Un sondage post-élections 2019 disséqué par nos confrères de Knack indique que l'aversion ("afkeer") des électeurs flamands pour la N-VA se situe seulement autour de 28% (stable depuis 2014). Elle atteint "seulement" 47% pour le Vlaams Belang (contre... 58% en 2014). C'est moins de la moitié. Le VB est le premier parti parmi les 18-24 ans, les mères au foyer, les ouvriers et les chômeurs. Si on additionne ceux qui, en mai 2019, "ont voté" ou "s'apprêtaient à voter" pour la N-VA et le VB, on atteint respectivement 36 et 30%. Le potentiel maximal du camp nationaliste est donc largement au-dessus de 50%. Une partie des électeurs du CD&V et de l'Open-VLD (et même du PVDA - Partij van de Arbeid van België) sont sensibles aux arguments identitaires flamands. Depuis 1835, le Mouvement flamand, et ses bras armés, les curés et les instituteurs, a forgé, avec succès, l'identité flamande. Pendant ce temps, les Francophones cultivaient naïvement la nostalgie de la Belgique unitaire de papa.

Certes, seul un tiers des Flamands souhaite réellement l'indépendance. Mais lorsque les planètes seront alignées, hésiteront-ils à larguer le boulet wallon rose-vert-rouge et bleu clair?

Tous les voyants sont au vert au nord du pays. Ils incitent le Flamand à l'optimisme.

  • l'enseignement y est de meilleur qualité. Les petits Flamands obtiennent une moyenne de 502 points à la dernière enquête PISA, soit 21 de plus que les élèves du sud du pays. En math, et en physique, le score est de respectivement 518 à 495 et 510 à 485 points.
  • l'impôt sur les personnes physiques y est inférieur (7,2 vs 7,8 de taux moyen - 2019) de même que, globalement, les droits de succession.
  • le revenu moyen par habitant y est supérieur (19.636 euros contre 17.281 en Wallonie et 14.372 à Bruxelles - 2017).
  • la Flandre connaît quasiment le plein emploi (chômage : 6,1% de la population active).
  • en 2019, les entreprises étrangères, en majorité américaines, ont investi un record de 5,2 milliards d'euros dans des implantations flamandes, pour un total de 258 nouveaux projets, créant 5.384 emplois.
  • les Flamands sont en meilleure santé selon un récent rapport de Sciensano. Le taux de diabète y est moins élevé qu'en Wallonie ainsi que le nombre de fumeurs et le taux d'incidence du cancer. Le "taux brut de mortalité générale" est quatre fois supérieur en Wallonie par rapport à la Flandre. L'espérance de vie des Wallons est plus basse (79,8 ans en Wallonie contre 82,8 ans en Flandre - 2017).
  • l'état des routes est meilleur, le réseau de trains est plus maillé. Les lignes RER sont déjà prêtes jusqu'à l'entrée de Bruxelles...

Arrêtons là cette liste humiliante...

Partant de ces constats, un gouvernement fédéral minoritaire en Flandre est inconcevable car les Flamands sont majoritaires en nombre et apportent l'essentiel du PIB, des recettes fiscales et sociales. Mettre à l'écart la N-VA d'un gouvernement fédéral, c'est exclure, avec le VB, près de la moitié des Flamands.

Une coalition "Vivaldi" risquerait donc d'être le dernier gouvernement belge. Ce ne serait qu'un répit.

Quant à un "gouvernement provisoire", on n'est plus en 1830 !

On peut par contre plancher sur un "gouvernement de gestionnaires" pour deux ans. En parallèle, une commission multipartite négocierait une 7e Réforme de l'Etat avec de nouvelles compétences pour les Régions. La réforme pourrait concerner la Justice, la Police, l'Asile et la Migration, compétences qui clivent les deux Communauté du pays mais qui sont relativement indolores pour le pouvoir d'achat wallon.

A défaut d'être un peu "créatif", on retourne aux élections. Mais la situation ne sera pas moins inextricable qu'aujourd'hui avec un VB qui risque de passer devant la N-VA tandis que ces deux partis dépasseraient, ensemble, le plafond de verre...

Un sondage post-élections 2019 disséqué par nos confrères de Knack indique que l'aversion ("afkeer") des électeurs flamands pour la N-VA se situe seulement autour de 28% (stable depuis 2014). Elle atteint "seulement" 47% pour le Vlaams Belang (contre... 58% en 2014). C'est moins de la moitié. Le VB est le premier parti parmi les 18-24 ans, les mères au foyer, les ouvriers et les chômeurs. Si on additionne ceux qui, en mai 2019, "ont voté" ou "s'apprêtaient à voter" pour la N-VA et le VB, on atteint respectivement 36 et 30%. Le potentiel maximal du camp nationaliste est donc largement au-dessus de 50%. Une partie des électeurs du CD&V et de l'Open-VLD (et même du PVDA - Partij van de Arbeid van België) sont sensibles aux arguments identitaires flamands. Depuis 1835, le Mouvement flamand, et ses bras armés, les curés et les instituteurs, a forgé, avec succès, l'identité flamande. Pendant ce temps, les Francophones cultivaient naïvement la nostalgie de la Belgique unitaire de papa.Certes, seul un tiers des Flamands souhaite réellement l'indépendance. Mais lorsque les planètes seront alignées, hésiteront-ils à larguer le boulet wallon rose-vert-rouge et bleu clair?Tous les voyants sont au vert au nord du pays. Ils incitent le Flamand à l'optimisme.Arrêtons là cette liste humiliante... Partant de ces constats, un gouvernement fédéral minoritaire en Flandre est inconcevable car les Flamands sont majoritaires en nombre et apportent l'essentiel du PIB, des recettes fiscales et sociales. Mettre à l'écart la N-VA d'un gouvernement fédéral, c'est exclure, avec le VB, près de la moitié des Flamands. Une coalition "Vivaldi" risquerait donc d'être le dernier gouvernement belge. Ce ne serait qu'un répit.Quant à un "gouvernement provisoire", on n'est plus en 1830 !On peut par contre plancher sur un "gouvernement de gestionnaires" pour deux ans. En parallèle, une commission multipartite négocierait une 7e Réforme de l'Etat avec de nouvelles compétences pour les Régions. La réforme pourrait concerner la Justice, la Police, l'Asile et la Migration, compétences qui clivent les deux Communauté du pays mais qui sont relativement indolores pour le pouvoir d'achat wallon. A défaut d'être un peu "créatif", on retourne aux élections. Mais la situation ne sera pas moins inextricable qu'aujourd'hui avec un VB qui risque de passer devant la N-VA tandis que ces deux partis dépasseraient, ensemble, le plafond de verre...