Les militaires accomplissaient leur mission de surveillance dans le cadre de l'opération Vigilant Guardian mise en place après les attentats de Paris. Ils ont reconnu le terroriste sur la base d'une liste de noms et de photos de personnes suspectées d'être impliquées dans ces attaques de novembre 2015.

Le comité R, qui contrôle les services de renseignement, a accordé une attention particulière à la transmission d'informations. De trois cas particuliers étudiés dans son rapport de 2016, il conclut que les informations tirées de Vigilant Guardian n'avaient pas été communiquées à tous les départements et services potentiellement concernés, notamment la présence de Khalid El Bakraoui à Zaventem.

Passivité

Il note même la passivité du Service Général de Renseignement et de Sécurité (SGRS -renseignement militaire). Celui-ci n'a pas transmis les rapports en question à la Sûreté de l'Etat et à l'Organe de Coordination et d'Analyse de la Menace (OCAM). Il n'en traitait même pas le contenu car il estimait que la responsabilité du traitement de ces rapports incombait à la police fédérale pour le compte de laquelle les militaires accomplissaient sa mission de surveillance. Une conclusion que ne partage pas le comité R: "le SGRS n'est pas dispensé de vérifier si, dans les documents envoyés, il n'y a pas, le cas échéant, des informations qui peuvent concerner le service".

Les constats du comité R rejoignent ceux de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats terroristes qui avait jugé sévèrement le travail des services de renseignement et la coopération entre les services. La réorganisation du Service Général de Renseignement et de Sécurité (SGRS, renseignement militaire) a depuis lors mené à la création d'un poste de coordinateur de la lutte contre le terrorisme, a indiqué M. Bajart.