Oui, il y a trop peu de femmes aux postes de direction de la Banque Nationale. Il n'est pas normal que ce conseil de six personnes ne compte plus aucune femme. Oui, il y a trop de directeurs à la Banque Nationale. Personne ne peut expliquer pourquoi nous devrions avoir plus de directeurs que, par exemple, les Pays-Bas ou l'Allemagne, où il y en a cinq. Sans parler de la Suisse, qui n'en nécessite que trois. Oui, les directeurs de la Banque Nationale gagnent trop d'argent. Qui peut encore défendre aujourd'hui qu'un directeur gagne 340 000 euros bruts par an, plus les frais et une voiture avec chauffeur, alors que le Premier ministre perçoit 291 000 euros ? Cependant, une autre question importante a été à peine abordée : l'ancien ministre Steven Vanackere (CD&V) est-il le meilleur candidat au poste de directeur de la Banque Nationale ?
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Oui, il y a trop peu de femmes aux postes de direction de la Banque Nationale. Il n'est pas normal que ce conseil de six personnes ne compte plus aucune femme. Oui, il y a trop de directeurs à la Banque Nationale. Personne ne peut expliquer pourquoi nous devrions avoir plus de directeurs que, par exemple, les Pays-Bas ou l'Allemagne, où il y en a cinq. Sans parler de la Suisse, qui n'en nécessite que trois. Oui, les directeurs de la Banque Nationale gagnent trop d'argent. Qui peut encore défendre aujourd'hui qu'un directeur gagne 340 000 euros bruts par an, plus les frais et une voiture avec chauffeur, alors que le Premier ministre perçoit 291 000 euros ? Cependant, une autre question importante a été à peine abordée : l'ancien ministre Steven Vanackere (CD&V) est-il le meilleur candidat au poste de directeur de la Banque Nationale ?Le vice-premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) estime que l'agitation liée au genre est justifiée et déclare que son parti a récemment donné le bon exemple en proposant Fientje Moerman à la Cour constitutionnelle et Annemie Turtelboom à la Cour des comptes européenne. De Croo a également oublié la question la plus importante : les deux dames étaient-elles les meilleures candidates ? Moerman s'y connaît-elle en droit constitutionnel ? Turtelboom s'y connaît-elle en budgets ? Ou ces nominations étaient-ils des cadeaux de la présidente du parti Gwendolyn Rutten à deux politiciennes mises sur le côté?Il y a également des questions à se poser sur la politique de nomination que l'Open VLD a suivie à la Banque Nationale. Lorsque le gouverneur Luc Coene a dû être remplacé, Rutten a présenté son bras droit Tim Hermans. Coene trouvait qu'il fallait une personne plus expérimentée pour lui succéder et pensait à Wouter Bossu, précédemment employé à la Banque Nationale et au Fonds monétaire international. Rutten a exprimé sa volonté et Hermans est devenue directrice de la Banque Nationale au début de 2015. Vanackere était-il le meilleur choix ?Il est certainement défendable que la couleur politique joue un rôle dans la gestion des services publics et des entreprises. Il y a aussi beaucoup à dire sur les clés de répartition politique à utiliser. Il en va différemment lorsque les présidents de parti utilisent les nominations politiques pour consoler les membres déçus du parti, récompenser les partisans fidèles ou accroître le nombre de vassaux politiques. Non seulement cela sape le sérieux de l'institution en question, mais cela donne aussi au public l'impression que tout cela est possible. Cela alimente l'érosion du sens des valeurs.Y a-t-il quelque chose à faire à ce sujet ? L'élu pourrait faire l'objet d'une audition, comme c'est déjà le cas aux États-Unis et dans l'Union européenne. Il ou elle peut ensuite être interrogé(e) publiquement de façon critique par les députés, après quoi sa nomination peut faire l'objet d'un vote. Cela pourrait faire partie de la réévaluation du Parlement. Les ministres pourraient également faire l'objet d'une telle audition. Sander Loones (N-VA) est maintenant promu ministre de la Défense par son président Bart De Wever. S'y connaît-il en défense ? Ou doit-il, par l'intermédiaire de son ministère, donner un coup de pouce à la N-VA en Flandre occidentale, après les mauvais résultats des élections locales dans cette région ?Pour les fonctions non politiques, comme celle de directeur de la Banque Nationale, on peut faire plus. Par exemple, établir un profil auquel doit satisfaire le candidat. Puis rédiger une offre d'emploi. Ensuite, composer un jury compétent qui sélectionne les trois ou quatre meilleurs candidats. Le gouvernement peut alors choisir parmi ce cercle et ensuite a lieu l'audience parlementaire. Il est également possible d'inclure "un délai d'épouillage" pour les politiciens et les membres du cabinet. L'objectif doit toujours être de trouver le meilleur homme ou la meilleure femme pour le poste.En plus de Vanackere, des noms de femmes compétentes ont été cités pour ce poste, tels que l'ancienne chef de cabinet Caroline Ven ou Mia De Schamphelaere, déjà censeur à la Banque Nationale. Le monde bancaire compte également beaucoup de dames compétentes. Le choix de Vanackere n'a pas été discuté au sein du gouvernement, il n'a même pas été ouvertement discuté au sein du CD&V. La décision "s'est passée un peu en dessous de la table", raconte Liesbeth Maris, présidente du mouvement des femmes des chrétiens-démocrates. Le président du CD&V, Wouter Beke, a aidé un politicien sur une voie de garage à trouver un emploi extrêmement bien rémunéré. La nomination de Vanackere au poste de directeur de la Banque Nationale est donc un exemple de ce qu'il ne faut absolument pas faire et de ce qu'on ne pourrait plus laisser faire.