Au 19e siècle, Bruxelles enterre la Senne qui est devenue un véritable égout à ciel ouvert. Elle sert de trop-plein au collecteur d'égout principal et à la sortie de la ville, elle est pratiquement biologiquement morte.

En 2000 et en 2007, sous la pression de l'Union européenne, deux stations d'épuration sont créées au Nord et au Sud de la Région. En parallèle, est lancé à Bruxelles le concept de "maillage bleu" qui prend le contre-pied de la gestion du 19e siècle. Il s'agit de remettre en valeur l'eau et les zones humides des différentes vallées qui constituent le berceau de la ville et de valoriser les fonctions sociales, paysagères, récréatives et écologiques de ces milieux. La Woluwe et le Molenbeek sont ainsi partiellement remis à ciel ouvert.

L'imperméabilisation des sols liée au développement de la ville a pris des dimensions très inquiétantes (de 26% en 1955 à 47% en 2006). Une grande partie des eaux de précipitations ruisselle et aboutit dans les égouts, ce qui diminue la fraction qui s'infiltre à travers le sol et contribue à la recharge des aquifères.

Des aménagements sont progressivement mis en place afin d'infiltrer des eaux de pluie et d'éviter ou retarder leur arrivée dans les égouts : des jardins de pluie, des noues, des revêtements de sol plus perméables etc.

Cependant à ce jour, le traitement des eaux reste encore largement une question de génie civil et d'aménagements lourds et coûteux (réseau d'égouttage, bassins d'orage, stations d'épuration...) et qui se trouvent dans les mains de grosses structures, hors de portée du citoyen. Ce dernier peut agir plus facilement au sein de son domicile : éviter le gaspillage de l'eau du robinet, récupérer les eaux de pluies des toitures pour l'arrosage des plantations, les chasses d'eau, ne pas construire de grandes terrasses ou de zone de parking imperméables.

Les citoyens ont aussi le pouvoir d'être une force d'initiative et de changement en s'appropriant les thématiques de la gestion de l'eau et de la lutte contre son gaspillage, en collaboration avec les autorités locales ou régionales. En voici deux exemples remarquables :

Le projet recherche-action participative Brusseau, soutenu par Innoviris, a invité des habitants à élaborer, avec des chercheurs et des acteurs de terrain, un diagnostic et des propositions d'aménagement pour réduire les risques d'inondation à Bruxelles. Il a favorisé une solidarité entre les habitants d'un même sous-bassin versant (communautés hydrologiques). Ceux-ci ont réalisé un diagnostic précis des problèmes d'inondation en faisant dialoguer des relevés issus d'instruments de mesure hydrologiques avec les observations réalisées quotidiennement par des usagers-habitants. Le projet a permis l'élaboration collective de projets d'aménagements urbains qui permettent de réduire les inondations.

Le projet Opensource est parti du constat que chaque jour, des chantiers de construction rejettent des milliers de m3 d'eau pompés en sous-sol directement dans le réseau d'égouttage (rabattage des nappes phréatiques). Ce sont ainsi des quantités énormes d'eau non potable mais tout à fait propre à divers autres usages, qui se retrouvent envoyées directement en station d'épuration. Dernièrement, ils se sont intéressés à un chantier à Leuven. Grâce à leur action, une partie de cette eau a pu être récupérée par le service vert de la ville, pour l'arrosage des plantations.

Nous plaidons ici pour que la lutte contre le gaspillage des eaux de pluie et des nappes phréatiques soit prise au sérieux. Le rejet à l'égout doit être la dernière solution envisagée. Les sources de gaspillage doivent être identifiées et des solutions élaborées pour récupérer, ré-infiltrer ou réutiliser ces eaux. Toutes les occasions qui se présentent pour améliorer le maillage bleu doivent être saisies. Les changements climatiques à venir s'accompagneront probablement de plus d'épisodes caniculaires : créons des zones humides dans la ville qui seront autant d'îlots de fraîcheur.

Nous souhaitons également que les citoyens puissent prendre une place active dans ces questions fondamentales que sont l'alimentation en eau potable, la gestion des eaux de pluies et des eaux usées et la place de l'eau dans la ville.

