Y aurait-il encore un seul Belge pour penser qu'il aura une bonne pension à 67 ans ? Ces dernières années, les politiques de tout poil ont tant semé la panique et la confusion la plus totale que personne ne croit encore à la pension légale. Le fameux "deuxième pilier" - l'assurance de groupe ou le fonds de pension - offre trop peu de perspective pour une vieillesse confortable. Du coup, le Belge essaie de s'en occuper lui-même. Il achète une maison, il épargne autant que possible, investit ou prend une assurance vie individuelle. C'est ainsi que la privatisation de la sécurité sociale se poursuit joyeusement. Manifestement, il a oublié depuis longtemps la misère de 2008, avec les actions de bon père de famille qui se crashent soudainement ou d'autres poires pour la soif investies dans le privé. Et on ne parle pas du tout des Belges...

Y aurait-il encore un seul Belge pour penser qu'il aura une bonne pension à 67 ans ? Ces dernières années, les politiques de tout poil ont tant semé la panique et la confusion la plus totale que personne ne croit encore à la pension légale. Le fameux "deuxième pilier" - l'assurance de groupe ou le fonds de pension - offre trop peu de perspective pour une vieillesse confortable. Du coup, le Belge essaie de s'en occuper lui-même. Il achète une maison, il épargne autant que possible, investit ou prend une assurance vie individuelle. C'est ainsi que la privatisation de la sécurité sociale se poursuit joyeusement. Manifestement, il a oublié depuis longtemps la misère de 2008, avec les actions de bon père de famille qui se crashent soudainement ou d'autres poires pour la soif investies dans le privé. Et on ne parle pas du tout des Belges qui n'ont pas d'argent à épargner. Depuis plusieurs semaines, les pensions sont au coeur du débat politique et elles ne risquent pas de disparaître rapidement. Tout comme le débat indécis à propos de la taxe sur la plus-value d'octobre dernier, le débat inachevé sur les quinquagénaires est essentiel. Dans les deux cas, il s'agit - selon les normes budgétaires - de peu d'argent. Il n'y a pas de taxe sur la plus-value et son remplaçant, la taxe sur les comptes-titres, ne rapportera pas grand-chose. La baisse de pension pour les quinquagénaires devrait rapporter la somme dérisoire de 20 millions d'euros. Cependant, dans les deux cas, la charge morale est explosive : le premier, car il concerne les riches qui doivent contribuer davantage et l'autre le salaire (ajourné). Le premier est un point litigieux le CD&V, l'autre une question existentielle pour la N-VA. Il est pénible pour le parti de Wouter Beke qu'il soit beaucoup plus facile de diminuer les pensions que de faire payer plus d'impôts aux riches. Pour la première cause, il suffit d'une loi, pour la seconde il faut fermer mille échappatoires. Les gens au chômage depuis des années doivent-ils percevoir moins de pension que les gens qui ont toujours travaillé ? C'est certainement défendable, du moins si ces personnes sont restées délibérément sans travailler. Or, c'est là que le bât blesse : chacun sait que beaucoup de quinquagénaires ne trouvent tout simplement plus de boulot. Est-il juste de baisser leurs pensions ? Même les politiques libéraux, généralement pas les plus tendres envers les chômages, s'interrogent. Kris Peeters, l'avant-centre toujours en quête du CD&V sent bien qu'il gagnerait des points à s'opposer contre cette diminution de pension. Cependant, la N-VA a éjecté le ballon du goal : ils ont simplement décidé de ne pas décider. À cette lumière, les piques du président du CD&V, Wouter Beke, étaient un peu étranges. Ce n'était pas le fait qu'il y ait des piques qui était bizarre, car les rapports entre l'ancien et le nouveau parti populaire demeurent très difficiles. Non, c'est le thème avec lequel Beke pensait tacler la N-VA qui pose question. Il a déclaré dimanche que la N-VA et le CD&V étaient deux partis fondamentalement différents. Cette insistance à souligner la différence avec la N-VA est déjà douloureuse en soi, mais on penserait que Beke jouerait sa meilleure carte du moment : les quinquagénaires. Mais non, Beke a parlé du durcissement du ton de la N-VA dans d'autres dossiers : "En 2014, la N-VA est devenue grande en vidant le Vlaams Belang", a-t-il dit, "et maintenant elle fait tout pour continuer à gagner ces électeurs."S'il y a là peut-être un fond de vérité - certains N-VA cherchent parfois les limites de la droite dans leur communication - quand on défend la politique de migration, cela reste un signe de faiblesse. Si ces derniers jours, Beke a vraiment découvert qu'il est en train de gouverner avec un Vlaams Belang light, il doit retirer la prise. Soit la N-VA n'est pas un Vlaams Belang light, soit Beke trouve que ce n'est pas grave. À présent, c'est la présidente d'Open VLD Gwendolyn Rutten, qui a évoqué "la ligne très dure" de la N-VA, "qui perd de vue l'humanité." Et elle parlait bel et bien des pensions de quinquagénaires au chômage.