1. Artisan du bâtiment

Avant, il y avait le bottin. Désormais, il y a le Web : avec les sites de services " à la demande " pour les particuliers, il suffit de quelques clics pour trouver un professionnel capable de déboucher l'évier, mettre en place une clôture dans le jardin ou repeindre le plafond de la salle de bains. Bricoler n'est pas jouer. Sauf qu'aux côtés des vrais artisans, on retrouve de plus en plus de particuliers à la recherche de compléments de revenus. Avec un peu d'habileté dans leurs mains, ils peuvent proposer les mêmes services sur ListMinut, Frizbiz ou YoupiJob. Sur ce dernier, qui se veut le TripAdvisor des prestations de service, c'est au particulier de décrire son besoin et de déposer son offre. Ensuite, chaque jobber - des livreurs, des électriciens, des chauffagistes, des jardiniers en herbe ou de profession - postule à tour de rôle. La plupart s'avèrent des artisans " professionnels ", mais dont certains préfèrent réaliser les travaux " en qualité de particuliers ". Dès que la mission est accomplie, le jobber est " noté " (comme sur TripAdvisor), ce qui lui permet de gagner en crédibilité. Présentés comme des " coups de main ", la plupart de ces jobs sont rémunérés une centaine d'euros. Mais certains travaux proposés s'apparentent à de véritables prestations, comme cette rénovation d'une studette proposée à 1 500 euros. En toile de fond, la question des assurances et de la garantie de ces travaux réalisés par des particuliers parfois sans qualification.
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Avant, il y avait le bottin. Désormais, il y a le Web : avec les sites de services " à la demande " pour les particuliers, il suffit de quelques clics pour trouver un professionnel capable de déboucher l'évier, mettre en place une clôture dans le jardin ou repeindre le plafond de la salle de bains. Bricoler n'est pas jouer. Sauf qu'aux côtés des vrais artisans, on retrouve de plus en plus de particuliers à la recherche de compléments de revenus. Avec un peu d'habileté dans leurs mains, ils peuvent proposer les mêmes services sur ListMinut, Frizbiz ou YoupiJob. Sur ce dernier, qui se veut le TripAdvisor des prestations de service, c'est au particulier de décrire son besoin et de déposer son offre. Ensuite, chaque jobber - des livreurs, des électriciens, des chauffagistes, des jardiniers en herbe ou de profession - postule à tour de rôle. La plupart s'avèrent des artisans " professionnels ", mais dont certains préfèrent réaliser les travaux " en qualité de particuliers ". Dès que la mission est accomplie, le jobber est " noté " (comme sur TripAdvisor), ce qui lui permet de gagner en crédibilité. Présentés comme des " coups de main ", la plupart de ces jobs sont rémunérés une centaine d'euros. Mais certains travaux proposés s'apparentent à de véritables prestations, comme cette rénovation d'une studette proposée à 1 500 euros. En toile de fond, la question des assurances et de la garantie de ces travaux réalisés par des particuliers parfois sans qualification. www.frizbiz.com, www.listminut.be, www.youpijob.bePassionnés d'histoire, d'architecture ou d'arts, vous pouvez monnayer la connaissance de votre ville en vous improvisant guide touristique sur des plates-formes comme Cariboo ou Guidelikeyou. Les guides, de simples particuliers, proposent des visites personnalisées, tarifées librement. Un algorithme suggère aux touristes les profils qui leur ressemblent. A charge pour le guide d'élaborer un programme adapté aux attentes du touriste. Le tarif pouvant varier entre 8 et 20 euros de l'heure, auquel s'ajoutent des frais de réservation destinés à financer le site, l'affaire n'est pas très rémunératrice et est à considérer comme un revenu d'appoint. Mais certains guides spécialisés, ou offrant des prestations VIP, peuvent gagner jusqu'à 100 euros. Comme ailleurs, les plates-formes prennent une commission de 20 %. Ces start-up collaboratives garantissent la qualité de leurs guides par système de notation, qui exige des participants une bonne fiabilité et un réel investissement dans