Paul Magnette, président du PS, a défendu ce mardi la proposition qu'il défend avec son homologue flamand Conner Rousseau (SP.A) : un "gouvernement à majorité relative". Il s'agit d'une formulation enjolivée pour désigner un gouvernement "minoritaire", qui dépendrait d'un soutien extérieur à la Chambre venant, en l'occurrence, soit le la N-VA, soit des écologistes. Cette tripartite classique tiendrait 72 sièges, la majorité à la Chambre se situant à 76 sièges sur 150.

"Il est trop tôt pour dire que la mission avec Conner Rousseau est un échec, a souligné Paul Magnette, en réponse aux propos matinaux des écologistes, qui évoquaient un échec de la mission. Une majorité relative, c'est tout de même beaucoup mieux que la situation actuelle. Si quelqu'un a une autre solution tant mieux, sinon le pays sera paralysé le 26 juin." C'est à cette date que se terminent les pouvoirs spéciaux octroyés au gouvernement Wilmès pour gérer la crise sanitaire causée par le coronavirus. C'est une façon, selon lui, d'éviter la paralysie, de prendre des mesures d'urgence ou des élections anticipées, même s'il n'en a jamais écarté la perspective.

Paul Magnette insiste avoir essayé de dialoguer avec la N-VA: "Si on vous dit que l'on a testé toutes les formules, c'est que ce n'est pas possible..." Il rappelle que le parti a claqué la porte du 'sperkern', le week-end dernier, après avoir refusé de donner la confiance au gouvernement Wilmès.

La formule existe d'un gouvernement minoritaire soutenu de l'extérieur existe déjà dans plusieurs pays européens, notoirement en Espagne où elle a permis au socialiste Pedro Sanchez de gouverner, notamment, avec l'appui des autonomistes catalans. Paul Magnette cite cela en exemple depuis plusieurs mois.

Chez nous, elle suscite toutefois un certain scepticisme. Les libéraux sont assez réticents et la Première ministre, Sophie Wilmès, temporise. "Ça ne peut en aucun cas être un premier choix, réagit Georges-Louis Bouchez, président du MR. Le premier choix, c'est une majorité large qui soit une majorité dans les différentes communautés du pays. Mais si à un moment donné, on arrive à nous démontrer qu'aucune autre formule n'est possible, ce serait irresponsable de dire que l'on rejette en ce compris, celle-là. Mais il faut démontrer que les autres ne sont pas possibles et ce n'est pas le cas aujourd'hui".

Theo Francken (N-A) a déjà mis en garde: "Si l'on veut faire ce genre d'expérience sur la population, nous verrons au plus tard en 2024 ce qu'elle en pense. Je ne crois pas dans une forme de gouvernement minoritaire. La Belgique est trop enchevêtrée. Cet enchevêtrement en sortira renforcé." Bart De Wever, président nationaliste, a appuyé, prenant le contrepied des socialistes: "Nous prenons acte des déclarations de la famille socialiste, dit-il. La N-VA est disponible pour former aussi rapidement que possible un gouvernement fédéral de plein exercice, porté par une majorité fédérale et flamande." Il poursuit: "C'est essentiel pour gérer la plus grande crise économique de l'après-guerre et mener des réformes institutionnelles". Et de conclure: "Nous attendons l'initiative de la Première ministre."

Le regard est aussi tourné vers le CD&V et l'Open VLD, qui gouvernent avec la N-VA au niveau régional flamand et insistent pour que le prochain gouvernement fédéral dispose d'une majorité dans le groupe linguistique flamand, c'est-à-dire avec la N-VA.

Groen, pour sa part, n'est pas fermé à l'idée socialiste. "Je n'ai pas encore vue le rapport officiel, mais pour nous, c'est le contenu qui compte, dit Meyrem Almaci, présidente des Verts flamands. Nous maintenons notre attitude constructive, mais sous ne sommes pas naïfs." Ses priorités: investissements dans les soins de santé, Green Deal européen, et impôts équitables. Idem pour le CDH: "Soyons clairs, dans dix jours, les procurations expireront, souligne son président, Maxime Prévot (CDH). Puis vient la fin du superkern et le large soutien au gouvernement actuel. Et ce, à un moment où notre pays a un besoin urgent d'un plan de relance solide. De nombreuses faillites nous arrivent et malheureusement, beaucoup d'emplois sont perdus. Le statu quo n'est plus possible."

"Chacun prendra ses responsabilités, dit Paul Magnette. Nous, nous avons fait une offre."

Alors, on avance? Pas vraiment. La suggestion socialiste reste toujours au milieu du gué entre la volonté flamande d'avoir une majorité dans chaque Communauté et l'espoir de la gauche francophone d'obtenir une Vivaldi avec le CDH et Ecolo. Entre les deux, le coeur de la Belgique balance toujours.

