Lorsque les deux hommes s'expriment devant la presse, l'enquête n'en est alors qu'à ses premiers balbutiements. Elle vient d'être transférée de la police locale au parquet fédéral afin d'obtenir plus rapidement des informations de la part de la France dont le chauffeur était originaire.

Cette sortie-surprise des autorités anversoises va faire grincer quelques dents.

Il n'est, en effet, pas habituel de voir les autorités locales s'exprimer dans ce genre d'affaires, surtout lorsque pèse un soupçon de terrorisme et que le parquet dit de façon explicite qu'il est trop tôt pour s'exprimer.

Pas de quoi refroidir le bourgmestre. Il fait fi des consignes et convoque une conférence de presse diffusée en direct sur VTM. Johan Vermant, le porte-parole du bourgmestre, avouera du bout des lèvres au Morgen que "le parquet a effectivement demandé que nous ne donnions pas d'informations juridiquement relevantes. Nous n'en avions d'ailleurs pas l'intention. Le contenu de la déclaration du chef de corps a été réalisé en accord avec la police et le parquet. Dans ce genre de circonstances, les autorités se doivent d'envoyer un message rassurant et factuel. On n'a rien dit sur les motifs de l'auteur. Ce domaine est réservé au parquet fédéral."

Le but principal de la conférence de presse aurait été, selon De Wever, d'informer la population d'un niveau plus élevé de vigilance. L'ordre public relève bien du bourgmestre, non ? Et puis il voulait aussi remercier la police et l'armée. Toujours selon De Morgen, le parquet n'a pas souhaité réagir à ces propos.

Pas le profil d'un terroriste

Le bourgmestre a-t-il préféré un rapide gain politique à la prudence comme le suggèrent certains commentateurs flamands ? Il a en tout cas été un peu vite en besogne en parlant directement d'un "possible attentat terroriste".

En effet, à la lumière des informations récoltées depuis hier, le profil d'un terroriste qui souhaitait reproduire les évènements de Berlin et Nice semble s'éloigner de plus en plus. Plus qu'un terroriste, il s'agirait surtout d'un pochetron.

De source policière française, le suspect, de nationalité tunisienne et domicilié à Lens (nord de la France), n'était "connu pour aucun fait terroriste", mais pour de nombreuses "infractions de droit commun": vols, violences, usage de stupéfiants ou port d'arme. Selon une source française proche de l'enquête, un certain nombre de ses condamnations laissent deviner des problèmes récurrents avec l'alcool.

L'homme identifié comme étant "Mohamed R.", 39 ans, par le parquet fédéral a été arrêté en tenue de camouflage. Il était "sous l'influence" d'une substance, probablement de l'alcool. La police aurait retrouvé une bouteille de Whisky dans sa voiture selon De Standaard. À tel point que la police n'a pu l'auditionner a précisé une source proche du dossier.

S'il était sous influence, ce n'était pas pour autant un enfant de choeur puisque "différentes armes ont été découvertes dans le coffre" de sa voiture, "des armes blanches, un riot gun (fusil à pompe, ndlr) et un bidon contenant un produit encore indéterminé", a énuméré le parquet.

En cellule de dégrisement la nuit des faits

Le suspect avait "passé la nuit de mercredi à jeudi en cellule de dégrisement à Anvers avant d'être relâché ce jeudi matin", a affirmé une source française proche du dossier. Selon De Standaard, la police a reçu un appel vers 22 heures d'une femme qui habite Hoboken. Elle avait trouvé Yveline D. en rue avec le visage en sang. Lorsque la police arrive sur place, la femme explique qu'elle était venue de Lens en train. Mais aussi qu'on lui avait volé son sac et donné un coup de boule.

Mohamed R., qui serait son compagnon ou une connaissance, la rejoint. Les agents le suspectent d'avoir lui-même agressé sa compagne, même si les deux s'en défendent. Les policiers vont tout de même arrêter R. car il n'est pas en règle avec ses papiers d'identité. Sa voiture ne sera pas contrôlée dit encore De Standaard. Il sera libéré sur les coups de 2h30 du matin avec l'ordre de quitter le territoire. Ce qu'il a fait entre sa libération et sa course folle n'est pour l'instant pas clair.