leur mission. Elles misent par ailleurs sur l'esprit de communauté qu'elles désirent créer entre leurs membres, notamment à travers l'organisation d'événements. www.cariboo.co, www.guidelikeyou.com Le marché de la livraison explose. Et, en ville, les coursiers " ubérisés " rivalisent désormais avec les DHL, TNT Express et autres pros de la livraison. Dernier chic de la consommation branchée : se faire livrer ses repas à bicyclette ou en véhicule électrique. UberEats, aux Etats-Unis, livre le déjeuner dix minutes après la commande. Les coursiers de Deliveroo, appelés les Roomen, se déplacent principalement en vélo, également en scooter. Pour la start-up bruxelloise Take Eat Easy, c'est uniquement à vélo que le transport se faisait, jusqu'à sa mise en redressement judiciaire le 25 juillet dernier, laissant le champ libre à ses concurrentes étrangères qui entendent bien s'engouffrer dans la place - le patron de Deliveroo a confirmé début août son intention de conquérir la Wallonie. Pour ces coursiers 2.0, aucun diplôme n'est exigé : il suffit de posséder un vélo et une bonne condition physique. Assurances et équipement sont aussi à charge du coursier. En pratique, on consulte un planning en ligne et on s'inscrit dans les créneaux horaires disponibles. Mais il faut le savoir : en réclamant une livraison d'urgence, sur certaines applis, chaque consommateur vote pour le transporteur. Souvent à son insu. Le prix de la sueur, quant à lui, varie selon la boîte et... l'humeur du client. Chez UberEats, les clients sont libres de vous laisser un pourboire ou pas. Chez Deliveroo, la rémunération se caractérise par une commission auprès des restaurateurs de l'ordre de 30 % en moyenne. Soit, en cash, un tarif horaire fixe de 7,50 euros brut chez Deliveroo (contre une rétribution à la course de 2 à 5 euros chez feu Take Eat Easy). Pour leurs contrats de travail et leurs cotisations, les coursiers des deux start-up passent soit par la coopérative SMart soit par un statut d'indépendants complémentaire. Pour cinq soirées de travail par semaine, comptez un revenu net de 500 euros mensuels en moyenne. www.ubereats.com, www.deliveroo.be Mieux que la consultance : le partage des connaissances. Face à la mutation des métiers, la course à la formation est lancée. Et le numérique aidant, le champ des possibles s'ouvre aux audacieux. Les MOOCs, ces cours en ligne ouverts à tous, font désormais partie du paysage. Sur la plate-forme d'Udemy, tout un chacun peut créer des cours en ligne et les monnayer. Ainsi, 40 000 cours payants sont déjà disponibles. Et si leurs cours fonctionnent bien, les instructeurs gagnent effectivement de l'argent. En 2012, les 10 enseignants les mieux payés de la plate-forme ont engrangé plus de 1,6 million de dollars au total en rémunération de leurs cours. Quelle que soit la plate-forme utilisée (Udemy, Khan Academy, EdX ou Coursera), la démarche pédagogique se limite à un support numérique. Parfois, le cours s'accompagne d'interactions directes avec le formateur ou d'exercices corrigés avec commentaires personnalisés. La cible principale reste le lycéen, l'étudiant en business et l'ingénieur, rarement le manager. Du coup, par effet d'aubaine, des MOOCs " corporate " voient le jour. Les " Coos " (corporate on-line seminar) imposent un modèle premium avec un contenu sur mesure, adapté au public spécifique d'une entreprise. A côté de l'e-learning, les plates-formes de mise en relation entre particuliers comme gpaltemps.com, youpijob.be, starofservice.com ou listminut.be proposent un modèle plus traditionnel. Le formateur s'inscrit, remplit une liste de critères, affiche ses disponibilités et fixe son prix. En général, le montant des commissions varie en fonction du prix offert (de 10 à 20 %). La rémunération perçue, quant à elle, varie en fonction de la matière et du nombre d'heures prestées. Comptez, en moyenne, 15 euros/heure pour un cours de maths de niveau secondaire. www.udemy.com, www.gpaltemps.com, www.starofservice.com Rédiger des annonces publicitaires, des billets de blog, des articles optimisés