L'an prochain, l'AfricaMuseum de Tervuren fêtera son 125e anniversaire. Il nous revient qu'une exposition sera organisée à cette occasion. La direction de l'ex-Musée royal de l'Afrique centrale rénové et "décolonisé" n'a pas encore communiqué à ce sujet, mais, selon nos sources, l'événement, lancé dès la fin de cette année, abo...

L'an prochain, l'AfricaMuseum de Tervuren fêtera son 125e anniversaire. Il nous revient qu'une exposition sera organisée à cette occasion. La direction de l'ex-Musée royal de l'Afrique centrale rénové et "décolonisé" n'a pas encore communiqué à ce sujet, mais, selon nos sources, l'événement, lancé dès la fin de cette année, abordera notamment le thème des "zoos humains" des grandes expositions et la question des stéréotypes raciaux encore observés aujourd'hui dans les sociétés occidentales. Ces aspects-là seront traités par Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, deux historiens français spécialistes du fait colonial. L'origine du musée de Tervuren remonte à l'Exposition universelle de Bruxelles de 1897: à l'initiative de Léopold II, une "section coloniale" est mise sur pied dans le Palais des colonies. Elle vise à convaincre la population belge et les investisseurs de l'intérêt du projet du roi au Congo. S'ajoute à cet outil de propagande une attraction estivale: des "villages noirs" sont aménagés au bord des étangs du parc, entourés de grillages. En journée, des hommes, des femmes et des enfants congolais y sont exhibés au public. La mise en scène a attiré plus d'un million de personnes. Il y a bien eu quelques critiques dans la presse ("spectacle forain dégradant", "Congo de fantaisie"), mais la plupart des visiteurs n'étaient pas choqués: l'accent était mis, à l'époque, sur la mission civilisatrice de la colonisation. Sur les 267 individus transférés d'Afrique, sept ont perdu la vie pendant l'expo, victimes de pneumonies causées par le mauvais temps. Leurs tombes sont alignées le long du mur de l'église de Tervuren.