La gestion de la crise du coronavirus, la crainte d'une seconde vague et la saga chaotique des retours de vacances a suscité une pluie de questions et d'inquiétudes à la Chambre, ce jeudi après-midi.

Kristof Calvo (Ecolo Groen) se dit 'indigné et inquiet". "Indigné parce que toute une série de mesures importantes de lutte contre le coronavirus manquent encore. Inquiet parce que notre pays ne semble pas préparé à une seconde vague." Il évoque le porte du masque dans les magasins, demandé par les experts et désormais exigé par le Conseil supérieur de la santé. "Et que nous dit Madame De Block, ministre de la Santé? On mettra ça au menu la semaine prochaine. Dans cette crise, une semaine, c'est une éternité." Kristof Calvo s'étonne aussi du fait que les retours en vacances n'aient pas été anticipés. "On semble découvrir en Belgique que les gens partant en vacances reviennent un jour", regrette-t-il.

Sophie Rohonyi regrette de ne pas avoir eu de réponses à ses multiples demandes relatives au plan de la Belgique en cas de seconde vague. "Sur base de quel indicateurs un plan de déconfinement pourrait-il être décidé?", demande-t-elle notamment.

Patrick Prévot (PS): " Depuis hier, la question est sur toutes les lèvres. Il y a un mois, on a annoncé la réouverture des frontières. Mais il a fallu un mois de plus, des décisions de reconfinement prises en Europe et une réunion d'urgence des experts." C'est la responsabilité du fédéral de coordonner et d'harmoniser les mesures prises, souligne-t-il. Nous sommes le 9 juillet, il y a beaucoup d'incertitudes, de confusions, je vous invite madame la Première ministre à apporter les clarifications."

Florence Reuter (MR) vient au secours de Sophie Wilmès: "Si de nombreux Belges ont décidé de partir en vacances, c'est parce qu'ils ont repris confiance. Les chiffres sont relativement bons en Belgique, les Belges sont disciplinés." Elle revient sur la décision de mettre des codes couleurs, prise par le Comité de concertation, mercredi: "Il faut souligner que nous sommes le seul pays à mettre de tels codes en route. Il faut peut-être préciser pour les tours opérateurs au niveau des remboursements pour les zones à jour. Mais pour le reste, les informations sont disponibles et le site des affaires étrangères va être mis à jour." Au moment où elle parle, ce n'est toujours pas le cas, pourtant...

"Si on consulte ce site, le site des affaires étrangères n'est pas clair", peste Narwal Fahir (CD&V). Qui regrette aussi le chaos de la question des tests. "Pourquoi a-t-il fallu autant de temps pour décider et comment imposer une ventuelle interdiction de voyages à ceux qui ont décidé?", demande-t-elle.

Catherine Fonck (CDH): "On pouvait s'attendre à ce qu'il ait de l'anticipation, de la rigueur. Or, on assiste à de l'improvision totale, du flou, un très mauvais jeu de ping-pong entre les différents niveaux de pouvoir. Bien sûr, la situation sanitaire est meilleure, mais vous ne pouvez pas dire que vous n'étiez pas au courant." Elle résume: "C'est le boxon."La cheffe de groupe CDH ajoute en outre que le Conseil supérieur de la santé veut imposer le port du masque dans les magasins. "Madame le Première ministre, je vous le demande encore une fois: allez-vous avancer dans ce sens?"

"On constate qu'il n'y a pas de plan pour les retours en vacances", s'indigne encore Sofie Merckx (PTB).

Réplique de Sophie Wilmès: la responsabilités des entités fédérées

Sophie Wilmès, Première ministre, réplique avec sa mise en garde habituelle : "Le virus n'a pas disparu, des foyers de contamination sont réapparus dans des pays voisins. Il est important de rester vigilant et de respecter les gestes barrières." Elle rappelle les mesures prises auparavant, les avis de voyages émis sur le site des affaires étrangères pour les départs en vacances. "Par mesure de précaution, le Comité de concertation a émis des conseils, souligne-t-elle. Le but est d'affiner, de peaufiner ces codes couleurs par zones, le plus rapidement possible, probablement aujourd'hui." Au moment où elle parle, c'est n'est toujours pas le cas. Ce le sera plus tard dans l'après-midi.

