Le débat sur une nouvelle réforme de l'Etat est lancé, alors qu'une large consultation des Belges sera menée à la rentrée de septembre. La Vivaldi fédérale tient à rendre la Belgique "plus efficace". Et tente de couper l'herbe sous le pied des nationalistes flamands, qui feront de ce thème une priorité pour 2024.
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Le débat sur une nouvelle réforme de l'Etat est lancé, alors qu'une large consultation des Belges sera menée à la rentrée de septembre. La Vivaldi fédérale tient à rendre la Belgique "plus efficace". Et tente de couper l'herbe sous le pied des nationalistes flamands, qui feront de ce thème une priorité pour 2024.Le CD&V est, avec le MR, un des deux partis qui a la main sur les Réformes institutionelles, via sa ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden. Son président, Joachim Coens, tient à s'inspirer du confédéralisme helvète. "La Suisse est à peu près de la taille de la Belgique, est tout aussi complexe, compte même quatre langues nationales et cultures, et divers niveaux de pouvoir", explique-t-il dans les colonnes de Het Laatste Nieuws. Ce qui parle au président du CD&V, c'est que la Suisse est un Etat fort décentralisé. La gestion émane principalement des communes, qui oeuvrent de manière très indépendante. "D'abord les communes, puis la Flandre, puis la Belgique, on inverse complètement le système. Ce qui peut être fait localement est réalisé à ce niveau-là, c'est de la démocratie de première ligne. Ce qui ne peut vraiment pas être fait localement, alors nous le réalisons au niveau de la communauté. Et ce qui ne peut être géré par la communauté, nous le faisons ensemble au niveau fédéral. Nous ne démolissons pas la Belgique, mais nous la reconstruisons de fond en comble".Le président du CD&V va jusqu'à proposer "un Premier Ministre tournant comme en Suisse". Joachim Coens plaide pour un "confédéralisme de coopération" au sein duquel les Communautés collaborent idéalement aussi ensemble. Il suggère en outre une large autonomie fiscale pour les Communautés. Les tâches centrales seraient assumées par le niveau fédéral. Le chrétien-démocrate ne fait pas mention de ce qu'il advient des provinces et reste vague sur le sort de Bruxelles, bilingue. Il est aussi partisan d'une plus grande participation citoyenne via des référendums (nationaux). François De Smet, président de DéFI, réagit de façon circonspecte: "Dommage; la Suisse n'est justement pas une confédération, malgré son nom." Pour les partis francophones, la perspective d'un "confédéralisme" n'est guère acceptable. Ils contestent également la position de la plupart des partis flamands, qui nient le statut de la Région bruxelloise.Les francophones plaident d'ailleurs, en majorité, pour le modèle d'une Belgique des Régions à quatre (Bruxelles, Belgique germanophone, Flandre, Wallonie) qui sortirait de ce "fédéralise de confrontation" entre les deux principales Communautés. "Le vrai intérêt du modèle suisse est que il n'est pas bipolaire mais constitué de...26 cantons", souligne d'ailleurs un socialiste qui a travaillé sur ces questions sous le gouvernement Di Rupo.Du côté des nationalistes flamands, le jugement est sans appel: c'est non! "Pas de clarté au sujet des provinces, de Bruxelles et du financement, dénonce le député fédéral Theo Francken. Et des compétences refédéralisées, ce qui signifie que l'on veut quand même tenter de remettre la pâte dans le tube de dentifrice. Leterme, Beke et Peeters n'ont-il pas dit auparavant qu'ils ne le voulaient pas?"