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Que fait John Cockerill pour la relance? Notre entreprise est à 100% privée et familiale. Depuis sa reprise en 2002 par Bernard Serin, elle a un fort ancrage wallon avec plus de 1 600 personnes employées en Belgique, où se trouve le coeur du réacteur, sur un total de 6 000 personnes dans le monde. On a beaucoup de projets qui démontrent notre savoir-faire dans le domaine du renouvelable et de l'efficacité énergétique. Nous sommes leaders dans la fabrication d'hydrogène vert par électrolyse (NDLR: la Région wallonne a donné son feu vert à Hayrport, infrastructure qui permettra la fabrication d'hydrogène à Liege Airport) et notre station pilote de stockage d'énergie renouvelable par batterie se trouve à Seraing. Nous avons une expertise dans le traitement des eaux usées en région liégeoise. C'est à Seraing que nous avons aussi développé les tours solaires qui sont installées aujourd'hui au Chili, en Afrique du Sud, en Chine, aux Emirats arabes unis. Nous souhaitons être accompagnés dans ce développement. L'incubateur Industrya que nous avons lancé en juin 2020, par un acte volontariste en plein milieu de la crise, est un bel exemple de financement public-privé . Parmi ses 72 projets, il y a de très belles propositions. Qu'attendez-vous des pouvoirs publics? Qu'ils soutiennent leurs champions! John Cockerill se place dans le top 100 des entreprises mondiales actives dans la défense. On attend des autorités régionales et fédérales qu'elles nous aident à asseoir ce leadership via les différents plans de relance prévus, qui ne se déploient pas à la vitesse espérée, contrairement à ce qui se passe en Allemagne, en France ou aux Etats-Unis. On n'est pas en difficulté comme le secteur de l'Horeca, mais il faut booster les locomotives parce qu'elles tirent les wagons. John Cockerill est également leader dans le secteur des énergies vertes. Avec notre milliard et plus de chiffre d'affaires, nous sommes cependant un petit acteur face à des géants tels que Shell ou Total qui ont déjà pris le virage des énergies renouvelables. A nous de ne pas rater ce virage! La région liégeoise vit la fin de son époque sidérurgique. Elle doit créer de la valeur ajoutée et attirer les talents avec des activités industrielles qui puissent servir de vitrine pour des projets à l'étranger. Le renouvellement des générations suscite une bonne dynamique à Liège, mais il faut faire courir plus vite les champions! Si on ne le fait pas, un jour, on le paiera.