La Première ministre rappelle les codes couleurs rouge, orange et verte, ainsi que leurs implications. "La liste des différentes zones doit être mise à jour le plus rapidement possible, aujourd'hui encore", répète-t-elle. C'est une cellule composée d'experts, des représentants des entités fédérées qui gère ces données. De même, ce sont les entités fédérées qui doivent mettre en place le cadre légal pour le testing et la quarantaine.

En ce qui concerne le port du masque, elle souligne que "les experts du Gees travaillent sur le sujet". Et annonce une décision la semaine prochaine: "Je suis persuadée qu'ils tiendront compte du rapport du Conseil national de la santé."

Un plan pour deuxième vague? Toutes les libertés ne sont pas encore rendues à la population, dit-elle. "J'entends certains dire que l'on doit rouvrir toutes les activités en demandant par ailleurs un plan pour éviter un deuxième vague. Nous, nous essayons de garder une certaine cohérence."

Elle souligne que le fédéral a réussi à éviter une saturation des hôpitaux. Fin août, le stock de masque sera de 200 millions de masques chirurgicaux et de 33 millions de masques FFP2. "Il est essentiel de gérer les résurgences locales potentielles, souligne Sophie Wilmès. Mais là encore... il s'agit de compétences régionales. Une cohérence de stratégies sera mise en place des entités fédérées.

"Le fédéral et les entités fédérées se réunissent régulièrement, insiste-t-elle. Nous vivons parfois des situations institutionnelles complexes et on le voit, cela freine. La difficulté est là, nous avons bien l'intention de continuer à travailler ensemble."

Répliques des députés? "Vous renvoyez aux entités fédérées, mais ce jeu de ping-pong est inaudible", tacle Sophie Rohonyi (DéFi). Patrick Prévot (PS) souligne que le fédéral a un rôle de coordination au niveau de la question des retours en vacances. "Il faut parfois rappeler que la prévention à la santé est une compétence régionale", balaie Florence Reuter (MR). "L'improvisation totale demeure", regrette Catherine Fonck. Il faut se serrer les coudes pour éviter des reconfinements. Mais il est plus que temps."

This is Belgium.

