"Chaque minute, les atterrissages leur rappellent que la finalité, c'est l'expulsion", décrit cette responsable du service des urgences de l'hôpital Saint-Pierre au quotidien.

Elle s'inquiète de la prise en charge des enfants une fois en Serbie (ils sont tous nés en Belgique et n'y sont jamais allés, NDLR): "Ces enfants vont cumuler une série de traumatismes. L'arrestation par la police à l'aube, la détention, l'isolement par rapport à leur entourage... Ils éprouvent un sentiment de rejet, d'injustice, un manque de confiance en l'adulte et la société. (...) Tout cela est extrêmement néfaste et ça se voit, même après quelques jours."

Paulette De Backer juge un soutien psychologique à court et à long terme nécessaire. "Cela devrait déjà avoir été mis en place. Ces traumatismes peuvent avoir des séquelles sur leur développement cognitif, leur capacité d'apprentissage, leur sociabilisation et même sur leur croissance".

Après plusieurs demandes d'asile et demandes de régularisation, cette famille avait été placée en maison de retour, avant de s'en échapper plusieurs fois. Elle a ensuite été placée au centre fermé 127 bis. La mère a en outre introduit dernièrement une demande d'asile au nom de sa fille aînée. La famille restera détenue pendant cette procédure, écrit La Libre Belgique.