Les faits

En fin de matinée, "le véhicule roulait à grande vitesse sur le Meir", la grande rue commerciale et piétonne d'Anvers, très fréquentée, obligeant "les gens" à "sauter sur le côté", a détaillé le chef de corps de la police de la métropole, Serge Muyters. Il roulait "à une vitesse très élevée. À différents moments, des piétons ont été mis en danger", a confirmé le parquet. Le conducteur a refusé de s'arrêter quand des militaires en patrouille le lui ont demandé et a pris la fuite en brûlant un feu rouge. Sa voiture a finalement été "interceptée" sur un quai en bordure de l'Escaut, le fleuve qui longe le centre-ville, après avoir emprunté des rues du coeur historique d'Anvers. Une fois examiné par les démineurs, la voiture a été évacuée et le périmètre de sécurité levé.

Lorsque les deux hommes s'expriment devant la presse, l'enquête n'en est alors qu'à ses premiers balbutiements. Elle vient d'être transférée de la police locale au parquet fédéral afin d'obtenir plus rapidement des informations de la part de la France dont le chauffeur était originaire. Cette sortie-surprise des autorités anversoises va faire grincer quelques dents. Il n'est, en effet, pas habituel de voir les autorités locales s'exprimer dans ce genre d'affaires, surtout lorsque pèse un soupçon de terrorisme et que le parquet dit de façon explicite qu'il est trop tôt pour s'exprimer. Pas de quoi refroidir le bourgmestre. Il fait fi des consignes et convoque une conférence de presse diffusée en direct sur VTM. Johan Vermant, le porte-parole du bourgmestre, avouera du bout des lèvres au Morgen que "le parquet a effectivement demandé que nous ne donnions pas d'informations juridiquement relevantes. Nous n'en avions d'ailleurs pas l'intention. Le contenu de la déclaration du chef de corps a été réalisé en accord avec la police et le parquet. Dans ce genre de circonstances, les autorités se doivent d'envoyer un message rassurant et factuel. On n'a rien dit sur les motifs de l'auteur. Ce domaine est réservé au parquet fédéral." Le but principal de la conférence de presse aurait été, selon De Wever, d'informer la population d'un niveau plus élevé de vigilance. L'ordre public relève bien du bourgmestre, non ? Et puis il voulait aussi remercier la police et l'armée. Toujours selon De Morgen, le parquet n'a pas souhaité réagir à ces propos. Pas le profil d'un terroristeLe bourgmestre a-t-il préféré un rapide gain politique à la prudence comme le suggèrent certains commentateurs flamands ? Il a en tout cas été un peu vite en besogne en parlant directement d'un "possible attentat terroriste". En effet, à la lumière des informations récoltées depuis hier, le profil d'un terroriste qui souhaitait reproduire les évènements de Berlin et Nice semble s'éloigner de plus en plus. Plus qu'un terroriste, il s'agirait surtout d'un pochetron. De source policière française, le suspect, de nationalité tunisienne et domicilié à Lens (nord de la France), n'était "connu pour aucun fait terroriste", mais pour de nombreuses "infractions de droit commun": vols, violences, usage de stupéfiants ou port d'arme. Selon une source française proche de l'enquête, un certain nombre de ses condamnations laissent deviner des problèmes récurrents avec l'alcool.L'homme identifié comme étant "Mohamed R.", 39 ans, par le parquet fédéral a été arrêté en tenue de camouflage. Il était "sous l'influence" d'une substance, probablement de l'alcool. La police aurait retrouvé une bouteille de Whisky dans sa voiture selon De Standaard. À tel point que la police n'a pu l'auditionner a précisé une source proche du dossier.S'il était sous influence, ce n'était pas pour autant un enfant de choeur puisque "différentes armes ont été découvertes dans le coffre" de sa voiture, "des armes blanches, un riot gun (fusil à pompe, ndlr) et un bidon contenant un produit encore indéterminé", a énuméré le parquet. En cellule de dégrisement la nuit des faits Le suspect avait "passé la nuit de mercredi à jeudi en cellule de dégrisement à Anvers avant d'être relâché ce jeudi matin", a affirmé une source française proche du dossier. Selon De Standaard, la police a reçu un appel vers 22 heures d'une femme qui habite Hoboken. Elle avait trouvé Yveline D. en rue avec le visage en sang. Lorsque la police arrive sur place, la femme explique qu'elle était venue de Lens en train. Mais aussi qu'on lui avait volé son sac et donné un coup de boule. Mohamed R., qui serait son compagnon ou une connaissance, la rejoint. Les agents le suspectent d'avoir lui-même agressé sa compagne, même si les deux s'en défendent. Les policiers vont tout de même arrêter R. car il n'est pas en règle avec ses papiers d'identité. Sa voiture ne sera pas contrôlée dit encore De Standaard. Il sera libéré sur les coups de 2h30 du matin avec l'ordre de quitter le territoire. Ce qu'il a fait entre sa libération et sa course folle n'est pour l'instant pas clair.