"Personne ne pouvait à ma connaissance prédire, sur la base d'éléments solides et fiables, non pas que quelque chose se préparait mais bien l'ampleur inédite et brutale des évènements qui ont suivi. Personne ne pouvait à ma connaissance prédire non plus que nous connaîtrions si mal le virus qui frapperait et surtout les réponses sanitaires et d'ordre public efficaces pour le combattre. Personne ne pouvait non plus prédire que le virus se véhiculerait par le biais de personnes ne présentant absolument aucun symptôme. Ce qui complexifiera grandement la réponse que nos sociétés occidentales peuvent mettre en place en termes de mesures, de suivi et de capacité d'isolement", a fait valoir Sophie Wilmès. "Dire 'On aurait dû savoir'. Non. Je pense que c'est réécrire l'histoire à la lumière d'aujourd'hui."

"Les chiffres renseignés par la Chine étaient plutôt rassurants mais ont progressivement été contredits par les informations italiennes", a-t-elle poursuivi. "D'un virus pas si mortel et pas plus contagieux que des exemples connus, on découvrira au fil du temps, à force de consolider les données occidentales, que ce virus se transmet très facilement, même sans contact direct et est plus mortel qu'annoncé et notamment dans certaines catégories vulnérables."

Et d'ajouter : "le 3 mars, les informations données en Commission Santé par les experts sur base des données chinoises sont rassurantes, elles évoquent comme étant le pire des scénarios 13.000 diagnostics positifs en 9 semaines, dont 2.000 à 3.000 personnes devraient être hospitalisées et dont 700 personnes en soins intensifs. Pourtant, 6 jours après le premier décès belge, la Belgique devra entreprendre le confinement général de sa population. L'une des mesures les plus radicales de son histoire."

"Il faut donc tenter de porter un regard juste, objectif et critique de l'analyse; c'est-à-dire prendre en considération pour chaque période dont on parle à la fois la connaissance scientifique disponible à ce moment-là, l'état général de compréhension et d'adhésion de l'opinion publique, l'influence des discours dominants, la comparaison avec la situation en-dehors de nos frontières mais aussi les divers moyens matériels et humains alors à la disposition des scientifiques, des institutions et des autorités", a-t-elle conclu.

"Nous devons absolument simplifier notre partage de compétences"

L'ancienne Première ministre a également pointé une structure étatique inefficace dans le contexte d'une gestion de crise. "La question des compétences a donné lieu à un certain nombre de discussions. Il existe de nombreux exemples", a-t-elle indiqué, évoquant la question des masques ou encore des vaccins "qui relèvent de la prévention lorsqu'ils ne sont pas obligatoires".

"Le travail quotidien avec les ministres-présidents a été cordial et constructif. Nous sommes toujours parvenus à dégager des accords", a-t-elle toutefois salué.

Mais, "c'est ma conviction personnelle, dans une perspective d'avenir, l'organisation et la répartition des pouvoirs en général et pendant une crise doivent être révisés. La question de l'unité de commandement pourrait de cette manière obtenir une réponse partielle."

Sophie Wilmès a par ailleurs justifié la non-utilisation du plan pandémie préexistant. "Pour rappel, ce plan datant de plus de dix ans, avait pour vocation de faire face à la gestion d'une pandémie de grippe dans notre pays. Ce que nous avons connu va bien au-delà. L'utilité de ce plan préexistant était donc limitée et il était parfois même dépassé. (...) Le futur plan ne devra pas se concentrer sur une maladie particulière ou un public particulier mais devra aussi prévoir une situation plus étendue, complexe et étalée dans le temps et intégrer le choix qui sera fait ou non de rester dans la répartition actuelle des compétences en matière de santé", a-t-elle suggéré.

"Personne ne pouvait à ma connaissance prédire, sur la base d'éléments solides et fiables, non pas que quelque chose se préparait mais bien l'ampleur inédite et brutale des évènements qui ont suivi. Personne ne pouvait à ma connaissance prédire non plus que nous connaîtrions si mal le virus qui frapperait et surtout les réponses sanitaires et d'ordre public efficaces pour le combattre. Personne ne pouvait non plus prédire que le virus se véhiculerait par le biais de personnes ne présentant absolument aucun symptôme. Ce qui complexifiera grandement la réponse que nos sociétés occidentales peuvent mettre en place en termes de mesures, de suivi et de capacité d'isolement", a fait valoir Sophie Wilmès. "Dire 'On aurait dû savoir'. Non. Je pense que c'est réécrire l'histoire à la lumière d'aujourd'hui." "Les chiffres renseignés par la Chine étaient plutôt rassurants mais ont progressivement été contredits par les informations italiennes", a-t-elle poursuivi. "D'un virus pas si mortel et pas plus contagieux que des exemples connus, on découvrira au fil du temps, à force de consolider les données occidentales, que ce virus se transmet très facilement, même sans contact direct et est plus mortel qu'annoncé et notamment dans certaines catégories vulnérables." Et d'ajouter : "le 3 mars, les informations données en Commission Santé par les experts sur base des données chinoises sont rassurantes, elles évoquent comme étant le pire des scénarios 13.000 diagnostics positifs en 9 semaines, dont 2.000 à 3.000 personnes devraient être hospitalisées et dont 700 personnes en soins intensifs. Pourtant, 6 jours après le premier décès belge, la Belgique devra entreprendre le confinement général de sa population. L'une des mesures les plus radicales de son histoire." "Il faut donc tenter de porter un regard juste, objectif et critique de l'analyse; c'est-à-dire prendre en considération pour chaque période dont on parle à la fois la connaissance scientifique disponible à ce moment-là, l'état général de compréhension et d'adhésion de l'opinion publique, l'influence des discours dominants, la comparaison avec la situation en-dehors de nos frontières mais aussi les divers moyens matériels et humains alors à la disposition des scientifiques, des institutions et des autorités", a-t-elle conclu.L'ancienne Première ministre a également pointé une structure étatique inefficace dans le contexte d'une gestion de crise. "La question des compétences a donné lieu à un certain nombre de discussions. Il existe de nombreux exemples", a-t-elle indiqué, évoquant la question des masques ou encore des vaccins "qui relèvent de la prévention lorsqu'ils ne sont pas obligatoires". "Le travail quotidien avec les ministres-présidents a été cordial et constructif. Nous sommes toujours parvenus à dégager des accords", a-t-elle toutefois salué. Mais, "c'est ma conviction personnelle, dans une perspective d'avenir, l'organisation et la répartition des pouvoirs en général et pendant une crise doivent être révisés. La question de l'unité de commandement pourrait de cette manière obtenir une réponse partielle." Sophie Wilmès a par ailleurs justifié la non-utilisation du plan pandémie préexistant. "Pour rappel, ce plan datant de plus de dix ans, avait pour vocation de faire face à la gestion d'une pandémie de grippe dans notre pays. Ce que nous avons connu va bien au-delà. L'utilité de ce plan préexistant était donc limitée et il était parfois même dépassé. (...) Le futur plan ne devra pas se concentrer sur une maladie particulière ou un public particulier mais devra aussi prévoir une situation plus étendue, complexe et étalée dans le temps et intégrer le choix qui sera fait ou non de rester dans la répartition actuelle des compétences en matière de santé", a-t-elle suggéré.