Le conseil d'administration de la SNCB s'est réuni exceptionnellement ce mardi par visioconférence: il a validé la décision de fermer les guichets de 44 gares dans tout le pays, conformément à ce qui avait été envisagé en novembre, mais en développant une alternative pour "maintenir une présence humaine dans les gares".
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Le conseil d'administration de la SNCB s'est réuni exceptionnellement ce mardi par visioconférence: il a validé la décision de fermer les guichets de 44 gares dans tout le pays, conformément à ce qui avait été envisagé en novembre, mais en développant une alternative pour "maintenir une présence humaine dans les gares".Pour le vice-Premier ministre Ecolo, en charge de la Mobilité, cette issue est une demi-défaite: il était sorti avec force dans les médias, la sermaine dernière, pour demander que l'entreprise publique autonome "revoie fondamentalement" sa copie. La CEO de la SNCB, Sophie Dutordoir, avait évoqué un "abus de confiance" et les partis de la majorité avaient mis le ministre sur le gril au parlement. La fermeture est maintenue: plusieurs partis, dont le MR et le CD&V, n'étaient pas prêts à soutenir une révision complète de la décision au conseil d'administration.En Flandre, davantage encore que du côté francophone, le vice-Premier Ecolo a été éreinté dans la presse du week-end. Mais il sort de ce guêpier sans autre dommage, obtient un encadrement de la décision et, surtout, garde la main pour mener une "politique ambitieuse du rail": ce n'est pas rien.Pour Georges Gilkinet, c'est donc, aussi, un grand soulagement. Après les fortes tensions et la rupture de la semaine dernière, le rétablissement de liens constructifs avec la CEO de la SNCB, avec qui une réunion a déjà eu lieu vendredi dernier, est une bonne nouvelle. Ensemble, ils ont rédigé une proposition qui sera sur la table du du conseil d'administration. Celle-ci "traite des questions relatives au maintien d'une présence humaine dans les gares et des collaborations à développer avec les communes, à l'accueil des voyageurs dans les gares et à la garantie de l'accessibilité à tous les publics". Certains administrateurs remarquent... que cela était déjà prévu par l'accord initial. Pour l'écologiste, le maintien de ce lien était vital dans la mesure où il fait de la politique ferroviaire une priorité de cette législature. "Nous aurons besoin du rail pour panser les plaies de la crise, scandait-il lundi après-midi encore, lors d'une visionconférence avec les membres de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). C'est un travail de longue haleine, qui ne sera pas facile, vous pouvez le voir. Mais je mobiliserai toutes les énergies."Cet incident témoigne d'un nouveau raidissement des relations entre les écologistes et les libéraux francophones. Ce bras de fer entre les deux formations, dont les électorats se recoupent dans certaines franges de la population, n'est pas nouveau. L'été dernier, c'est toutefois un axe Bouchez-Nollet qui avait permis de décoincer la formation gouvernementale et de porter la Vivaldi sur les fonds baptismaux. Une lune de miel.Ce lien, en vue de développer un "projet positif pour la Belgique", tient toujours sur le fond. Mais les sorties incessantes du MR dans le cadre de la crise sanitaire, pour demander des assouplissements, ont eu le don d'irriter le coprésident Ecolo. La charge libérale assez lourde dans ce dossier - Gilkinet a été accusé d'avoir menti au parlement - laissera des traces. "On constate que le MR a construit une stratégie très agressive dans le but d'aller chercher une partie de notre électorat, dit une source Ecolo ce mardi matin à La Libre. Ce parti ne semble plus avoir de projet clair et se cherche des ennemis un peu partout ; et adopte des positions populistes de droite sur des sujets comme la crise sanitaire. Mais tout le MR n'est pas comme Georges-Louis Bouchez. Avec des personnalités telles que Sophie Wilmès (vice-Première MR- Ndlr), il y a moyen de travailler." Le jeu de rôle continue.