Le 17 mars dernier, le député fédéral N-VA Theo Francken publie un tweet dans la foulée d'une réunion à huis clos de la commission spéciale chargée du Suivi des missions à l'étranger. Le 6 mai, la présidente de la Chambre, Eliane Tillieux (PS), a décidé de prendre des sanctions.
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Le 17 mars dernier, le député fédéral N-VA Theo Francken publie un tweet dans la foulée d'une réunion à huis clos de la commission spéciale chargée du Suivi des missions à l'étranger. Le 6 mai, la présidente de la Chambre, Eliane Tillieux (PS), a décidé de prendre des sanctions. C'est sur base de l'article 67 du règlement de la Chambre que la présidente a décidé de retirer, jusqu'à la fin de la session ordinaire 2020-2021, à Theo Francken le droit "d'être membre et d'assister aux réunions de tout organe de la Chambre auquel l'obligation de secret est applicable". Le député nationaliste flamand ne pourra pas, pendant cette période, être remplacé au sein de la commission spéciale chargée du Suivi des missions à l'étranger. Enfin, il se voit appliquer une retenue de 20 % sur son indemnité parlementaire pendant une période de trois mois. Le député nationaliste avait publié, après une réunion de cette commission siégeant à huis clos, un tweet affirmant que la Belgique ne participerait pas en 2021 à l'opération militaire anti-djihadiste française Barkhane au Sahel, en citant la ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS). Dans un courrier envoyé dès le 23 mars, Dedonder a demandé à la présidente de la commission l'application du règlement. Après avoir entendu Théo Francken, la commission, a émis le 28 avril un avis approuvé à la majorité stipulant que l'obligation de secret a été violée. Le député a ensuite été entendu par la présidente de la Chambre mercredi. "Sur la base de ces éléments, la violation de l'obligation de secret doit être constatée. La présidente de la Chambre, en qualité de gardienne du Règlement, tient à souligner toute l'importance du respect de l'obligation de secret concernant les informations partagées dans les réunions à huis clos", ajoute un communiqué publié par les services de la Chambre. L'intéressé a toujours nié avoir partagé le moindre secret militaire. Eliane Tillieux a annoncé qu'elle déposera une proposition visant à inscrire le principe de proportionnalité dans l'article 67 du Règlement de la Chambre."Cette majorité arc-en-ciel (paars-groen en néerlandais, ndlr) saisit chaque occasion pour me discréditer, moi et mon parti", a réagi Theo Francken après l'annonce de la sanction le visant à la Chambre. "Après les applaudissements hallucinants de la présidente de la Chambre, Eliane Tillieux (PS), m'accusant de sexisme, je suis désormais accusé de partager des informations secrètes. Vous ne pouvez pas tronquer plus fortement la vérité", réagit le député nationaliste."En aucun cas, je n'ai violé la confidentialité de la commission", poursuit Theo Francken. "Le comité de suivi des missions à l'étranger se tient bien sûr à huis clos car nous y sommes informés des opérations de nos soldats à l'étranger. Ces informations ne doivent pas être diffusées car nos hommes et nos femmes ne doivent pas être mis en danger. Mais je n'ai partagé aucune information sur une mission en cours à l'étranger. Je fais partie de ce comité depuis 2010. Je suis un homme de la Défense. Je dédie mon coeur et mon âme à nos hommes et femmes de la Défense. Je ne penserais jamais à partager des informations qui pourraient mettre en danger leurs opérations ou leur vie." "Les fuites anonymes concernant des réunions à huis clos sont monnaie courante", ajoute-t-il. "J'ai clairement partagé des informations non secrètes avec la population, en toute transparence. Elles ne mettaient en aucun cas en danger nos troupes ou notre sécurité nationale. La décision de savoir si j'ai ou non violé le secret est une décision purement politique de la majorité. Toute raison est bonne pour me nuire." Selon lui, "il s'agit d'un jeu purement politicien, joué par la ministre de la Défense socialiste (Ludivine Dedonder, ndlr) et la présidente de la Chambre avec le soutien de la majorité, pour me discréditer. La ministre ne peut manifestement pas faire face à notre forte opposition de fond au sein de la commission de la Défense. Le fait qu'elle ait divulgué sa plainte à la presse avant que moi ou le président du comité n'en soyons informés en dit suffisamment sur ses véritables motivations".