Gaz et électricité connaissent des pics de prix sans précédent. Avec, comme conséquence concrète pour le citoyen, une augmentation de la facture du fournisseur. Dans ce décryptage, nous allons aborder, avec trois experts, les causes du phénomène.
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Gaz et électricité connaissent des pics de prix sans précédent. Avec, comme conséquence concrète pour le citoyen, une augmentation de la facture du fournisseur. Dans ce décryptage, nous allons aborder, avec trois experts, les causes du phénomène."Aujourd'hui, concrètement, on fait face à une pénurie d'énergie. Certains se rendent compte qu'ils ne sont pas assez approvisionnés. Ils n'ont pas de contrat à terme, qui permettrait de sécuriser leur approvisionnement. Le prix du gaz est passé à 135 euros. Cela signifie une augmentation de 2000 euros par an pour un ménage moyen", nous glisse une source économique. Damien Ernst, spécialiste de la question énergétique, ne cache pas son inquiétude. "La crise est totale. Le gaz était à 98 euros par MWh en début de semaine, il a depuis explosé jusqu'à 156 euros par MWh. Sur les marchés, il n'y a plus de gaz, plus de charbon, donc les prix s'envolent. Avec ces prix, la facture de gaz et d'électricité pour un ménage moyen augmente de l'ordre de 3000 euros par an.""Depuis début août, j'avertis quant à l'arrivée d'une crise majeure", s'agace Damien Ernst. "Le gouvernement n'a pas anticipé, et n'a pas réagi. Alors qu'on savait que la Russie n'avait plus de réserves en gaz. On savait aussi que certains acheteurs postposaient leurs achats car le gaz était déjà trop élevé déjà à ce moment-là. Mais c'était impensable de prédire une augmentation du gaz à 156 euros/MWh", reconnaît-il."Tout ça, on ne pouvait pas l'anticiper. C'était inenvisageable", nous concède notre autre source économique. "Alors, on se dit qu'on est ou qu'on arrive dans un marché purement spéculatif, qui s'auto-alimente. Mais ce n'est pas le cas ici. Car le gaz est acheté par des profiteurs qui en ont besoin. Ici, il ne s'agit même pas d'acheter pour revendre plus cher. Ce n'est pas une bulle spéculative, mais une réalité", affirme-t-il.Pour Philippe Ledent, le phénomène a été anticipé, mais pas dans toute son ampleur. "Quand on constatait les prix des matières premières en 2020, on savait qu'à la réouverture des économies, ça allait augmenter. Par contre, l'ampleur du phénomène a été accentué par des éléments moins prévisibles comme la grande attraction pour le gaz naturel, les quotas C02, les problèmes géopolitiques et les problèmes de maintenance. Le fait qu'il y aurait une inflation par l'énergie, c'était par contre très clair. Qu'elle prenne de telles proportions, c'était moins attendu."