Steve Bannon, gracié par Donald Trump ce mercredi, est une personnalité sulfureuse bien connue en Europe. Réhabilité, pourra-t-il jouer un rôle dans la reconstruction politique possible du président américain sortant? Ce sera, peut-être, un sujet à suivre ces prochains temps. L'homme, en tout cas, a joué un rôle trouble dans la volonté de répandre les idées de Donald Trump en Europe.
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Steve Bannon, gracié par Donald Trump ce mercredi, est une personnalité sulfureuse bien connue en Europe. Réhabilité, pourra-t-il jouer un rôle dans la reconstruction politique possible du président américain sortant? Ce sera, peut-être, un sujet à suivre ces prochains temps. L'homme, en tout cas, a joué un rôle trouble dans la volonté de répandre les idées de Donald Trump en Europe. C'était en décembre 2018. A l'initiative du Vlaams Belang, dans des locaux du parlement flamand, plusieurs responsables d'extrême droite se retrouvaient pour mener un combat commun contre le Pacte pour la migration des Nations unies, dont l'adoption par la Belgique a finalement incité la N-VA à quitter le gouvernement Michel. Autour de la table, on retrouvait Tom Van Grieken, le président du Belang, ainsi que Marine Le Pen du Rassemblement national français et Steve Bannon, donc l'ancien communicateur du "far-right"" américain à la tête de Breitbart News et âme damnée du président de Donald Trump. Appelé à jouer un rôle pour répandre le mouvement ailleurs, en Europe.Depuis plusieurs mois, en coulisses, Bannon tentait de fédérer les différents courants nationalistes et populistes sur le continent: outre les précités, on retrouvait l'Italien Matteo Salvini, le Hollandais Geert Wilders ou le Belge francophone Mischael Modrikamen, pésident du Parti populaire. Ce dernier a d'ailleurs été l'un des maître d'oeuvre de cette volonté d'union, sous le label de The Movement. Grand admirateur de Churchill, ayant échoué à imposer son parti de droite radicale en Wallonie et à Bruxelles, Modrikamen a dérivé vers les extrêmes et s'est pris de passion pour Donald Trump, auquel il multiplie les hommages.Les manoeuvres pour cimenter The Movement ont duré deux années. En vain, globalement: depuis toujours, il est en effet difficile, pour ne pas dire impossible, de marier des partis aux idées forcément nationalistes, donc conflictuelles, et aux sensibilités divergentes, entre notamment les pro-russes et les hostiles à Poutine. Steve Bannon a également tenté de créer un Institut catholique de droite radiale en Italie, mais l'idée a fait long feu et a été combattue par la justice. En septembre 2020, il apparaissait que toutes ces tentatives étaient vouées à l'échec.Entretemps, Steve Bannon avait également été poursuivi par la justice américaine pour des fraudes liées à la collecte de fonds auprès... des supporters de Donald Trump pour ériger le mur promis par le président américain à la frontière du Mexique. L'enquête n'est pas encore finalisée, mais Steve Bannon reçoit le pardon de Trump "à titre préventif", analyse la presse américaine. "Cela semble fou, parce que cela l'est", commente le démocrate Adam Schiff, président du comité du renseignement de la Chambre.Faut-il voir dans cette réhabilitation un signe pour l'avenir? Parmi d'autres, le célèbre écrivain américain Don Wislow constate ce mercredi matin que Donald Trump a souligné dans son discours d'adieu: "the movement we started is just beginning" ("le mouvement que l'on a initié n'en est qu'au début"). "Tout est lié", commente-t-il.Mischael Modrikamen, pour sa part, n'a jamais cessé son soutien à Donald Trump en relayant régulièrement des informations favorables à son encontre, en dénonçant les attaques de la presse et en retweetant cette nuit le message de son avocat Rudy Guliani relayant les "accomplissements de l'administration Trump". Un chant du cygne ou un espoir de reconquête ?