La comparaison est systématique, parfois inévitable. Quand on fait partie de la famille Hazard, difficile de ne pas opérer le rapprochement avec Eden, génie hors norme du ballon rond. Pourtant, Thorgan a toujours voulu se distinguer de son aîné. Dès l'adolescence, d'ailleurs, lorsque les deux garçons attiraient déjà les regards des recruteurs français. A l'époque, Eden choisit le centre de formation de Lille. Pour éviter d'être étiqueté comme "le petit frère de", Thorgan ne suit volontairement pas son frangin, et se dirige vers Lens. "Lille et Lens étaient intéressés, mais avec mes parents, on a choisi Lens pour éviter les comparaisons", confirme-t-il.
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La comparaison est systématique, parfois inévitable. Quand on fait partie de la famille Hazard, difficile de ne pas opérer le rapprochement avec Eden, génie hors norme du ballon rond. Pourtant, Thorgan a toujours voulu se distinguer de son aîné. Dès l'adolescence, d'ailleurs, lorsque les deux garçons attiraient déjà les regards des recruteurs français. A l'époque, Eden choisit le centre de formation de Lille. Pour éviter d'être étiqueté comme "le petit frère de", Thorgan ne suit volontairement pas son frangin, et se dirige vers Lens. "Lille et Lens étaient intéressés, mais avec mes parents, on a choisi Lens pour éviter les comparaisons", confirme-t-il. Le choix est fort, déjà. Car ce n'est pas l'amour et l'appréciation réciproques qui manquent entre les deux Hazard. Mais Thorgan veut montrer qu'il a aussi un prénom, dès ses débuts dans le milieu professionnel. Et il n'est pas question de jalousie. "Mon frère, c'est un génie, mais je n'en suis pas un. Je n'ai jamais été jaloux. J'essaie de faire mon petit bonhomme de chemin", disait-il à nos collègues de Sport/Foot Magazine. A Lens, l'expérience est compliquée. Thorgan peine à s'imposer. A la surprise générale, il déboule à Chelsea, dans l'ombre de la signature ultramédiatisée de son aîné. Certains y voient un traitement de faveur. Thorgan devrait sa présence dans ce prestigieux club londonien uniquement à son grand frère, pas à son talent. Les mauvaises langues sont en forme. D'autant plus que Thorgan n'intégrera pas réellement l'équipe première des Blues. Il en faut plus pour l'arrêter. Direction la Belgique, avec un prêt moins glamour à Zulte-Waregem. Là non plus, l'intégration n'est pas gagnée. "Quand je suis arrivé là-bas, j'avais un nom puisque tout le monde connaissait Eden", glisse-t-il dans un entretien à Onze Mondial. L'arrivée du jeune loup ne fait pas l'unanimité chez les piliers du club flamand, où certains lui reprochent une légère désinvolture. Il le concédait lui-même: "A Zulte, je m'étais un peu laissé aller durant l'été." Mais la persévérance et le talent font finalement la différence. Thorgan devient la nouvelle pépite du club belge, quelques mois plus tard. Ses statistiques sont affolantes, au point de remporter le Soulier d'or pour l'année 2013. Ce potentiel, un célèbre coach portugais y croyait dur comme fer. En la personne de José Mourinho. On dit d'ailleurs du Special One qu'il insistait pour garder Thorgan à Chelsea. Mais celui qui devient tout doucement Diable Rouge s'installe finalement en Allemagne, au Borussia Mönchengladbach. L'acclimatation y est lente, mais sûre. L'ailier belge se plaît en Allemagne, où la discipline exigée le pousse à se dépasser. Il monte en puissance, à son rythme. "On ne m'a jamais vraiment donné l'occasion de brûler les étapes", lâche-t-il d'ailleurs avec un peu de sarcasme. Mais Thorgan est ambitieux, et à 'Gladbach, les trophées manquent. Ça tombe bien, après cinq ans de bons et loyaux services, le grand Borussia Dortmund frappe à la porte et met 25 millions d'euros sur la table pour s'offrir les services de Thorgan, qui a maintenant un prénom. Il s'en félicite. "Avec mon entourage, j'ai fait des choix de carrière intelligents. J'ai commencé sur le banc en Ligue 2, je suis maintenant dans un club qui joue la Ligue des Champions. Je ne pouvais pas rêver mieux." En équipe nationale aussi, le rêve est éveillé. Et le nom "Hazard" ne suffit plus à l'arrière du maillot. Il faut désormais préciser le prénom.