Des centaines de milliers d'apprenants n'ont plus eu aucun contact, ou si peu, avec leurs enseignants, et autant en ont eu.

Les apprenants victimes de "dys" n'ont pu bénéficier de l'encadrement thérapeutique, des remédiations comme d'habitude, au risque de perdre du progrès accompli.

Certains ont goûté aux apprentissages via Internet et ont fort progressé, jusqu'à réaliser que ce média les faisait apprendre plus heureusement, à leur rythme, et avec une autoévaluation adaptée. Beaucoup d'autres n'auront pu bénéficier de ce soutien, souvent favorisé dans les familles très attentives sur le plan scolaire.

Tous les élèves doivent passer dans la classe supérieure, voici pourquoi

Jamais tant de différences n'ont existé entre les élèves d'une même classe, entre les classes d'une même école, entre les classes d'une même année dans la même option, entre les écoles, entre les milieux socioculturels et économiques, bref entre les usagers de l'école. Ces différences doivent être reconnues positivement, et pas aux dépens des plus faibles.

Les élèves devront retrouver un rythme de travail mis de côté trop longtemps, on ne peut attendre d'eux qu'ils redémarrent sur les chapeaux de roues.

Il faudra tenir compte de l'histoire de vie que chacun aura connue pendant le confinement. Certains auront été endeuillés, d'autres, choqués par une situation socioéconomique touchant leur famille de plein fouet, etc.

Le plus difficile consiste àchanger de culture scolaire, à accepter quenous offrons, chacun, des ressources d'apprentissage différentes

Les pouvoirs publics sont fort endettés et le resteront, or un doubleur est ruineux à court, moyen, et long terme, pour l'état, ses parents et lui-même (un écolier engendre chaque année au moins 7000 euros de frais pour les fonds publics, 14 000 pour une même année s'il la recommence ; le doubleur de ce fait peut perdre un an de salaire à long terme ; etc.) sans compter les blessures psychologiques dont le sentiment d'incompétence, et pas que celui du jeune ! Des dizaines et dizaines de millions d'euros convertibles en aides positives et constructives.

Tous, nous devons aller de l'avant ; nous avons les éléments en main pour le faire. Le plus difficile consiste à changer de culture scolaire, à accepter que nous offrons, chacun, des ressources d'apprentissage différentes et à respecter. Évidemment, qu'un ensemble de compétences de base doit être appris, mais à chacun son rythme.

La solidarité sera également d'évaluer le mieux possible les acquis des élèves selon des références uniques, comme peuvent l'être des évaluations externes (IN)FORMATIVES, SANS la menace de doubler.

Chaque écolier se verrait attribuer un dossier d'apprentissage lui appartenant. Il contiendrait un programme individualisé en plus de ses caractéristiques d'apprentissage.

Faisons confiance à la jeunesse, à sa capacité d'adaptation, associons-la aux décisions que nous prenons. Ne déterminons pas son avenir scolaire pour elle, mais passons plutôt ce temps que prendrait cette sélection négative, avec le jeune et sa famille, pour avancer ensemble.

Nous ne savons de quoi l'avenir est fait, nous ne savions pas que cette année scolaire serait transformée.

Penser que faire doublerun apprenant l'aidera à mieux apprendre, à mieux s'adapter à la société nous parait de plus en plus révoltant et pour le moins, inconvenant en cette période si pénible et potentiellement décourageante !

Pensons le contraire, tirons-en une force sereine, heureuse, constructive, positive ; une telle force nous est nécessaire pour nous représenter et soutenir l'élève de l'après-confinement.

Didier Bronselaer

Centre de Réussite Scolaire, Psychologue-Psychopédagogue-Formateur et ex-assistant à l'Université Libre de Bruxelles

Des centaines de milliers d'apprenants n'ont plus eu aucun contact, ou si peu, avec leurs enseignants, et autant en ont eu.Les apprenants victimes de "dys" n'ont pu bénéficier de l'encadrement thérapeutique, des remédiations comme d'habitude, au risque de perdre du progrès accompli. Certains ont goûté aux apprentissages via Internet et ont fort progressé, jusqu'à réaliser que ce média les faisait apprendre plus heureusement, à leur rythme, et avec une autoévaluation adaptée. Beaucoup d'autres n'auront pu bénéficier de ce soutien, souvent favorisé dans les familles très attentives sur le plan scolaire.Jamais tant de différences n'ont existé entre les élèves d'une même classe, entre les classes d'une même école, entre les classes d'une même année dans la même option, entre les écoles, entre les milieux socioculturels et économiques, bref entre les usagers de l'école. Ces différences doivent être reconnues positivement, et pas aux dépens des plus faibles.Les élèves devront retrouver un rythme de travail mis de côté trop longtemps, on ne peut attendre d'eux qu'ils redémarrent sur les chapeaux de roues.Il faudra tenir compte de l'histoire de vie que chacun aura connue pendant le confinement. Certains auront été endeuillés, d'autres, choqués par une situation socioéconomique touchant leur famille de plein fouet, etc.Les pouvoirs publics sont fort endettés et le resteront, or un doubleur est ruineux à court, moyen, et long terme, pour l'état, ses parents et lui-même (un écolier engendre chaque année au moins 7000 euros de frais pour les fonds publics, 14 000 pour une même année s'il la recommence ; le doubleur de ce fait peut perdre un an de salaire à long terme ; etc.) sans compter les blessures psychologiques dont le sentiment d'incompétence, et pas que celui du jeune ! Des dizaines et dizaines de millions d'euros convertibles en aides positives et constructives.Tous, nous devons aller de l'avant ; nous avons les éléments en main pour le faire. Le plus difficile consiste à changer de culture scolaire, à accepter que nous offrons, chacun, des ressources d'apprentissage différentes et à respecter. Évidemment, qu'un ensemble de compétences de base doit être appris, mais à chacun son rythme.La solidarité sera également d'évaluer le mieux possible les acquis des élèves selon des références uniques, comme peuvent l'être des évaluations externes (IN)FORMATIVES, SANS la menace de doubler.Chaque écolier se verrait attribuer un dossier d'apprentissage lui appartenant. Il contiendrait un programme individualisé en plus de ses caractéristiques d'apprentissage.Faisons confiance à la jeunesse, à sa capacité d'adaptation, associons-la aux décisions que nous prenons. Ne déterminons pas son avenir scolaire pour elle, mais passons plutôt ce temps que prendrait cette sélection négative, avec le jeune et sa famille, pour avancer ensemble.Nous ne savons de quoi l'avenir est fait, nous ne savions pas que cette année scolaire serait transformée. Penser que faire doublerun apprenant l'aidera à mieux apprendre, à mieux s'adapter à la société nous parait de plus en plus révoltant et pour le moins, inconvenant en cette période si pénible et potentiellement décourageante ! Pensons le contraire, tirons-en une force sereine, heureuse, constructive, positive ; une telle force nous est nécessaire pour nous représenter et soutenir l'élève de l'après-confinement.Didier Bronselaer Centre de Réussite Scolaire, Psychologue-Psychopédagogue-Formateur et ex-assistant à l'Université Libre de Bruxelles