Après la crise entre l'Espagne et le Maroc, et l'arrivée de 49 personnes au Nord de la Belgique, les deux dernières semaines, l'Europe a été secouée par une forte vague migratoire. Le Vif a interrogé SammyMahdi (CD&V), secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration.

Craignez vous une nouvelle crise humanitaire en Europe?

L'affaire entre l'Espagne et le Maroc est assez particulière, ce qui ne veut pas dire que la question posée n'est pas pertinente. Il y a l'aspect Maroc- Espagne où les relations diplomatiques sont compliquées, sur base de la decision qu'à pris l'Espange de donner un tritement médical à un homme qui a des affinités politiques avec les indépendantistes du Sahara, qui a donné cette relation tendue, qui j'espère devrait s'améliorer. C'est tout de meme la preuve, quelque part, que l'Europe doit beaucoup mieux gérer, elle-meme, ses frontières pour avoir une meilleur gestion de la migration car si on est dépendants des pays tiers, lorsqu'il y a des relations diplomatiques compliquées, on voit ce que cela amène.

Sur la question de la crise migratoire, on risque surtout d'en avoir une en conséquence de la crise du Covid. Ma grande préoccupation - et c'est le message que j'essaye de faire passer à tous les niveaux politiques -, c'est d'avoir un traitement du coronavirus au niveau mondial. Il doit aussi y avoir une ambition de la Belgique et de l'Europe de jouer un rôle actif dans le renforcement du combat contre le Covid dans les pays tiers, pas seulement contre le Covid, mais aussi la relance économique qui doit avoir lieu dans plusieurs pays. La plupart des Marocains et Sénégalais qui tentent de venir en Espagne, par exemple, ce n'est pas entièrement dû au Covid, mais cela reste dû aufait que le secteur du tourisme s'est complètement estompé, que les activités économiques deviennent compliquées. On voit l'effet du Covid.Dans d'autres pays africains il y a des guerres civiles, je ne veux pasdire qui se préparent, mais qui pourrait à nouveau se propager, aussi dû aux effets secondaires du Covid. C'est mon inquiétude,et j'espère que l'on pourra combattre ensemble, en ayant un regard auniveau européen.

Vous parlez de cette crise diplomatique, entre l'Espagne et le Maroc. La Belgique soutient-elle la colère espagnol fasse au Maroc?

J'ai vu des images de migrants qui recevaient des coups de batons, je ne pense pas que ça soit la meilleure façon, enfin, une façon tout court de traiter un etre humain, nous sommes très attentifs à cela. C'est la preuve pour moi qu'au niveau européen, on doit avoir des accords de réadmition qui soient négociés au niveau européen, aujourd'hui les pays tiers négocient à 27 reprises, de manière individuelle, cela nous met dans une positition assez fragile. Avoir des négociations qui se font au niveau européen, avec les pays tiers, cela nous aiderait tout de meme à avoir des relations, ou des négociations dans lequels on a un role assez renforcé, necessaire pour que les accords soient respectés. En Espagne, on comprend très bien qu'il y a une pression qui a augmenté, et l'Espagne essaye de traiter cette pression, mais il faut que cela soit traité avec respect envers les etres humains.

Après que 49 réfugiés aient été secourus en mer, qu'en est-il de la situation aujourd'hui en Belgique?

Ce dossier est particulier, il y avait 44 personnes d'originesvietnamienne, et 5 Irakiens kurdes. Le groupe est assez important, etles éléments nous prouvent que la traite organisée, de manière trèsprofessionnelle, se trouve derrière cela. Les Vietnamiens sont actifsdans la prostitution, et dans des salons de pédicure par exemple. Ils travaillent et vivent dans des circonstances complètement tristes. C'est la preuve qu'il faut vraiment augmenter le travail contre la traitedes êtres humains. L'arrestation administrative pendant 24h a eu lieu pour ces 49 personnes, qui nous ont donné l'opportunité de faire des capturesd'écrans de leurs téléphones, pour voir quelles sont les personnes quisont derrière tout cela et réaliser une enquête. Car se sont les grospoissons de la traite qu'il faut attraper, et surtout sanctionner, car ils jouent avec la vie d'êtres humains. La traite organisée est uncombat qu'au niveau européen, mais aussi au niveau belge, nous devonsessayer d'accélérer. Après les 24h d'arrestation administrative, certaines de ces personnes passent ensuite dans les centres fermés, dans l'optique d'un retour forcé, qui doit avoir lieu, vers le Viet-Nam. D'autres reçoivent l'orde de quitter le territoire.

Le plus important c'est vraiment de répondre au plus vite possible à ce genre deproblèmes, pour donner un signal aussi: ça ne sert à rien de collaboreravec la traite organisée, il faut la combattre au plus vite.

