Depuis quelques jours, je vois fleurir, sur les réseaux sociaux, des photos de profil avec le slogan "stop lockdown, re-start life" ou encore "Still standing for culture". Il y a près d'un an, souvent ces mêmes profils affichaient la phrase : "stayhomesavelives". A cette époque, nous acceptions tous un confinement généralisé, car c'était l'inconnu. Nous ne connaissions pas le virus, nous n'avions pas de masques, les tests étaient lents, les contaminations étaient au tout début, il n'y avait pas de vaccins. Près d'un an plus tard, nous connaissons bien mieux le virus, nous avons des masques, les tests sont rapides, il y a déjà eu près de 800.000 contaminés et nous avons une campagne de vaccination en plein déploiement qui permet d'enfin voir le bout du tunnel.

De près de 900 hospitalisations par jour début novembre, nous sommes passés à parfois près de 90 par jour au cours de ce mois. Un énorme effort a été fait de la part de la population, et ce, depuis des mois et malgré d'énormes atteintes aux libertés collectives et individuelles. Ces restrictions aux libertés fondamentales - liberté d'association, de circulation, de réunion, de culte - ont été justifiées uniquement pour éviter la saturation des hôpitaux. Aujourd'hui, ce risque de saturation n'est plus aussi présent. On ne peut pas imposer des restrictions aussi lourdes qu'actuellement alors que les chiffres d'hospitalisations sont loin des sommets. Il faut une proportionnalité plus grande dans les mesures prises.

Loin de moi l'idée de tout vouloir ouvrir directement. Cependant, je pense que les virologues, du genre d'Emmanuel André, qui nous annonçaient il y a un mois que ce qu'ils voyaient "sous les courbes" était inquiétant et que la troisième vague avait déjà commencé, avaient tort sur les deux points. De même en France, le Président du conseil scientifique préconisait, il y a quelques semaines seulement, un nouveau confinement dur en France pour éviter une catastrophe qui, selon lui, arriverait dans les jours qui suivent. Le président Macron a résisté à ce discours apocalyptique, et depuis, le même Delfraissy ne propose plus de confinement généralisé mais un "auto-confinement des plus vulnérables". La situation sanitaire s'est améliorée en France, cela reste fragile, mais nous sommes loin de la catastrophe imminente annoncée par certains. Le pire est que si on avait reconfiné un peu plus fort qu'en janvier, les mêmes experts qui déconseillent le confinement aujourd'hui auraient dit que c'était grâce aux mesures plus fortes que la baisse a eu lieu.

Bien sûr que si on confine tout durement, la circulation du virus va baisser, ainsi que le nombre de cas et d'hospitalisations, mais il faut utiliser avec parcimonie l'arme de dernier ressort qu'est le confinement. On se souvient que certains virologues étaient contre l'ouverture des commerces en décembre et des coiffeurs en février. Ils disaient que ce n'était pas possible. On a vu que cela l'était et heureusement que le politique a repris la main.

Il est temps de redonner de l'espoir aux gens. On constate de plus en plus de détresse chez les personnes seules, de plus en plus de souffrance chez les jeunes... Les cas d'hospitalisation pour Covid baissent, mais les unités de psychiatrie se remplissent fortement et les dépressions se multiplient. Avec les virologues, nous avons beaucoup trop focalisé le curseur sur le sanitaire ces derniers temps, en oubliant les autres dimensions sociales, économiques, familiales, amicales, culturelles. Dans une étude allemande toute récente, il est prouvé que les lieux liés à la culture sont les moins à risque comme lieux publiques. Pourquoi les laisser totalement fermés aujourd'hui ? Le théâtre, les cinémas, sont des lieux d'évasion à la limite encore plus utiles aujourd'hui que dans une période sans crise. De même, plusieurs ont déjà souligné l'absurdité de laisser les cultes à 15 personnes quelle que soit la surface des lieux de cultes. Quinze personnes dans une église, une mosquée ou une synagogue qui peut accueillir 600 ou 800 personnes en temps normal, cela n'a pas de sens. Marius Gilbert a d'ailleurs eu des propos intéressants dans Paris Match ce week-end : "Il ne s'agit donc pas de rouvrir toutes les salles de spectacle, mais pourquoi s'en priver dans les lieux où la configuration le permet ? De même, par la mise en place d'un certain nombre de dispositifs comme des détecteurs de CO2, des possibilités de réouverture avec des protocoles stricts pourraient être envisagées, y compris d'ailleurs dans l'Horeca."

