12% des Belges ne se feront "certainement pas" injecter un vaccin efficace contre le coronavirus, 8% "probablement pas". À cela s'ajoute que 27% n'a pas encore décidé. Cela signifie qu'à peine la moitié de la population a l'intention de se faire vacciner. C'est ce que révèle une enquête réalisée par le bureau d'étude Kantar à la demande de Knack*.
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12% des Belges ne se feront "certainement pas" injecter un vaccin efficace contre le coronavirus, 8% "probablement pas". À cela s'ajoute que 27% n'a pas encore décidé. Cela signifie qu'à peine la moitié de la population a l'intention de se faire vacciner. C'est ce que révèle une enquête réalisée par le bureau d'étude Kantar à la demande de Knack*. À cela s'ajoutent des différences notables au sein de la population belge. 19% des francophones disent ainsi "non" au vaccin contre 7% des néerlandophones. Plus remarquable encore est la proportion de femmes (15%) qui ne veulent pas entendre parler du vaccin contre 8% seulement des hommes. L'opposition au vaccin est la plus forte chez les personnes à faibles revenus où 25% des sondés ont répondu "sûrement pas" contre 10% pour les revenus les plus élevés."Nous constatons que la méfiance envers le vaccin augmente légèrement", déclare le professeur Pierre Van Damme, spécialiste en vaccins à l'Université d'Anvers. "C'est certainement lié au fait qu'une fois on dit qu'il y aura un vaccin à la fin de l'année, et puis ensuite que c'est pour le mois de mars. Parfois, on dit aussi que le vaccin ne sera pas efficace. C'est ce qui alimente l'incertitude. À cela s'ajoute que les gens sont inquiets du développement rapide du vaccin. Cependant, il faut comprendre qu'il y a une différence entre développement rapide, et donner la priorité : on n'accélère pas le développement de ce vaccin, on lui donnera la priorité. C'est pour cette raison qu'il y aura un vaccin rapidement." Un seuil de 70%Interrogées sur les raisons qui les poussent à ne pas se laisser vacciner, 53% des personnes récalcitrantes au vaccin disent qu'elles craignent les effets secondaires, 32% sont contre les vaccins, 8% pensent que suffisamment d'autres personnes se feront vacciner, et 3% déclarent avoir déjà eu le coronavirus. "Le vaccin contre le coronavirus sera développé selon la procédure normale avant d'être mis sur le marché", insiste le professeur Van Damme. "Il passera par toutes les phases d'étude nécessaires et sera testé sur beaucoup plus de personnes que de nombreux autres médicaments. Nous serons ainsi beaucoup mieux informés sur la sûreté du vaccin.""Nous devons sûrement mieux expliquer, car il est capital que beaucoup de personnes se fassent vacciner", poursuit Pierre Van Damme. "Nous ne savons pas encore quelle efficacité aura le vaccin, mais supposons qu'il fonctionne bien parmi 80% des personnes vaccinées et que 70% de la population, de tous les horizons, soit vaccinée. Nous arriverons alors à une immunité de groupe de 60%. Ajoutons à cela les personnes qui ont fait le coronavirus et qui sont dès lors protégées, nous arrivons alors à 70%. On peut alors parler d'une bonne protection de la population. Deux conditions sont toutefois nécessaires: premièrement, le vaccin doit bien fonctionner chez 80 pc des gens et cela nous ne le savons pas encore. Deuxièmement: 70% de la population doit se faire vacciner. Il est dès lors important de mener une bonne campagne en ce sens."*Cette enquête a été réalisée par le bureau d'étude Kantar auprès de 1016 Belges de 25 ans ou plus entre le 8 et le 14 septembre. La marge d'erreur est de 3,1%.