin la toison, aux croyantes, aux mécréantes, aux vieilles, aux jeunes qui ont juste envie d'élaguer sans se voir reprocher leur manque de féminité, aux joueuses de foot à qui le club conseille les cheveux longs pour ne pas qu'on les imagine lesbiennes. Et franchement, qu'est-ce que ça ferait du bien!