C'est une première: une femme est nommée à la tête de l'UNamur, établissement catholique et jésuite. Avec ses collègues de l'ULB et de la VUB, Annemie Schaus et Caroline Pauwels, elles sont désormais trois à diriger une université en Belgique. "J'aime les rencontres, les gens. Mais une gestion bienveillante, ce n'est pas typiquement féminin, c'est simplement humain. Il faut sortir d'une logique guerrière qui me déplaît profondément. Pour construire une carrière, nul n'a besoin d'écraser les autres." A 51 ans, ce n'était pas un "objectif de carrière". Pour autant, élue sans majorité absolue (un score de 49,54%, contre 44,53% pour son adversaire, Alain de Crombrugghe, doyen de la faculté des sciences économiques), elle montre de l'assurance, celle d'être à la bonne place. Elle connaît déjà chaque recoin de l'alma mater. D'abord, el...

C'est une première: une femme est nommée à la tête de l'UNamur, établissement catholique et jésuite. Avec ses collègues de l'ULB et de la VUB, Annemie Schaus et Caroline Pauwels, elles sont désormais trois à diriger une université en Belgique. "J'aime les rencontres, les gens. Mais une gestion bienveillante, ce n'est pas typiquement féminin, c'est simplement humain. Il faut sortir d'une logique guerrière qui me déplaît profondément. Pour construire une carrière, nul n'a besoin d'écraser les autres." A 51 ans, ce n'était pas un "objectif de carrière". Pour autant, élue sans majorité absolue (un score de 49,54%, contre 44,53% pour son adversaire, Alain de Crombrugghe, doyen de la faculté des sciences économiques), elle montre de l'assurance, celle d'être à la bonne place. Elle connaît déjà chaque recoin de l'alma mater. D'abord, elle est du cru, passée par le moule jésuite, quand on disait encore les Facultés Notre-Dame de la Paix. Diplômée de physique en 1992, Annick Castiaux fait de la recherche, devient docteure, puis, en 1998, est engagée au sein d'Iris (Image Recognition Integrated Systems), une spin-off informatique issue du giron de l'UCLouvain. Quatre ans plus tard, elle retrouve sa vénérable maison et enseigne aux futurs ingénieurs la gestion des technologies et de l'innovation. Ensuite, elle a occupé plusieurs responsabilités, gravissant les échelons. Secrétaire académique de la Faculté des sciences économiques, sociales et de gestion, elle devient directrice du département de Sciences de gestion en 2010, puis de celui des Relations internationales de l'UNamur jusqu'en 2017, avant d'être emmenée dans l'actuelle équipe rectorale de Naji Habra, comme vice-rectrice à l'enseignement. "C'est plutôt un enchaînement, et je suis plus ambitieuse pour l'université que pour moi." L'air de rien, elle souhaite, comme son prédécesseur, faire entrer son université dans la cour des grands. Son objectif est bien d'en faire autre chose qu'un petit campus de 7 500 étudiants. Depuis trois ans, il en attire davantage - en dix ans, leur nombre a augmenté de 37%. En 2019, Naji Habra a obtenu la création de quatre nouveaux cursus (un bachelier, trois masters), surprenant quelque peu la communauté universitaire peu habituée à voir les Namurois afficher ainsi leurs visées. Annick Castiaux espère aller plus loin et veut une "université qui a l'ambition de se développer". L'ambition serait d'arriver à compléter l'offre des filières en sciences médicales et en droit, en créant des masters là où il y a des bacheliers, parce qu'il existe "une demande des étudiants". "On n'a pas l'intention d'être une université complète", assure la future rectrice. Un message destiné évidemment à éteindre toute suspicion de vouloir entrer en concurrence avec d'autres institutions.Son appétit régional se double d'une ambition de renforcer la visibilité à l'étranger, en misant sur une stratégie de niches d'excellence, sur quelques créneaux spécifiques de recherche avec les meilleures universités étrangères ; ou en participant à la création de diplômes internationaux. Exemple: depuis 2019, l'UNamur délivre un master en biologie moléculaire en partenariat avec l'université de Marburg (Allemagne) et celle d'Aix-Marseille. Un programme que la physicienne a porté. "Nous ne pouvons plus continuer à rester en dehors de ces rankings, même si nous n'adhérons pas toujours à leur philosophie. Cela pèse sur l'image internationale (et nationale) de l'université."