Il faut savoir que l'asile en Belgique est quand même assez limité, pour les personnes vietnamiennes, le Vietnam ce n'est pas l'Afghanistan... Le plus important, c'est de bien informer les personnes. La mesure entreprise dès le début de la législature, est la mise place d'équipes d'asile qui se baladent à Bruxelles, et bientôt dans toute la Belgique. Nous allons les renforcer: les équipes passeront de deux à quatorze collaborateurs à la recherche de transmigrants, pour bien informer toutes personnes sans titres de séjours et qui ne savent pas très bien quels sont les droits et le devoirs. Il s'agit de les informer des possibilités d'une demande d'asile en Belgique, et de leur faire savoir que collaborer avec les organisateurs de la traite, c'est la dernière chose à faire, car cela va les entrainer dans un parcours dangereux.

Le plus important est aussi d'accélérer les procédures qui sont trop longues en Belgique. Nous sommes aujourd'hui, en moyenne, à un an d'attente pour une procédure d'asile. Là aussi, on veut renforcer l'équipe de l'Office des étrangers qui traite en moyenne 19 000 ordres de quitter le territoire par an. Très souvent cela se résume à donner un papier à une personne lui demandant de quitter le territoire dans les trente jours. Mais ensuite, il n'y a pas de suivi. Et il faut qu'il y ait un réel suivi humain: pour cela, il y aura un investissement de personnel qui aura lieu, avec un suivi beaucoup plus avancé que c'est la cas aujourd'hui.

Comment qualifiez vous votre politique, en rupture avec celle de son prédécesseur Theo Francken?

Personnellement, je pense qu'il y a un grand travail à faire au niveau européen et auniveau belge, qui n'a pas assez été fait, il faut combattre l'irrégularité de toutes les manières possibles, et avoir un regard beaucoup plusglobal de la chose, dans laquelle on doit informer les personnes. C'est crucial : très souvent, c'est une guerre d'information qu'on a, oùl'opposant est souvent quelqu'un qui organise la traite, ou les réseauxsociaux... Il faut bien informer les personnes et ce renforcement de nos équipes, est, donc pour moi, le plus important est de ne pasproblématiser la migration, ni victimiser la migration, mais de gérer la migration. J'espère pouvoir faire la différence, sachant que l'on vaprobablement connaitre une nouvelle vague migratoire. On aura bientôt ce nouveau pacte migratoire, avec mes confrères européens, avec uneapproche européenne dont on a besoin si on veut avoir une réponsebeaucoup plus structurelle.