De même, la bulle réduite à une personne n'est plus adaptée. On a demandé aux gens de faire un effort à Noël et au réveillon et de ne voir qu'une seule personne, mais on n'a pas récompensé cet effort. Il serait quand même temps d'élargir un rien cette bulle de un.

Alors évidement, il faut rester prudent, on ne peut pas tout ouvrir en même temps et gâcher les efforts réalisés. Cependant, on doit aussi accepter que les chiffres actuels permettent plus de perspectives sachant que les vaccins vont continuer à être déployés, que beaucoup de gens ont déjà été porteurs du virus, et qu'on pourrait focaliser le discours de confinement plus sur les personnes à risque et moins sur les jeunes. Il est évident qu'il n'est pas conseillé à des étudiants d'aller dire bonjour à leurs grands-parents pas encore vaccinés après avoir vécu une semaine en kot et rencontré du monde. Mais pourquoi ne pas permettre un présentiel dans les auditoires à 50% avec un pacte demandant aux jeunes de ne pas visiter des personnes à risque dans leur entourage. De même, pour l'horeca, pourquoi ne pas permettre aux personnes déjà vaccinées de s'y rendre, ou d'ouvrir ne fusse qu'à 25% avec des tables uniquement pour des gens de la même bulle familiale et en favorisant un bon système de ventilation et d'aération ? Et pourquoi pas ne pas déjà ouvrir les terrasses des restaurants ? Il y a des pistes à creuser pour donner du souffle et de l'espoir aux gens dans un calendrier à bref délai. On ne peut plus dire aux gens que cela va rester comme cela jusqu'en mai, qu'il faut tenir le coup et que c'est bientôt fini. Ce n'est plus possible.

Vu la situation actuelle, il n'est pas déraisonnable d'ouvrir davantage la société, d'évaluer de manière plus objective et moins unilatérale la situation et de rouvrir des secteurs qui ne représentent que très peu de risques. Il n'y a pas eu de remontées de cas lors du déconfinement après la première vague. Heureusement d'ailleurs qu'on a réouvert la société de mai à septembre pour pouvoir recharger un peu les batteries. Des manifestations pour demander une plus grande ouverture de la culture et des cultes se sont d'ailleurs tenues ce week-end, on sent que l'adhésion des citoyens aux mesures actuelles n'est plus totalement là. Le virus ne partira pas totalement demain, en mai ni même en septembre, il est temps d'apprendre à vivre avec.

