"Les écolos nous mentent et se mentent à eux-mêmes pour se conformer à leur idéologie. Mais à ce dernier stade, je ne sais pas s'ils en sont conscients." Elle est fâchée, Marie-Christine Marghem (MR), ancienne ministre fédérale de l'Energie. Et elle charge les verts dans la gestion de la politique énergétique du pays et les mesures à prendre pour atteindre nos objectifs climatiques.
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"Les écolos nous mentent et se mentent à eux-mêmes pour se conformer à leur idéologie. Mais à ce dernier stade, je ne sais pas s'ils en sont conscients." Elle est fâchée, Marie-Christine Marghem (MR), ancienne ministre fédérale de l'Energie. Et elle charge les verts dans la gestion de la politique énergétique du pays et les mesures à prendre pour atteindre nos objectifs climatiques. Au coeur de la réflexion: la nécessité de songer à une prolongation de certaines centrales nucléaires pour atteindre les objectifs climatiques de la Belgique. "A l'instar de ce que j'ai fait en contrepartie de la prolongation de Doel 12, il faut négocier une contrepartie pour la prolongation de Doel 4 et Tihange 3 en faveur de la transition!", souligne encore Marie-Christine Marghem.Fin juin, alors que le professeur Damien Erst soulignait les prévisions à la hausse du Bureau du plan en matière d'émissions de CO2 et l'augmentation du prix de l'électricité, elle s'emportait déjà: "Le problème vient de l'idéologie. On ne conduit pas une politique énergétique sur base de ses émotions politiques en agitant le chiffon vert contre le nucléaire mais sur base de chiffres et de constats réalistes en choisissant dans l'intérêt général."L'actuelle ministre de l'Énergie au sein de la coalition Vivaldi, Tinne Van der Straeten (Groen), avait pointé du doigt la politique du gouvernement précédent. Selon elle, cette étude du Bureau du plan est avant tout une évaluation de la politique énergétique menée par la coalition suédoise, les plans de l'exécutif actuel n'y étant pas repris. Ainsi, la majorité actuelle entend limiter à 2 ou à 3 le nombre de nouvelles centrales au gaz contre les 8 initialement prévues, a-t-elle ajouté. Dans son édition de ce week-end, L'Echo demandait à Georges-Louis Bouchez, président du MR, si c'ets lui qui avait envoyé Marie Christine Marghem sur le sentier de la guerre. "Nous demandons une seule chose: le respect intégral de l'accord du gouvernement, répondait-il. Il prévoit un cap: la sortie du nucléaire. Mais il prévoit aussi un monitoring, au plus tard en novembre, qui doit déterminer si on sort totalement du nucléaire, ou si on maintient deux réacteurs. Je le dis à mes amis écologistes: dans tous les cas, vous serez membres du premier gouvernement dans ce pays qui fermera des réacteurs nucléaires. C'est historique!"Ce que veut Georges-Louis Bouchez? Que ce monitoring se prononce non seulement sur la sécurité d'approvisionnement et l'impact de la sortie du nucléaire sur les prix pour le consommateur ou sur la feuille d'impôts, mais aussi sur les émissions de CO2 ou sur l'emploi. "On veut garantir à nos concitoyens qu'ils seront approvisionnés en énergie, que cette sortie du nucléaire ne provoquera pas une augmentation des prix spécifique à la Belgique, et qu'elle ne nous empêchera pas de respecter l'accord de Paris et de réduire de 55% nos émissions de CO2 à l'horizon 2030, comme le prévoit l'accord de gouvernement. Je suis désolé, on a beau m'expliquer tout ce qu'on veut avec le marché des droits de polluer et que les centrales TGV (turbine-gaz-vapeur, NDLR) vont mettre la pression sur les centrales au charbon allemandes, une centrale TGV, c'est autant d'émissions que des centaines de milliers de voitures!"