Lina Bouzekri

Après la crise entre l'Espagne et le Maroc, et l'arrivée de 49 personnes au Nord de la Belgique, les deux dernières semaines, l'Europe a été secouée par une forte vague migratoire. Le Vif a interrogé SammyMahdi (CD&V), secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration.Craignez vous une nouvelle crise humanitaire en Europe? L'affaire entre l'Espagne et le Maroc est assez particulière, ce qui ne veut pas dire que la question posée n'est pas pertinente. Il y a l'aspect Maroc- Espagne où les relations diplomatiques sont compliquées, sur base de la decision qu'à pris l'Espange de donner un tritement médical à un homme qui a des affinités politiques avec les indépendantistes du Sahara, qui a donné cette relation tendue, qui j'espère devrait s'améliorer. C'est tout de meme la preuve, quelque part, que l'Europe doit beaucoup mieux gérer, elle-meme, ses frontières pour avoir une meilleur gestion de la migration car si on est dépendants des pays tiers, lorsqu'il y a des relations diplomatiques compliquées, on voit ce que cela amène. Sur la question de la crise migratoire, on risque surtout d'en avoir une en conséquence de la crise du Covid. Ma grande préoccupation - et c'est le message que j'essaye de faire passer à tous les niveaux politiques -, c'est d'avoir un traitement du coronavirus au niveau mondial. Il doit aussi y avoir une ambition de la Belgique et de l'Europe de jouer un rôle actif dans le renforcement du combat contre le Covid dans les pays tiers, pas seulement contre le Covid, mais aussi la relance économique qui doit avoir lieu dans plusieurs pays. La plupart des Marocains et Sénégalais qui tentent de venir en Espagne, par exemple, ce n'est pas entièrement dû au Covid, mais cela reste dû aufait que le secteur du tourisme s'est complètement estompé, que les activités économiques deviennent compliquées. On voit l'effet du Covid.Dans d'autres pays africains il y a des guerres civiles, je ne veux pasdire qui se préparent, mais qui pourrait à nouveau se propager, aussi dû aux effets secondaires du Covid. C'est mon inquiétude,et j'espère que l'on pourra combattre ensemble, en ayant un regard auniveau européen.Vous parlez de cette crise diplomatique, entre l'Espagne et le Maroc. La Belgique soutient-elle la colère espagnol fasse au Maroc? J'ai vu des images de migrants qui recevaient des coups de batons, je ne pense pas que ça soit la meilleure façon, enfin, une façon tout court de traiter un etre humain, nous sommes très attentifs à cela. C'est la preuve pour moi qu'au niveau européen, on doit avoir des accords de réadmition qui soient négociés au niveau européen, aujourd'hui les pays tiers négocient à 27 reprises, de manière individuelle, cela nous met dans une positition assez fragile. Avoir des négociations qui se font au niveau européen, avec les pays tiers, cela nous aiderait tout de meme à avoir des relations, ou des négociations dans lequels on a un role assez renforcé, necessaire pour que les accords soient respectés. En Espagne, on comprend très bien qu'il y a une pression qui a augmenté, et l'Espagne essaye de traiter cette pression, mais il faut que cela soit traité avec respect envers les etres humains. Après que 49 réfugiés aient été secourus en mer, qu'en est-il de la situation aujourd'hui en Belgique? Ce dossier est particulier, il y avait 44 personnes d'originesvietnamienne, et 5 Irakiens kurdes. Le groupe est assez important, etles éléments nous prouvent que la traite organisée, de manière trèsprofessionnelle, se trouve derrière cela. Les Vietnamiens sont actifsdans la prostitution, et dans des salons de pédicure par exemple. Ils travaillent et vivent dans des circonstances complètement tristes. C'est la preuve qu'il faut vraiment augmenter le travail contre la traitedes êtres humains. L'arrestation administrative pendant 24h a eu lieu pour ces 49 personnes, qui nous ont donné l'opportunité de faire des capturesd'écrans de leurs téléphones, pour voir quelles sont les personnes quisont derrière tout cela et réaliser une enquête. Car se sont les grospoissons de la traite qu'il faut attraper, et surtout sanctionner, car ils jouent avec la vie d'êtres humains. La traite organisée est uncombat qu'au niveau européen, mais aussi au niveau belge, nous devonsessayer d'accélérer. Après les 24h d'arrestation administrative, certaines de ces personnes passent ensuite dans les centres fermés, dans l'optique d'un retour forcé, qui doit avoir lieu, vers le Viet-Nam. D'autres reçoivent l'orde de quitter le territoire. Le plus important c'est vraiment de répondre au plus vite possible à ce genre deproblèmes, pour donner un signal aussi: ça ne sert à rien de collaboreravec la traite organisée, il faut la combattre au plus vite. Il faut savoir que l'asile en Belgique est quand même assez limité, pour les personnes vietnamiennes, le Vietnam ce n'est pas l'Afghanistan... Le plus important, c'est de bien informer les personnes. La mesure entreprise dès le début de la législature, est la mise place d'équipes d'asile qui se baladent à Bruxelles, et bientôt dans toute la Belgique. Nous allons les renforcer: les équipes passeront de deux à quatorze collaborateurs à la recherche de transmigrants, pour bien informer toutes personnes sans titres de séjours et qui ne savent pas très bien quels sont les droits et le devoirs. Il s'agit de les informer des possibilités d'une demande d'asile en Belgique, et de leur faire savoir que collaborer avec les organisateurs de la traite, c'est la dernière chose à faire, car cela va les entrainer dans un parcours dangereux. Le plus important est aussi d'accélérer les procédures qui sont trop longues en Belgique. Nous sommes aujourd'hui, en moyenne, à un an d'attente pour une procédure d'asile. Là aussi, on veut renforcer l'équipe de l'Office des étrangers qui traite en moyenne 19 000 ordres de quitter le territoire par an. Très souvent cela se résume à donner un papier à une personne lui demandant de quitter le territoire dans les trente jours. Mais ensuite, il n'y a pas de suivi. Et il faut qu'il y ait un réel suivi humain: pour cela, il y aura un investissement de personnel qui aura lieu, avec un suivi beaucoup plus avancé que c'est la cas aujourd'hui.Comment qualifiez vous votre politique, en rupture avec celle de son prédécesseur Theo Francken?Personnellement, je pense qu'il y a un grand travail à faire au niveau européen et auniveau belge, qui n'a pas assez été fait, il faut combattre l'irrégularité de toutes les manières possibles, et avoir un regard beaucoup plusglobal de la chose, dans laquelle on doit informer les personnes. C'est crucial : très souvent, c'est une guerre d'information qu'on a, oùl'opposant est souvent quelqu'un qui organise la traite, ou les réseauxsociaux... Il faut bien informer les personnes et ce renforcement de nos équipes, est, donc pour moi, le plus important est de ne pasproblématiser la migration, ni victimiser la migration, mais de gérer la migration. J'espère pouvoir faire la différence, sachant que l'on vaprobablement connaitre une nouvelle vague migratoire. On aura bientôt ce nouveau pacte migratoire, avec mes confrères européens, avec uneapproche européenne dont on a besoin si on veut avoir une réponsebeaucoup plus structurelle.Lina Bouzekri