Le palais royal a confié une mission de préformation aux présidents de l'Open VLD et du SP.A, Egbert Lachaert et Conner Rousseau, ce vendredi après-midi. C'est un pas supplémentaire vers une coalition à sept partis (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V), baptisée Vivaldi ou Avanti par le président du CD&V.
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Le palais royal a confié une mission de préformation aux présidents de l'Open VLD et du SP.A, Egbert Lachaert et Conner Rousseau, ce vendredi après-midi. C'est un pas supplémentaire vers une coalition à sept partis (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V), baptisée Vivaldi ou Avanti par le président du CD&V. Leur mission durera un maximum d'une semaine, le temps d'avancer sur le fond.. et de trouver un formateur. "Nous n'avons pas encore eu le temps", dit Egbert Lachaert. Un euphémisme: " La désignation de celui ou celle qui occupera le Seize sera un noeud important des discussions.Jamais le soulagement n'a sans doute été aussi proche depuis que Joachim Coens, président du CD&V, a affirmé, mercredi soir à la VRT, qu'il souhaitait "donner une chance" à la coalition Vivaldi - rebaptisée toutefois dans ses mots Avanti parce que son parti ne veut pas être "la cinquème roue de la charrette". Ce vendredi matin encore, une longue réunion a eu lieu entre les présidents de parti concernés pour évoquer la suite des opérations. Avant que le palais ne reçoive Egbert Lachaert pour sont deuxième rapport et ne désigne le duo de préformateurs avec son homologue socialiste flamand, Conner Rousseau.Une majorité réunissant les socialistes, les libéraux, les écologistes et une partie des sociaux-chrétiens pourrait donc voir le jour. Avec le CD&V, mais sans le CDH qui n'était pas mathématiquement indispensable. "C'est une décision prise par Maxime Prévot lui-même", précise Egbert Lachaert. Mission de cette coalition: faire face aux nombreux défis auxquels est confronté le pays. Le président libéral flamand évoque une durée de dix ans pour remettre le pays à niveau.Ce serait "la large majorité" souhaitée par le roi Philippe, mais elle n'aurait pas de majorité dans le groupe linguistique néerlandophone et se ferait sans les deux premiers partis flamands (N-VA et Vlaams Belang). Un fameux pari. Le CD&V semble s'y être résigné, pour autant qu'il puisse accomplir une part substantielle de son programme. "Le pire pour la Flandre serait qu'il n'y ait pas de solution", dit Egbert Lachaert.Du temps devrait toutefois être pris pour penser à la réforme de l'Etat: Egbert Lachaert annonce que deux ministres seraient chargés, au sein du gouvernement fédéral, de mener cette réflexion, un francophone et un néerlandophone.Les nerfs restent cependant à vif parce que le délai est court d'ici au 17 septembre, date à laquelle la Première ministre, Sophie Wilmès (MR), pourrait remettre sa démission, faute de confiance possible à la Chambre. "Il ne faut jamais préjuger ce qui va se passer, disait-elle jeudi en saluant, prudente, les signaux de déblocage. Deux semaines, c'est court, mais ce peut être une éternité en politique." Egbert Lachaert n'a pas répondu à un journaliste qui lui demandait qu'elles étaient les chances de succès de son duo.Les nerfs sont à vif parce que la façon dont le CD&V ne cesse de faire monter les enchères irrite, de la part d'un parti qui peine toujours à se décider. On parle de sujets sensibles: la mise au frigo de l'éthique et de la réforme de l'IVG (qui devrait toutefois être laissée au parlement), des avancées institutionnelles dans le domaine des soins de santé, une certaine rigueur budgétaire alors que la crise est là. Le tout avec des partis socialistes et écologiste bien décidés à initier la relance ou avec un axe vert-bleu très soucieux de mettre en place un "projet positif pour la Belgique".Le CD&V lui-même reste déchiré à ce sujet: bon nombre de ses mandataires locaux, ancrage du parti dans la société flamande, exprimaient de sérieuses réserves à l'idée d'entrer dans une négociation sans la N-VA. En Flandre, certains vont jusqu'à évoquer le possible ralliement de certains mandataires du CD&V à la N-VA pour entamer un nouveau projet idéologique.Les nerfs sont à vif parce que la N-VA fulmine d'être potentiellement écartée et risque de mener la vie dure à cette Avanti/Vivaldi. Jeudi, Bart De Wever grommelait entre ses dents qu'ils ne voulait pas attaquer un parti avant que les dés ne soient jetés. Mais il rappellait que cela ne correspondrait "pas au souhait des électeurs flamands". Et à la question de savoir si cela pourrait avoir une influence sur le gouvernement flamand (N-VA, CD&V et Open VLD), il a laissé la réponse en suspens... ce qui en dit long.La tension est grande encore parce que les rapports de force entre ces quatre familles politiques ne seront guère aisés à mettre en oeuvre. Tout le monde est soucieux de contribuer à "apporter des solutions" pour le pays... encore faut-il savoir quelles solutions et les lignes de fracture sont potentiellement multipliées par sept ou huit au sein de cette large coalition. Toutes les familles voudront imposer leur marque, mais les écologistes y seront particulièrement attentifs, eux qui sont "les seuls vainqueurs" des élections de 2019. La question du prolongement du nucléaire est une autre pierre d'achoppement.Une réunion à sept, jeudi 3 septembre, a eu lieu dans une grande fébrilité pour cette raison: chacun veut exister et se profiler. Et, mauvais signe dans une phase délicate de négociation, tout le monde continue à s'exprimer dans les médias. Tout cela ne préjuge en outre pas des places à octroyer dans un second temps, et des rapports de force personnels, qui peuvent également être décisifs. Plusieurs candidats visent plus ou moins ouvertement le Seize: Paul Magnette (il a réaffirmé jeudi soir à la RTBF qu'il "ne refuserait pas"), Alexander De Croo, Koen Geens... sans oublier Sophie Wilmès dont la popularité est grande. Les libéraux, qui dominent largement l'exécutif depuis 2014 et plus encore depuis un an, ne se contenteront pas de "miettes", et voient difficilement leur rival socialiste prendre la place de leur "Sophie". Le CD&V et l'Open VLD rivalisent de même."Les deux personnes nommées préformateurs n'ont pas l'ambition de devenir formateurs", dit Egbert Lachaert. SEule certitude, car le chemin reste long et escarpé.