Depuis quelques jours, je vois fleurir, sur les réseaux sociaux, des photos de profil avec le slogan "stop lockdown, re-start life" ou encore "Still standing for culture". Il y a près d'un an, souvent ces mêmes profils affichaient la phrase : "stayhomesavelives". A cette époque, nous acceptions tous un confinement généralisé, car c'était l'inconnu. Nous ne connaissions pas le virus, nous n'avions pas de masques, les tests étaient lents, les contaminations étaient au tout début, il n'y avait pas de vaccins. Près d'un an plus tard, nous connaissons bien mieux le virus, nous avons des masques, les tests sont rapides, il y a déjà eu près de 800.000 contaminés et nous avons une campagne de vaccination en plein déploiement qui permet d'enfin voir le bout du tunnel. De près de 900 hospitalisations par jour début novembre, nous sommes passés à parfois près de 90 par jour au cours de ce mois. Un énorme effort a été fait de la part de la population, et ce, depuis des mois et malgré d'énormes atteintes aux libertés collectives et individuelles. Ces restrictions aux libertés fondamentales - liberté d'association, de circulation, de réunion, de culte - ont été justifiées uniquement pour éviter la saturation des hôpitaux. Aujourd'hui, ce risque de saturation n'est plus aussi présent. On ne peut pas imposer des restrictions aussi lourdes qu'actuellement alors que les chiffres d'hospitalisations sont loin des sommets. Il faut une proportionnalité plus grande dans les mesures prises. Loin de moi l'idée de tout vouloir ouvrir directement. Cependant, je pense que les virologues, du genre d'Emmanuel André, qui nous annonçaient il y a un mois que ce qu'ils voyaient "sous les courbes" était inquiétant et que la troisième vague avait déjà commencé, avaient tort sur les deux points. De même en France, le Président du conseil scientifique préconisait, il y a quelques semaines seulement, un nouveau confinement dur en France pour éviter une catastrophe qui, selon lui, arriverait dans les jours qui suivent. Le président Macron a résisté à ce discours apocalyptique, et depuis, le même Delfraissy ne propose plus de confinement généralisé mais un "auto-confinement des plus vulnérables". La situation sanitaire s'est améliorée en France, cela reste fragile, mais nous sommes loin de la catastrophe imminente annoncée par certains. Le pire est que si on avait reconfiné un peu plus fort qu'en janvier, les mêmes experts qui déconseillent le confinement aujourd'hui auraient dit que c'était grâce aux mesures plus fortes que la baisse a eu lieu. Bien sûr que si on confine tout durement, la circulation du virus va baisser, ainsi que le nombre de cas et d'hospitalisations, mais il faut utiliser avec parcimonie l'arme de dernier ressort qu'est le confinement. On se souvient que certains virologues étaient contre l'ouverture des commerces en décembre et des coiffeurs en février. Ils disaient que ce n'était pas possible. On a vu que cela l'était et heureusement que le politique a repris la main. Il est temps de redonner de l'espoir aux gens. On constate de plus en plus de détresse chez les personnes seules, de plus en plus de souffrance chez les jeunes... Les cas d'hospitalisation pour Covid baissent, mais les unités de psychiatrie se remplissent fortement et les dépressions se multiplient. Avec les virologues, nous avons beaucoup trop focalisé le curseur sur le sanitaire ces derniers temps, en oubliant les autres dimensions sociales, économiques, familiales, amicales, culturelles. Dans une étude allemande toute récente, il est prouvé que les lieux liés à la culture sont les moins à risque comme lieux publiques. Pourquoi les laisser totalement fermés aujourd'hui ? Le théâtre, les cinémas, sont des lieux d'évasion à la limite encore plus utiles aujourd'hui que dans une période sans crise. De même, plusieurs ont déjà souligné l'absurdité de laisser les cultes à 15 personnes quelle que soit la surface des lieux de cultes. Quinze personnes dans une église, une mosquée ou une synagogue qui peut accueillir 600 ou 800 personnes en temps normal, cela n'a pas de sens. Marius Gilbert a d'ailleurs eu des propos intéressants dans Paris Match ce week-end : "Il ne s'agit donc pas de rouvrir toutes les salles de spectacle, mais pourquoi s'en priver dans les lieux où la configuration le permet ? De même, par la mise en place d'un certain nombre de dispositifs comme des détecteurs de CO2, des possibilités de réouverture avec des protocoles stricts pourraient être envisagées, y compris d'ailleurs dans l'Horeca."De même, la bulle réduite à une personne n'est plus adaptée. On a demandé aux gens de faire un effort à Noël et au réveillon et de ne voir qu'une seule personne, mais on n'a pas récompensé cet effort. Il serait quand même temps d'élargir un rien cette bulle de un. Alors évidement, il faut rester prudent, on ne peut pas tout ouvrir en même temps et gâcher les efforts réalisés. Cependant, on doit aussi accepter que les chiffres actuels permettent plus de perspectives sachant que les vaccins vont continuer à être déployés, que beaucoup de gens ont déjà été porteurs du virus, et qu'on pourrait focaliser le discours de confinement plus sur les personnes à risque et moins sur les jeunes. Il est évident qu'il n'est pas conseillé à des étudiants d'aller dire bonjour à leurs grands-parents pas encore vaccinés après avoir vécu une semaine en kot et rencontré du monde. Mais pourquoi ne pas permettre un présentiel dans les auditoires à 50% avec un pacte demandant aux jeunes de ne pas visiter des personnes à risque dans leur entourage. De même, pour l'horeca, pourquoi ne pas permettre aux personnes déjà vaccinées de s'y rendre, ou d'ouvrir ne fusse qu'à 25% avec des tables uniquement pour des gens de la même bulle familiale et en favorisant un bon système de ventilation et d'aération ? Et pourquoi pas ne pas déjà ouvrir les terrasses des restaurants ? Il y a des pistes à creuser pour donner du souffle et de l'espoir aux gens dans un calendrier à bref délai. On ne peut plus dire aux gens que cela va rester comme cela jusqu'en mai, qu'il faut tenir le coup et que c'est bientôt fini. Ce n'est plus possible. Vu la situation actuelle, il n'est pas déraisonnable d'ouvrir davantage la société, d'évaluer de manière plus objective et moins unilatérale la situation et de rouvrir des secteurs qui ne représentent que très peu de risques. Il n'y a pas eu de remontées de cas lors du déconfinement après la première vague. Heureusement d'ailleurs qu'on a réouvert la société de mai à septembre pour pouvoir recharger un peu les batteries. Des manifestations pour demander une plus grande ouverture de la culture et des cultes se sont d'ailleurs tenues ce week-end, on sent que l'adhésion des citoyens aux mesures actuelles n'est plus totalement là. Le virus ne partira pas totalement demain, en mai ni même en septembre, il est temps d'apprendre à vivre avec.