L'historien se fait accusateur public. L'homme de droite, l'ex-ministre libéral, réclame des têtes. Hervé Hasquin, dans OEillères rouges (1), déboule au tribunal de l'opinion armé d'une "généalogie des errements de la bonne conscience de gauche depuis 1917" et l'irruption au pouvoir du communisme. En fait, un réquisitoire féroce, imp...

L'historien se fait accusateur public. L'homme de droite, l'ex-ministre libéral, réclame des têtes. Hervé Hasquin, dans OEillères rouges (1), déboule au tribunal de l'opinion armé d'une "généalogie des errements de la bonne conscience de gauche depuis 1917" et l'irruption au pouvoir du communisme. En fait, un réquisitoire féroce, implacable, tant les chefs d'accusation sont lourds et les pièces à conviction s'accumulent au fil des pages. Sur le banc d'infamie, la crème des lettrés de gauche et d'extrême gauche du monde entier, cités à comparaître pour escroquerie intellectuelle, participation en bande à une gigantesque entreprise de manipulation et de désinformation au nom de la "pureté" d'une cause, celle des damnés de la terre et des forçats de la faim.Leur abomination des dictatures fascistes n'aurait d'égal que leur complaisance avec les régimes totalitaires de gauche. Leur répulsion pour les Hitler, Mussolini, Franco et autres Pinochet le disputerait à l'admiration ou l'indulgence envers Staline, Mao, Pol Pot ou Castro. Indignation sélective face aux plus grands tueurs de masse de l'histoire, déni, snobisme, mutisme, naïveté, aveuglement ou mobiles bassement alimentaires, leur compte est bon et la sentence irrévocable. Pas de circonstances atténuantes pour ces intellos de gauche qui, comble de l'imposture, "se sont arrogé pendant des décennies, sans vergogne, le monopole des vertus humanistes". Sous le scalpel d'Hervé Hasquin, un voile se déchire: "Hélas, la gauche a aussi ses Faurisson." Guère plus recommandables que ce grand faussaire de l'histoire, négateur de l'existence des chambres à gaz dans l'univers concentrationnaire nazi. Saignant.