Et soudain, fut le calme. Le silence, et les oiseaux qui chantent. Dimanche, de 9h30 à 19h, la circulation automobile était interdite à Bruxelles etr dans d'autres villes. Les voitures ontcédé la place aux piétons et vélos, et les bruits de moteurs et de klaxons aux bribes de conversations et rires. Au-delà de la possibilité de circuler librement, les passants, résidents et internautes ont été agréablement surpris du calme qui s'est soudainement installé dans la capitale.
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Et soudain, fut le calme. Le silence, et les oiseaux qui chantent. Dimanche, de 9h30 à 19h, la circulation automobile était interdite à Bruxelles etr dans d'autres villes. Les voitures ontcédé la place aux piétons et vélos, et les bruits de moteurs et de klaxons aux bribes de conversations et rires. Au-delà de la possibilité de circuler librement, les passants, résidents et internautes ont été agréablement surpris du calme qui s'est soudainement installé dans la capitale.Si le calme du dimanche sans voitures donne un air de joyeuseté et une bonne ambiance aux rues bruxelloises, le temps d'une journée, l'exposition constante au bruit du trafic et autres sources de nuisances sonores comme les chantiers, les avions, les fêtes, le voisinage, etc., a un impact majeur sur la santé. "Le bruit dérange, indispose et rend malade. Il perturbe en particulier le sommeil et la capacité de concentration, tout comme il accroît le risque de maladies cardio-vasculaires", indique Bruxelles Environnement sur son site, en présentant le plan Quiet.Brussels, adopté en 2019, dans le but de réduire le bruit.Mais quelles peuvent être les solutions pour réduire le bruit du trafic? La physique le prouve: une voiture qui roule moins vite, fait moins de bruit. "Passer de 50 à 30 km/h diminue de moitié les nuisances sonores dues au trafic routier. Entre 2,5 et 3.9 dB(A) selon le type de revêtement", analyse un rapport sur les premiers six mois de la zone 30 généralisée sur la région bruxelloise, publié par Bruxelles Mobilité."Les mesures effectuées par Bruxelles Environnement semblent bien confirmer ce postulat: si on compare la situation dans deux voiries "exemples": chaussé de Wavre et av. du Port, qui sont passées à 30km/h entre 2017 (année de référence - cartographie du bruit) et 2021, Bruxelles Environnement constate des différences pour l'indicateur global pondéré sur 24h Ldende -1,7 dB(A) à 3,3dB(A) ce qui améliore de manière perceptible la qualité de vie des riverains", indique encore ce rapport."Cela peut paraître bateau mais réduire le nombre de voitures réduit le bruit qui y est lié", explique Audrey Lebas, chercheuse pour le Smart City Institute de l'école de gestion de l'Université de Liège (HEC Liège). Pour la chercheuse, il faut revoir le mode d'organisation de la mobilité dans et autour des villes, en développant les modes alternatifs à la voiture (transports en communs, vélos, marche), notamment grâce à des lieux d'interconnexion stratégiques comme les gares et des parkings de délestage.. "Et lorsque les modes alternatifs ne sont pas possibles, il est important de réduire le bruit lié à la voiture, notamment en éteignant son moteur ou en diminuant le volume de la musique lorsque les fenêtres sont ouvertes", continue la chercheuse, qui est particulièrement exposée au bruit du trafic suite aux embouteillages qui sévissent autour d'un tunnel à Liège, fermé depuis les inondations. Une solution intéressante constatée Audrey Lebas: un panneau interactif montrant le bruit en temps réel. "C'était devant un lieu où il y a beaucoup d'embouteillages, au Canada. Le tableau montrait le bruit, et affichait un message comme "éteindre le moteur". Ce que les gens faisaient, et on pouvait voir immédiatement le bruit diminuer sur le tableau".Une autre solution technique est proposée par les Régions wallonne et bruxelloise : des radars acoustiques, qui pourraient, à terme,flasher les motos dont le bruit dépasse un certain seuil. Ils sont actuellement en test auprès de deux entrprises française, et le premier prototype devrait être disponible à Bruxelles au début d el'année 2022, explique Marie Poupé, spécialiste chez Bruxelles Environnement. Dans un premier temps, les micros multidirectionnels vont évaluer le bruit des motos, en fonction du bruit général du trafic. Ensuite, dépendant des résultats, une réglementation du bruit des motos pourrait voir le jour, aujourd'hui inexistante (et qui devrait être décrétée à niveau fédéral).Tous les ans, après le dimanche sans voiture, la question revient en outre sur la table des médias et des promeneurs endimanchés marchant en pleine Avenue de la Loi: faut-il multiplier les dimanches sans voiture. Sans qu'il n'y ait jamais vraiment d'initiative concrèter en ce sens. La ministre bruxelloise de la mobilité, Elke Van den Brandt (Groen), a déclaré dimanche vouloir instaurer plus de journées de ce type. Audrey Lebas saluerait également une augmentation, mais pas que les dimanches. Pour Audrey Lebas, une augmentation des journées sans voiture pourrait être pertinente:"si l'objectif des journées sans voiture est d'avoir un impact sur le changement de comportements sur le long terme, alors celles-ci doivent être organisées en semaine, quand les gens se déplacent dans des conditions réelles, dans une routine quotidienne. Mais c'est une question épineuse qui soulèvera beaucoup de débats"".