SEO, une brochure en néerlandais ou mettre en forme un rapport annuel, voilà des casse-tête que rencontrent souvent les entreprises. Paradoxalement, les prestataires capables de résoudre ces problématiques ont du mal à trouver des clients. Pour aider ces deux communautés à se rencontrer, plusieurs plates-formes ont intégré des services de rédaction, de traduction et de correction à leur offre. Sur Frizbiz, les tarifs des rédacteurs oscillent entre 100 et 1 000 euros selon la prestation. Rayon traducteurs, la start-up TextMaster propose l'un des réseaux les plus importants au monde, avec des traducteurs dans 40 langues, disponibles 24 heures sur 24. D'aucuns jugeront que l'entreprise tire les tarifs vers le bas. Le prix peut ainsi varier de quelques euros pour la traduction simple d'un texte à plusieurs dizaines d'euros pour la traduction de sites Web. D'autres font jouer la concurrence, à la rude, comme StarOfService. L'algorithme développé par la société met en relation les professionnels les plus proches du demandeur, en choisissant ceux pour lesquels le site dispose du maximum d'informations. Après avoir rempli un seul et unique formulaire de demande de devis, le demandeur peut sélectionner jusqu'à cinq artisans. Il reçoit leur proposition vingt-quatre heures après. Ensuite, il ne lui reste plus qu'à les comparer et choisir. Le modèle économique de StarOfService repose en effet sur les réponses des professionnels référencés apportées aux particuliers. A chaque mise en relation, le professionnel paie le site en " crédits " qu'il aura auparavant achetés sur la plate-forme. Ces auteurs, traducteurs et correcteurs sont soit des travailleurs en free-lance, auxquels le site apporte un canal supplémentaire, soit des étudiants ou des professeurs, qui trouvent là un revenu d'appoint. www.starofservice.com, www.textmaster.com Comme la plupart des métiers de services, la création artistique connaît aussi la désintermédiation. Grâce à des algorithmes, il est à présent très simple d'identifier rapidement et très facilement le bon graphiste parmi des milliers de profils inscrits sur des sites comme Graphiste.com ou Creads, une agence collaborative qui compte près de 50 000 " créatifs " indépendants. Des entreprises à la recherche d'un slogan, d'un nom, d'un logo ou d'une charte graphique formulent leur demande et leur prix. La plate-forme la relaie ensuite auprès des internautes créatifs (graphistes, webdesigners...). Ces derniers présentent leur proposition, et le client donneur d'ordres fait son choix. Pour ses détracteurs, Creads casse les prix et favorise le travail " spéculatif ". Basé sur l'appel à la foule (crowdsourcing), le travail ressemble à un concours permanent : sur 50 personnes à tenter leur chance, seule une sera primée. Les autres auront travaillé pour rien ! www.graphiste.com, www.creads.be A l'instar des autres services aux entreprises, les places de marché des prestations informatiques sont en plein boom. Certains de ces réseaux préfèrent centrer l'offre sur des projets liés à l'IT et se prêtant à la collaboration, plutôt que sur l'individu. Un système spécial de fiches relie alors les membres aux projets qui leur conviennent. Sur Codeur.com, le porteur définit son besoin et attend les propositions des free-lances visibles par tous. Ensuite, il fait son choix. Mais les plates-formes généralistes comme Twago, Freelancer, Upwork s'ouvrent aussi aux développeurs. Les sites fonctionnent sur le principe de l'e-réputation : à la manière d'Amazon, ils proposent des systèmes de notation (étoiles, mentions...) basés sur des témoignages des entreprises clientes. Les free-lances peuvent augmenter leurs tarifs au fur et à mesure qu'ils acquièrent de bons témoignages de clients. Toujours vérifier les conditions générales, la domiciliation du site, ses références, pour éviter les désagréments. Sur Digikaa, les missions proposées commencent à 1 000 euros et les compétences des experts sont certifiées grâce à un portfolio social. www.freelancer.com, www.twago.fr, www.upwork.com, www.digikaa.com Par Dorian Peck