La gestion de la crise du coronavirus, la crainte d'une seconde vague et la saga chaotique des retours de vacances a suscité une pluie de questions et d'inquiétudes à la Chambre, ce jeudi après-midi.Kristof Calvo (Ecolo Groen) se dit 'indigné et inquiet". "Indigné parce que toute une série de mesures importantes de lutte contre le coronavirus manquent encore. Inquiet parce que notre pays ne semble pas préparé à une seconde vague." Il évoque le porte du masque dans les magasins, demandé par les experts et désormais exigé par le Conseil supérieur de la santé. "Et que nous dit Madame De Block, ministre de la Santé? On mettra ça au menu la semaine prochaine. Dans cette crise, une semaine, c'est une éternité." Kristof Calvo s'étonne aussi du fait que les retours en vacances n'aient pas été anticipés. "On semble découvrir en Belgique que les gens partant en vacances reviennent un jour", regrette-t-il.Sophie Rohonyi regrette de ne pas avoir eu de réponses à ses multiples demandes relatives au plan de la Belgique en cas de seconde vague. "Sur base de quel indicateurs un plan de déconfinement pourrait-il être décidé?", demande-t-elle notamment.Patrick Prévot (PS): " Depuis hier, la question est sur toutes les lèvres. Il y a un mois, on a annoncé la réouverture des frontières. Mais il a fallu un mois de plus, des décisions de reconfinement prises en Europe et une réunion d'urgence des experts." C'est la responsabilité du fédéral de coordonner et d'harmoniser les mesures prises, souligne-t-il. Nous sommes le 9 juillet, il y a beaucoup d'incertitudes, de confusions, je vous invite madame la Première ministre à apporter les clarifications."Florence Reuter (MR) vient au secours de Sophie Wilmès: "Si de nombreux Belges ont décidé de partir en vacances, c'est parce qu'ils ont repris confiance. Les chiffres sont relativement bons en Belgique, les Belges sont disciplinés." Elle revient sur la décision de mettre des codes couleurs, prise par le Comité de concertation, mercredi: "Il faut souligner que nous sommes le seul pays à mettre de tels codes en route. Il faut peut-être préciser pour les tours opérateurs au niveau des remboursements pour les zones à jour. Mais pour le reste, les informations sont disponibles et le site des affaires étrangères va être mis à jour." Au moment où elle parle, ce n'est toujours pas le cas, pourtant..."Si on consulte ce site, le site des affaires étrangères n'est pas clair", peste Narwal Fahir (CD&V). Qui regrette aussi le chaos de la question des tests. "Pourquoi a-t-il fallu autant de temps pour décider et comment imposer une ventuelle interdiction de voyages à ceux qui ont décidé?", demande-t-elle.Catherine Fonck (CDH): "On pouvait s'attendre à ce qu'il ait de l'anticipation, de la rigueur. Or, on assiste à de l'improvision totale, du flou, un très mauvais jeu de ping-pong entre les différents niveaux de pouvoir. Bien sûr, la situation sanitaire est meilleure, mais vous ne pouvez pas dire que vous n'étiez pas au courant." Elle résume: "C'est le boxon."La cheffe de groupe CDH ajoute en outre que le Conseil supérieur de la santé veut imposer le port du masque dans les magasins. "Madame le Première ministre, je vous le demande encore une fois: allez-vous avancer dans ce sens?""On constate qu'il n'y a pas de plan pour les retours en vacances", s'indigne encore Sofie Merckx (PTB).Sophie Wilmès, Première ministre, réplique avec sa mise en garde habituelle : "Le virus n'a pas disparu, des foyers de contamination sont réapparus dans des pays voisins. Il est important de rester vigilant et de respecter les gestes barrières." Elle rappelle les mesures prises auparavant, les avis de voyages émis sur le site des affaires étrangères pour les départs en vacances. "Par mesure de précaution, le Comité de concertation a émis des conseils, souligne-t-elle. Le but est d'affiner, de peaufiner ces codes couleurs par zones, le plus rapidement possible, probablement aujourd'hui." Au moment où elle parle, c'est n'est toujours pas le cas. Ce le sera plus tard dans l'après-midi.La Première ministre rappelle les codes couleurs rouge, orange et verte, ainsi que leurs implications. "La liste des différentes zones doit être mise à jour le plus rapidement possible, aujourd'hui encore", répète-t-elle. C'est une cellule composée d'experts, des représentants des entités fédérées qui gère ces données. De même, ce sont les entités fédérées qui doivent mettre en place le cadre légal pour le testing et la quarantaine.En ce qui concerne le port du masque, elle souligne que "les experts du Gees travaillent sur le sujet". Et annonce une décision la semaine prochaine: "Je suis persuadée qu'ils tiendront compte du rapport du Conseil national de la santé."Un plan pour deuxième vague? Toutes les libertés ne sont pas encore rendues à la population, dit-elle. "J'entends certains dire que l'on doit rouvrir toutes les activités en demandant par ailleurs un plan pour éviter un deuxième vague. Nous, nous essayons de garder une certaine cohérence."Elle souligne que le fédéral a réussi à éviter une saturation des hôpitaux. Fin août, le stock de masque sera de 200 millions de masques chirurgicaux et de 33 millions de masques FFP2. "Il est essentiel de gérer les résurgences locales potentielles, souligne Sophie Wilmès. Mais là encore... il s'agit de compétences régionales. Une cohérence de stratégies sera mise en place des entités fédérées."Le fédéral et les entités fédérées se réunissent régulièrement, insiste-t-elle. Nous vivons parfois des situations institutionnelles complexes et on le voit, cela freine. La difficulté est là, nous avons bien l'intention de continuer à travailler ensemble."Répliques des députés? "Vous renvoyez aux entités fédérées, mais ce jeu de ping-pong est inaudible", tacle Sophie Rohonyi (DéFi). Patrick Prévot (PS) souligne que le fédéral a un rôle de coordination au niveau de la question des retours en vacances. "Il faut parfois rappeler que la prévention à la santé est une compétence régionale", balaie Florence Reuter (MR). "L'improvisation totale demeure", regrette Catherine Fonck. Il faut se serrer les coudes pour éviter des reconfinements. Mais il est plus que temps."This is Belgium.