C'est une passe d'armes mémorable qui a eu lieu mercredi en commission de la Santé du parlement bruxellois. Alors qu'il est interrogé sur le fait de faire passer plusieurs fois des tests pour la Covid à une même personne, le ministre Alain Maron (Ecolo) répond par vidéo conférence: "Il n'est pas recommandé de multiplier les tests pour multiplier les tests. D'abord parce que cela vient engorger inutilement, la multiplication des tests pour une même personne. Et puis l'impact il est environnemental, d'abord, cela fait une masse considérable de déchets."
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C'est une passe d'armes mémorable qui a eu lieu mercredi en commission de la Santé du parlement bruxellois. Alors qu'il est interrogé sur le fait de faire passer plusieurs fois des tests pour la Covid à une même personne, le ministre Alain Maron (Ecolo) répond par vidéo conférence: "Il n'est pas recommandé de multiplier les tests pour multiplier les tests. D'abord parce que cela vient engorger inutilement, la multiplication des tests pour une même personne. Et puis l'impact il est environnemental, d'abord, cela fait une masse considérable de déchets."La députée et ancienne ministre CDH Céline Frémault s'étrange, littéralement: "Excusez-moi, monsieur Maron, ce n'est pas audible ça! Je suis désolée de me fâcher, ce n'est pas audible! Le testing, c'est du sérologique aussi, c'est du salivaire, c'est du PCR ! Aujourd'hui, on n'a pas le choix. Et s'il faut le faire dix fois, il faut le faire dix fois. Mais expliquer que cela a un coût environnemental, ce n'est pas audible aujourd'hui." Le parti humaniste en a fait un petit clip diffusé sur les réseaux sociaux et le débat s'emballe.Le ministre de la Santé reprécise le contexte du débat et affirme qu'il parlait bien des multiples tests inconsidérés en précisant qu'il faut évidemment tester tous ceux qui en ont besoin. "Je regrette que certains de mes propos qui portaient sur une question annexe, à savoir les conséquences potentielles que les mêmes personnes se fassent tester de manière très régulière, soient utilisés de manière caricaturale, s'indigne-t-il. Je ne souhaite pas tomber dans des polémiques politiciennes: ma priorité va à la gestion de la crise, dans ses différents aspects relevant des compétences régionales, en collaboration avec les autres niveaux de pouvoir."Mais le mal est fait et un hastag #Marondémission voit le jour sur Twitter. Les polémistes s'emparent du sujet. Ecolo se voit contraint de communiquer à tout-va pour empêcher le "bad buzz".. Le politologue John Pitseys, chef de groupe au parlement bruxellois, parle de "tronquage de propos, colère surjouée, raccourci volontaire, indignation étudiée, ennemi de service". Tout Ecolo dénonce une mise en scène de mauvais goût.Finalement, le ministre Alain Maron lui-même met en avant la croissance importante du nombre de test réalisés à Bruxelles: "Au niveau testing: plus de 36.000 test sont réalisés chaque semaine. Une capacité qui continuera à monter avec l'ouverture d'un nouveau centre de test au Heysel. Bientôt nous atteindrons 60.000 tests par semaine."Attaquée en retour sur le caractère théâtral de son intervention et sur la mise en scène du clip sur les réseaux, la députée humaniste Céline Frémault publie, elle aussi, une série de mises au point sous formes d'attaque en règle."Quand on est représentant politique, on mesure ses propos, entame-t-elle. Qu'ils soient tenus dans les assemblées ou devant la presse. Le 3 octobre, le ministre bruxellois de la santé disait dans La Capitale: 'On n'en est pas du tout à la situation de mars. Néanmoins, on approche d'une situation un peu difficile'. Le lendemain, le même Ministre dans le même journal : 'Le taux d'occupation des hôpitaux n'est pas alarmant'. La décision de fermer cafés et bars pendant un mois est annoncée le 7 octobre par le gouvernement bruxellois parce que la situation se dégrade. La phase 1b dans les hôpitaux est activée depuis deux jours et des nouvelles mesures sont attendues aujourd'hui parce que la situation continue d'empirer. Je ne suis ni hystérique, ni comédienne. Simplement, à l'aube d'une deuxième vague, il est temps que le ministre bruxellois de la santé ait des propos réfléchis. La situation EST grave."Et cette passe d'armes témoigne de tensions politiques réelles sur la gestion de la "seconde vague" dans la capitale.