Le 4 juillet 2007, l'homme a été condamné pour le meurtre de Bruno Bassine, Alain Debatty, Christophe Dupont, Yannick Leroy, Stéphane Lhoir, Thierry Lotin, Bruno Meaux, Louis Plescia, Christophe Renwa et Marc Uytebroeck, les dix paras assassinés en 1994 au Rwanda. C'est lui, major rwandais à l'époque des faits et Hutu radical, qui a conduit le lieutenant Lotin et ses hommes au camp Kigali, après qu'ils eurent été désarmés devant la résidence toute proche de la Première ministre Agathe Uwilingyimana et dont ils devaient assurer la protection.
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Le 4 juillet 2007, l'homme a été condamné pour le meurtre de Bruno Bassine, Alain Debatty, Christophe Dupont, Yannick Leroy, Stéphane Lhoir, Thierry Lotin, Bruno Meaux, Louis Plescia, Christophe Renwa et Marc Uytebroeck, les dix paras assassinés en 1994 au Rwanda. C'est lui, major rwandais à l'époque des faits et Hutu radical, qui a conduit le lieutenant Lotin et ses hommes au camp Kigali, après qu'ils eurent été désarmés devant la résidence toute proche de la Première ministre Agathe Uwilingyimana et dont ils devaient assurer la protection. A l'issue de ce procès qui s'étalera sur dix semaines, le procureur qualifiera Ntuyahaga de "tueur de la pire espèce". L'accusé, impassible, n'aura pour sa part rien avoué, rien regretté. "En niant l'évidence, vous avez ajouté l'insulte à la blessure", avait répliqué le bâtonnier Magnée au nom des parties civiles. L'accusé, qui sera acquitté pour l'assassinat de la Première ministre rwandaise, se contentera de dire: "La vérité finira par triompher tôt ou tard". Ntuyahaga, qui était sous le coup d'un mandat d'arrêt international délivré par le juge Damien Vandermeersch dès 1995, a toujours soutenu qu'il avait rencontré les Belges par hasard. Mais aussi qu'il n'avait ni désarmé, ni tué les soldats belges et leur avait simplement proposé un "lift" avec sa mini-fourgonnette. Pourquoi est-il déjà libre ? Si Ntuyahaga a été condamné à vingt ans de prison à l'issue du procès, il était déjà privé de liberté depuis longtemps puisqu'entre juin 1998 et mars 2004, il se trouvait déjà dans une cellule tanzanienne précise De Standaard. Ce n'est qu'ensuite qu'il se livre volontairement à la Belgique. Ce qui fait qu'il a donc effectivement purgé sa peine et qu'il a été libéré comme le confirme le cabinet du ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V). Le 1er juin, l'homme a été autorisé à quitter la prison d'Ittre dans le Brabant Wallon selon quotidien. Mais comme il ne dispose pas des documents nécessaires pour rester légalement en Belgique, c'est l'Office des étrangers qui s'est occupé de l'affaire et qui a transféré Ntuyahaga dans un centre fermé en vue de son expulsion. Il aurait, selon certaines sources, même introduit une demande d'asile. Cette demande n'est cependant pas confirmée par l'office des étrangers qui ne communique pas sur des cas particuliers. Celle-ci n'aurait de toute façon que très peu de chance d'aboutir précise enfin le quotidien puisque les personnes reconnues coupables de crimes non politiques graves perdent le droit à la protection. L'expulser oui, mais où ? La politique mise en place par Francken veut que l'on expulse au plus vite en dehors du pays les criminels condamnés qui ont purgé leur peine. Sauf que dans le cas particulier de Ntuyahaga cela risque de ne pas être si simple précise le quotidien. Premièrement, la Belgique ne renvoie que très peu de personnes au Rwanda car il est difficile d'établir une collaboration entre les deux pays, ensuite la Belgique est tenue, sur la base de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, de statuer sur le fait que Ntuyahaga risque, ou non, d'être exposé à des traitements inhumains au Rwanda. Or, dans le cas d'un Hutu condamné pour son rôle dans le génocide, on ne peut exclure des actes de vengeances. Si l'on admet que Ntuyahaga ne peut pas être expulsé vers le Rwanda, il reste trois autres options selon Dirk Vanheule, professeur de droit de la migration (UAntwerpen) toujours dans De Standaard. Soit il obtient un ordre de quitter le territoire sur base volontaire et l'état se décharge de toute responsabilité- ce qui équivaudrait à une libération. Soit on lui donne un permis de séjour valide. Les deux options qui passeraient très difficilement dans l'opinion publique. Une troisième possibilité pourrait être que la Belgique cherche un autre pays qui pourrait l'accueillir en toute sécurité. Au moment du procès, son épouse et sa fille étaient restées au Danemark, mais on ignore si elles y sont toujours. L'office des étrangers va de toute façon devoir trouver une solution dans les mois qui viennent puisque qu'un séjour dans un centre fermé est limité à cinq mois.