Ingrid Parmentier, Lotte Stoops, Tristan Roberti, Isabelle Pauthier, député·e·s Ecolo à la Région bruxelloise

Au 19e siècle, Bruxelles enterre la Senne qui est devenue un véritable égout à ciel ouvert. Elle sert de trop-plein au collecteur d'égout principal et à la sortie de la ville, elle est pratiquement biologiquement morte.En 2000 et en 2007, sous la pression de l'Union européenne, deux stations d'épuration sont créées au Nord et au Sud de la Région. En parallèle, est lancé à Bruxelles le concept de "maillage bleu" qui prend le contre-pied de la gestion du 19e siècle. Il s'agit de remettre en valeur l'eau et les zones humides des différentes vallées qui constituent le berceau de la ville et de valoriser les fonctions sociales, paysagères, récréatives et écologiques de ces milieux. La Woluwe et le Molenbeek sont ainsi partiellement remis à ciel ouvert.L'imperméabilisation des sols liée au développement de la ville a pris des dimensions très inquiétantes (de 26% en 1955 à 47% en 2006). Une grande partie des eaux de précipitations ruisselle et aboutit dans les égouts, ce qui diminue la fraction qui s'infiltre à travers le sol et contribue à la recharge des aquifères.Des aménagements sont progressivement mis en place afin d'infiltrer des eaux de pluie et d'éviter ou retarder leur arrivée dans les égouts : des jardins de pluie, des noues, des revêtements de sol plus perméables etc.Cependant à ce jour, le traitement des eaux reste encore largement une question de génie civil et d'aménagements lourds et coûteux (réseau d'égouttage, bassins d'orage, stations d'épuration...) et qui se trouvent dans les mains de grosses structures, hors de portée du citoyen. Ce dernier peut agir plus facilement au sein de son domicile : éviter le gaspillage de l'eau du robinet, récupérer les eaux de pluies des toitures pour l'arrosage des plantations, les chasses d'eau, ne pas construire de grandes terrasses ou de zone de parking imperméables.Les citoyens ont aussi le pouvoir d'être une force d'initiative et de changement en s'appropriant les thématiques de la gestion de l'eau et de la lutte contre son gaspillage, en collaboration avec les autorités locales ou régionales. En voici deux exemples remarquables :Le projet recherche-action participative Brusseau, soutenu par Innoviris, a invité des habitants à élaborer, avec des chercheurs et des acteurs de terrain, un diagnostic et des propositions d'aménagement pour réduire les risques d'inondation à Bruxelles. Il a favorisé une solidarité entre les habitants d'un même sous-bassin versant (communautés hydrologiques). Ceux-ci ont réalisé un diagnostic précis des problèmes d'inondation en faisant dialoguer des relevés issus d'instruments de mesure hydrologiques avec les observations réalisées quotidiennement par des usagers-habitants. Le projet a permis l'élaboration collective de projets d'aménagements urbains qui permettent de réduire les inondations.Le projet Opensource est parti du constat que chaque jour, des chantiers de construction rejettent des milliers de m3 d'eau pompés en sous-sol directement dans le réseau d'égouttage (rabattage des nappes phréatiques). Ce sont ainsi des quantités énormes d'eau non potable mais tout à fait propre à divers autres usages, qui se retrouvent envoyées directement en station d'épuration. Dernièrement, ils se sont intéressés à un chantier à Leuven. Grâce à leur action, une partie de cette eau a pu être récupérée par le service vert de la ville, pour l'arrosage des plantations. Nous plaidons ici pour que la lutte contre le gaspillage des eaux de pluie et des nappes phréatiques soit prise au sérieux. Le rejet à l'égout doit être la dernière solution envisagée. Les sources de gaspillage doivent être identifiées et des solutions élaborées pour récupérer, ré-infiltrer ou réutiliser ces eaux. Toutes les occasions qui se présentent pour améliorer le maillage bleu doivent être saisies. Les changements climatiques à venir s'accompagneront probablement de plus d'épisodes caniculaires : créons des zones humides dans la ville qui seront autant d'îlots de fraîcheur.Nous souhaitons également que les citoyens puissent prendre une place active dans ces questions fondamentales que sont l'alimentation en eau potable, la gestion des eaux de pluies et des eaux usées et la place de l'eau dans la ville.Ingrid Parmentier, Lotte Stoops, Tristan Roberti, Isabelle Pauthier, député·e·s Ecolo à la Région bruxelloise