Cette fois, ce sont des perquisitions sur le site de Bastogne de Veviba qui ont fait éclater l'affaire : 200 palettes contrôlées et 133 révélées non conformes. Déchets de viande interdite à la consommation humaine décelés dans de la viande hachée, dates de congélation falsifiées, étiquettages bidouillés, réemballages...
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Cette fois, ce sont des perquisitions sur le site de Bastogne de Veviba qui ont fait éclater l'affaire : 200 palettes contrôlées et 133 révélées non conformes. Déchets de viande interdite à la consommation humaine décelés dans de la viande hachée, dates de congélation falsifiées, étiquettages bidouillés, réemballages... L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) a beau apaiser en expliquant que la cuisson et la préparation de ces viandes éliminent tout risque, les débats sur les responsabilités ont beau essaimer (fouettés par la proximité des horizons électoraux, communal dans sept mois, régional et fédéral dans un peu plus d'un an), le constat revient, inlassablement, depuis une trentaine d'années : nous mangeons ce qui n'aurait pas dû nous être vendu. Parce que, à l'une des étapes du parcours menant de l'éleveur au consommateur, un ou plusieurs produits clairement impropres à la consommation ont été injectés ou mélangés à ce que nous avons acheté de bonne foi. Injectés bien entendu tout à fait sciemment. Mais, bien évidemment, dans le plus grand secret, dans la plus grande discrétion. En mentant. Sur l'origine, les transformations, les dates, le contenu. Pain bénit pour les tenants des circuits courts, en termes de modèle agroalimentaire. Mais nouvelle illustration du recours de plus en plus généralisé aux systèmes de triche à la plus grande échelle possible. Et qui dépasse largement le contenu de nos assiettes. Dernières preuves en date : les scandales des moteurs diesel truqués (Volkswagen, Audi, Renault, Fiat, Porsche...), les textes scientifiques dédiabolisant le glyphosate mais rédigés par des employés de Monsanto, la prescription pendant plus de trois décennies (en France) de l'antidiabétique Mediator alors que les laboratoires Servier, qui l'ont mis au point, ne signalaient pas les risques mortels pour ses utilisateurs... C'est sans doute dans les chefs d'accusation à l'encontre de Servier qu'on trouve ce qui relie toutes ces pratiques : " Tromperie aggravée, escroquerie, violation délibérée d'une obligation de sécurité... " Chacun de ces cas épingle, outre la négligence ou l'incapacité des institutions de contrôle, nationales ou internationales (avant que les affaires éclatent, tout de même, systématiquement), la volonté de tromper, la décision de tricher, la culture du mensonge et l'ingénierie développée pour le masquer. Chacun, dans un objectif purement et exclusivement de profit. Sans aucun égard pour les risques encourus par des millions de consommateurs. Pas le moindre problème de conscience. Juste, cette insatiable cupidité que les astrophysiciens Stephen Hawking ou Hubert Reeves considèrent comme responsable de la fin prochaine de l'humanité. Supercherie et avidité : notre décor, dans tous les secteurs. Faussaires et vénaux : beaucoup de ceux qui détiennent un tant soit peu de pouvoir sur nous. Nous consommateurs. Et nous citoyens. Et prêts à accepter cet état de fait longtemps encore ?