Pour une étude réalisée à la demande de la Commission européenne, la Bruxelloise s'est penchée sur le traitement par la justice belge de 100 dossiers de viol. "Dans l'échantillon étudié, la moitié des auteurs est restée inconnue. Sur les 50 restants, 4 ont été jugés, 3 ont obtenu du sursis, 1 a été condamné à une peine effective. 100 dossiers de viol ? Un auteur a purgé une peine de prison".

Elle fustige aussi les peines légères alors qu'il est "rare qu'un violeur ne récidive pas" et "qu'une femme sur cinq risque d'être violée ou au moins victime d'une tentative".

Le viol continue selon elle d'être "banalisé par la police, la justice et le grand public", déplore la spécialiste qui parle d'un mauvais signal à la société. Elle observe aussi que les victimes de viol sont encouragées à porter plainte et que cela fonctionne plutôt bien. "Mais les condamnations ne suivent pas. C'est pervers : dire aux victimes de porter plainte et ne pas réserver de suites pénales", affirme-t-elle.

Le problème, pour Danièle Zucker, est que les gens voient le viol comme l'aboutissement d'un jeu sexuel qui aurait mal tourné. "La victime avait bu, était provocante, portait un décolleté trop ceci, une jupe trop cela¿ Les études montrent que 40 % des Belges sont prêts à chercher des explications du côté de la victime. Stop, SVP ! Le viol n'a rien à voir avec la sexualité. Le viol tourne toujours autour d'une tout autre constante : le pouvoir."