Paul Magnette, président du PS, a défendu ce mardi la proposition qu'il défend avec son homologue flamand Conner Rousseau (SP.A) : un "gouvernement à majorité relative". Il s'agit d'une formulation enjolivée pour désigner un gouvernement "minoritaire", qui dépendrait d'un soutien extérieur à la Chambre venant, en l'occurrence, soit le la N-VA, soit des écologistes. Cette tripartite classique tiendrait 72 sièges, la majorité à la Chambre se situant à 76 sièges sur 150."Il est trop tôt pour dire que la mission avec Conner Rousseau est un échec, a souligné Paul Magnette, en réponse aux propos matinaux des écologistes, qui évoquaient un échec de la mission. Une majorité relative, c'est tout de même beaucoup mieux que la situation actuelle. Si quelqu'un a une autre solution tant mieux, sinon le pays sera paralysé le 26 juin." C'est à cette date que se terminent les pouvoirs spéciaux octroyés au gouvernement Wilmès pour gérer la crise sanitaire causée par le coronavirus. C'est une façon, selon lui, d'éviter la paralysie, de prendre des mesures d'urgence ou des élections anticipées, même s'il n'en a jamais écarté la perspective.Paul Magnette insiste avoir essayé de dialoguer avec la N-VA: "Si on vous dit que l'on a testé toutes les formules, c'est que ce n'est pas possible..." Il rappelle que le parti a claqué la porte du 'sperkern', le week-end dernier, après avoir refusé de donner la confiance au gouvernement Wilmès.La formule existe d'un gouvernement minoritaire soutenu de l'extérieur existe déjà dans plusieurs pays européens, notoirement en Espagne où elle a permis au socialiste Pedro Sanchez de gouverner, notamment, avec l'appui des autonomistes catalans. Paul Magnette cite cela en exemple depuis plusieurs mois.Chez nous, elle suscite toutefois un certain scepticisme. Les libéraux sont assez réticents et la Première ministre, Sophie Wilmès, temporise. "Ça ne peut en aucun cas être un premier choix, réagit Georges-Louis Bouchez, président du MR. Le premier choix, c'est une majorité large qui soit une majorité dans les différentes communautés du pays. Mais si à un moment donné, on arrive à nous démontrer qu'aucune autre formule n'est possible, ce serait irresponsable de dire que l'on rejette en ce compris, celle-là. Mais il faut démontrer que les autres ne sont pas possibles et ce n'est pas le cas aujourd'hui".Theo Francken (N-A) a déjà mis en garde: "Si l'on veut faire ce genre d'expérience sur la population, nous verrons au plus tard en 2024 ce qu'elle en pense. Je ne crois pas dans une forme de gouvernement minoritaire. La Belgique est trop enchevêtrée. Cet enchevêtrement en sortira renforcé." Bart De Wever, président nationaliste, a appuyé, prenant le contrepied des socialistes: "Nous prenons acte des déclarations de la famille socialiste, dit-il. La N-VA est disponible pour former aussi rapidement que possible un gouvernement fédéral de plein exercice, porté par une majorité fédérale et flamande." Il poursuit: "C'est essentiel pour gérer la plus grande crise économique de l'après-guerre et mener des réformes institutionnelles". Et de conclure: "Nous attendons l'initiative de la Première ministre."Le regard est aussi tourné vers le CD&V et l'Open VLD, qui gouvernent avec la N-VA au niveau régional flamand et insistent pour que le prochain gouvernement fédéral dispose d'une majorité dans le groupe linguistique flamand, c'est-à-dire avec la N-VA.Groen, pour sa part, n'est pas fermé à l'idée socialiste. "Je n'ai pas encore vue le rapport officiel, mais pour nous, c'est le contenu qui compte, dit Meyrem Almaci, présidente des Verts flamands. Nous maintenons notre attitude constructive, mais sous ne sommes pas naïfs." Ses priorités: investissements dans les soins de santé, Green Deal européen, et impôts équitables. Idem pour le CDH: "Soyons clairs, dans dix jours, les procurations expireront, souligne son président, Maxime Prévot (CDH). Puis vient la fin du superkern et le large soutien au gouvernement actuel. Et ce, à un moment où notre pays a un besoin urgent d'un plan de relance solide. De nombreuses faillites nous arrivent et malheureusement, beaucoup d'emplois sont perdus. Le statu quo n'est plus possible.""Chacun prendra ses responsabilités, dit Paul Magnette. Nous, nous avons fait une offre."Alors, on avance? Pas vraiment. La suggestion socialiste reste toujours au milieu du gué entre la volonté flamande d'avoir une majorité dans chaque Communauté et l'espoir de la gauche francophone d'obtenir une Vivaldi avec le CDH et Ecolo. Entre les deux, le coeur de la Belgique balance toujours.