Au fond, on ne sait toujours pas ce qu'il faut faire de ce virus. On ne sait pas vraiment pourquoi il circule plutôt moins ces derniers jours. On ne sait pas s'il faut jouer sur la peur ou sur la pédagogie, on ne sait pas si la communication des gouvernements est anxiogène, on ne sait pas si nos libertés vont survivre au coronavirus, on ignore si nos indépendants sont assez aidés, on n'a aucune idée de ce que les pauvres dont on parle aujourd'hui encore moins qu'avant vont devenir, on ne croit pas que les médias en font des caisses sur cette pandémie alors qu'il n'y en aurait même pas pour un ballotin, on ne pense pas qu'ils ont brillé ...

Au fond, on ne sait toujours pas ce qu'il faut faire de ce virus. On ne sait pas vraiment pourquoi il circule plutôt moins ces derniers jours. On ne sait pas s'il faut jouer sur la peur ou sur la pédagogie, on ne sait pas si la communication des gouvernements est anxiogène, on ne sait pas si nos libertés vont survivre au coronavirus, on ignore si nos indépendants sont assez aidés, on n'a aucune idée de ce que les pauvres dont on parle aujourd'hui encore moins qu'avant vont devenir, on ne croit pas que les médias en font des caisses sur cette pandémie alors qu'il n'y en aurait même pas pour un ballotin, on ne pense pas qu'ils ont brillé mais on doit se dire qu'ils ont fait ce qu'ils pouvaient. On est certain qu'on va gagner cette guerre, mais on ne sait pas encore comment elle va se terminer, ni quand, et on n'a toujours pas vraiment compris comment on en était arrivé à ce qu'autant de gens meurent à cause de cette infection. On ne sait pas qui aura finalement raison. Il faut encore attendre un peu pour ça: demain, à coup sûr, nous dira qui avait eu raison. Mais hier nous dit déjà qui a eu complètement tort. Et ça, on le sait déjà parfaitement aujourd'hui. Il suffit d'aller relire les journaux d'hier, ceux dont on dit aujourd'hui qu'ils sont anxiogènes et qu'ils jouent sur la peur, ceux qui en auraient fait des caisses alors qu'il y en avait à peine pour un ballotin. On sait que la deuxième vague a fait en Belgique encore plus de morts que la première. Il suffit de se rappeler que, l'été dernier, il y avait des interviews partout pour dire que le confinement ça n'avait servi à rien, qu'il aurait fallu faire comme ces pays qui étaient beaucoup plus intelligents que nous, et qui aujourd'hui ont dû confiner beaucoup plus bêtement que nous. Il suffit de relire les cartes blanches très diffusées qui disaient en septembre que la mortalité, finalement, ne dépassait pas celle de la grippe saisonnière. Il suffit de revoir les débats télévisés très regardés où l'on racontait en octobre que les restaurants et les cafés devaient rester ouverts parce qu'on ne voyait pas de raison de croire qu'un virus qui circule dans l'air se répandrait dans des lieux clos où l'on se trouve à discuter longtemps. Il suffit de retrouver tous ceux qui avaient tort, virologues à la Une, politologues en manchette, journalistes en enquête, politiques en vedette, caricatures d'officiers concernés, bardés de leurs décorations d'inspecteurs-chefs de la ligne Maginot, en train de faire croire que tout irait bien et qu'il ne fallait pas s'inquiéter de ce que racontaient les marchands de peur. On sait qu'ils ont eu complètement tort. On sait que leur tort a coûté plusieurs semaines de croissance exponentielle à la Belgique. On sait que leur déni a coûté des vies. Mais le pire pour eux n'est pas qu'ils aient eu si tort. Le pire pour nous est qu'ils reviennent comme s'ils avaient eu raison. Le pire est qu'ils recommencent à redire partout qu'ils avaient bien dit que tout irait bien et qu'il ne fallait pas s'inquiéter. Comme si les miteux généraux humiliés en mai 40 paradaient avec les résistants triomphants de septembre 44. Prêts à tondre ceux qui avaient eu raison alors qu'eux avaient complètement tort.