Le climat devient délétère entre experts et les politiques, dans le cadre de la crise du coronavirus. Plusieurs incidents démontrent que l'on arrive à un point de rupture.
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Le climat devient délétère entre experts et les politiques, dans le cadre de la crise du coronavirus. Plusieurs incidents démontrent que l'on arrive à un point de rupture.Ce lundi matin, le ministre-président francophone Pierre-Yves Jeholet (MR),fustige les experts dans les colonnes de la DH avec ces mots secs: "Certains ont voulu prendre le pouvoir, sans l'assumer." Il réitère des critiques émises à plusieurs reprses par les politiques ces dernières semaines, dont son président de parti Georges-Louis Bouchez: "Ces dernières semaines, les experts se sont beaucoup exprimés et ça ne facilite pas l'adhésion et la compréhension des citoyens aux mesures qu'on doit prendre. Il y a des contradictions entre ce qu'ils disent et certins aiment jouer sur les peurs."Pique au vif, Emmanuel André, virologue de la KUL qui fut porte-parole du Centre de crise au pic de l'épidémie, réplique de façon cinglante: "Et certains n'ont simplement pas assumé le pouvoir qui leur avait été confié par la population. Je me souviens de ces longues semaines où vous étiez absent."Le climat s'est singulièrement tendu suite à une série de déclarations alarmistes de l'expert flamand Marc Van Ranst sur les craintes d'une reprise de l'épidémie, au coeur de l'été. Les milieux économiques, notamment, se sont inquiétés de leurs conséquences. Erika Vlieghe, président du GEES, a claqué la porte du Conseil national de sécurité le 24 juillet, après que le ministre-président flamand Jan Jambon ait affirmé qu'elle soutenait une décision prise par le CNS, ce qu'elle réfutait. "Il faut se focaliser sur le fait d'avoir moins de contacts", insistait-elle alors. Au coeur des divergences entre experts et politiques, il y a notamment le concept de "bulle sociale" de plus en plus controversé. La Première ministre, Sophie Wilmès, a d'ailleurs mandaté une réflexion pour revoir ce principe d'ici la fin du mois. Dans une carte blanche qui a fait grand bruit, une soixantaine des professeurs, chercheurs et membres de la société civile critiquaient eux aussi, fin de semaine passée, l'influence trop grande des experts: "La crise est actuellement gérée par quelques experts dont les critères de sélection restent jusqu'ici inconnus et incompris. Leurs éventuels conflits d'intérêts ne sont pas déclarés."