. C'est la mort dans l'âme, sans le moindre enthousiasme, que les Belges se préparent à donner force de loi à un traité qui ne satisfait quasiment aucune de leurs revendications territoriales et financières.
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. C'est la mort dans l'âme, sans le moindre enthousiasme, que les Belges se préparent à donner force de loi à un traité qui ne satisfait quasiment aucune de leurs revendications territoriales et financières. Trêve de regrets, les défis intérieurs s'amoncèlent : il y a un pays à reconstruire, une vraie démocratie à faire émerger. Ainsi que la question de l'émancipation flamande à régler. La simple transposition de la paix de Versailles dans la législation belge illustre toute la révolution mentale que va supposer cette dernière tâche. Le président de la Chambre relaie auprès du gouvernement le désir que soit traduit "en langue flamande" (sic) le texte du traité qui sera annexé au projet de ratification à soumettre aux parlementaires. Trois fois rien, une formalité qui devrait relever de la plus élémentaire des corrections. Sauf que, saisi de la doléance, Léon Delacroix, le premier ministre catholique issu de la bourgeoisie bruxelloise, fait la moue, a des scrupules, bref "se demande s'il est bien nécessaire de faire cette dépense", relève le procès-verbal du conseil des ministres du 12 juillet 1919. Décision est alors prise de trancher la requête plus tard. C'est-à-dire jamais.