Entrée au gouvernement fédéral en septembre 2015, elle avait été soudain projetée dans la lumière à cette occasion, alors qu'elle était auparavant peu connue sur la scène nationale. Née dans la capitale mais ayant passé son enfance à Grez-Doiceau, Sophie Wilmès est la fille de Philippe Wilmès, décédé en 2010. Ce dernier a été chef de cabinet de Jean Gol, qui voulait un économiste dans son équipe quand il était secrétaire d'État adjoint en charge de l'Économie wallonne, puis président de la Société nationale d'investissement (SNI) avant de devenir régent de la Banque nationale de Belgique. Professeur d'économie à l'UCL, il a aussi été administrateur de nombreuses sociétés privées et publiques.

La mère de la future ministre est elle aussi passionnée de politique, et travaillera dans différents cabinets. Comme Sophie Wilmès l'a expliqué durant l'été à la Libre Belgique, ses parents "parlaient tout le temps de politique" à la maison, mais ce n'est pourtant pas dans cette voie qu'elle-même voulait s'engager initialement.

Née en janvier 1975, elle a suivi après ses secondaires des études en communication appliquée (section publicité) à l'IHECS avant d'effectuer un stage dans une unité de gestion financière de la Commission européenne. Elle prend goût à cette matière et décide alors de reprendre des études en cours du soir à l'Institut supérieur Saint-Louis, en gestion financière. Elle entre en politique sur une liste PRL aux communales de 2000, à Uccle, alors qu'elle travaille toujours pour la Commission, dans la gestion financière de programmes de coopération avec l'Asie. Elle aurait notamment été convaincue par sa rencontre avec Eric André.

Proche de Charles Michel

Elle a 25 ans lorsqu'elle devient conseillère communale de cette commune bruxelloise. Elle sera ensuite conseiller économique et financier dans un cabinet d'avocats d'affaires, puis abandonnera son travail dans le privé au moment de devenir première échevine de Rhode-Saint-Genèse en 2007, où elle s'est installée avec son mari australien. Elle y connaît quelques déboires quand la commune doit mettre en oeuvre la politique de la Région flamande de gestion par cycle.

Elle siégera aussi au conseil provincial du Brabant flamand, et est depuis 2013 présidente de la section MR de la périphérie bruxelloise. Elle se distinguera suffisamment que pour être placée première suppléante sur la liste MR à la Chambre pour les élections du 25 mai 2014.

Didier Reynders, élu sur cette liste, devenant ministre quelques mois plus tard (en octobre 2014), elle fait quant à elle son entrée comme députée, et intègre la Commission Finances et Budget. Elle y est co-signataire d'une proposition de loi visant à mieux lutter contre les "fonds vautours". Elle n'est à la Chambre que depuis moins d'un an quand elle est appelée par Charles Michel à remplacer le ministre du Budget Hervé Jamar au sein de son exécutif. Ce dernier devient gouverneur de la province de Liège.

Le choix de Sophie Wilmès, considérée comme proche de Charles Michel, est plutôt une surprise. Le Premier ministre souligne d'emblée son "investissement et sa rigueur en commission des Finances et du Budget". Elle est donc bombardée, à 40 ans et avec très peu d'expérience fédérale, nouvelle ministre fédérale du Budget chargée de la Loterie Nationale en septembre 2015. En décembre 2018, à la suite du départ de la N-VA de la coalition fédérale, elle hérite en plus de la Politique scientifique et de la Fonction publique. Au Budget, elle devra veiller au respect du Pacte de stabilité européen. Mme Wilmès siège toujours au conseil communal de Rhode-Saint-Genèse.