Un "embrasement épidémique important" : c'est avec ces mots forts que la Première ministre Sophie Wilmès a qualifié la situation à Anvers après le Conseil national de Sécurité de ce lundi. Si les chiffres du coronavirus sont en hausse partout dans le pays, le principal foyer se trouve effectivement à Anvers. Et les données mises en ligne chaque jour par l'Institut de Santé publique Sciensano montrent que la situation ne va pas en s'améliorant. Lundi, Sciensano précisait que 47% des nouvelles infections de la semaine écoulée avaient été recensés dans la province d'Anvers.
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Un "embrasement épidémique important" : c'est avec ces mots forts que la Première ministre Sophie Wilmès a qualifié la situation à Anvers après le Conseil national de Sécurité de ce lundi. Si les chiffres du coronavirus sont en hausse partout dans le pays, le principal foyer se trouve effectivement à Anvers. Et les données mises en ligne chaque jour par l'Institut de Santé publique Sciensano montrent que la situation ne va pas en s'améliorant. Lundi, Sciensano précisait que 47% des nouvelles infections de la semaine écoulée avaient été recensés dans la province d'Anvers. Pour les derniers chiffres disponibles, on comptabilise 711 nouveaux cas pour la ville d'Anvers sur les 7 derniers jours (plus de 1000 sur toute la province, soit le double de la semaine précédente). Ramené à la population de la métropole portuaire, cela équivaut à une incidence à 135 cas pour 100.000 habitants. À titre de comparaison, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) utilise cette donnée pour comparer les régions d'Europe et classe déjà une incidence de 20 en orange, qualifiée de "seuil d'alerte". On le voit d'ailleurs sur cette carte mise à jour quotidiennement par Sciensano, la province d'Anvers est depuis plusieurs jours un hotspot. Si les chiffres bruts de la commune sont incomparables à une autre commune belge, de nombreuses autres communes anversoises ont une incidence qui inquiète. Les communes de Ranst, Lint et Borsbeek par exemple, ont recensé respectivement 22, 9 et 11 cas sur leur territoire. Mais ces trois communes ont une incidence qui dépasse 100. Bart De Wever s'en défend. Pour lui, si la situation est si préoccupante à Anvers, c'est parce que le bourgmestre a une meilleure vue sur les chiffres que d'autres communes. "Nous avons la chance à Anvers d'avoir des contacts étroits avec des gens en première ligne. (...) Nous avons ainsi les données rapidement, plus rapidement qu'ailleurs dans le pays. (...) Le désavantage à Anvers, c'est que les foyers sont vite mis en lumière et la ville est ainsi pointée du doigt." Le président de la N-VA pointe notamment Bruxelles : "Je me fais beaucoup de soucis pour d'autres grandes villes et sur ce qu'elles savent vraiment de la situation."Si l'on compare les villes de plus de 100.000 habitants grâce à l'outil de Sciensano, on constate cependant que, si de nouveaux cas sont bien recensés, la situation est loin d'être comparable à celle d'Anvers. Les propos de Bart De Wever n'ont pas manqué de faire réagir les politiques des villes concernées. Si on compare l'évolution du coronavirus dans les différentes provinces et Bruxelles depuis le début de l'épidémie, on voit clairement que la province d'Anvers se détache des autres courbes ces dernières semaines.