Ce devait être - enfin - l'année de la consécration pour cette génération dorée, qui brille depuis une dizaine d'années au sommet du football international, mais sans jamais remporter le moindre trophée. Tout au long de 2018, les Diables Rouges ont surclassé leurs adversaires, par moments, et fait preuve d'une maturité nouvelle. Mais au bout du compte, tant lors de la Coupe du monde en Russie qu'à l'occasion de la nouvelle compétition organisée par l'Union européenne de football (UEFA), cette improbable Nations League, il leur aura, à nouveau, manqué ce petit quelque chose qui transforme les talents en géants. Et la déception n'en a été que plus amère.
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Ce devait être - enfin - l'année de la consécration pour cette génération dorée, qui brille depuis une dizaine d'années au sommet du football international, mais sans jamais remporter le moindre trophée. Tout au long de 2018, les Diables Rouges ont surclassé leurs adversaires, par moments, et fait preuve d'une maturité nouvelle. Mais au bout du compte, tant lors de la Coupe du monde en Russie qu'à l'occasion de la nouvelle compétition organisée par l'Union européenne de football (UEFA), cette improbable Nations League, il leur aura, à nouveau, manqué ce petit quelque chose qui transforme les talents en géants. Et la déception n'en a été que plus amère. Que de fulgurances, pourtant ! En arrivant en Russie, notre équipe nationale garde certes en mémoire les cuisants échecs des tournois précédents, cette défaite de justesse contre l'Argentine de Messi au Brésil en 2014 et, surtout, l'humiliation face au pays de Galles en quarts de finale de l'Euro 2016. Mais cette fois, emmenée par le génie désinvolte d'Eden Hazard, rien ne semble pouvoir lui résister. Tels des métronomes, les Diables viennent à bout des modestes Panaméens et Tunisiens, avec la manière, avant de choisir la partie de tableau la plus ardue en battant l'Angleterre avec une équipe B. Ils ont du tempérament, aussi : la remontada héroïque en huitièmes de finale face au Japon, lors du match le plus fou du Mondial (de 0-2 à 3-2), en atteste. Il leur manque un match de référence ? Le voici : l'élimination du grandissime favori brésilien, en quarts de finale (2-1), est là pour faire taire les détracteurs. Les Diables et leur attaque de feu sont (enfin) prêts à conquérir la planète. La suite est connue. L'homérique bataille face à la France mais l'élimination, en demi-finale, sur un coup de tête de Samuel Umtiti. Le " beaucoup de tristesse, je n'ai pas trouvé d'étincelle pour marquer " du génie Hazard. Le regret d'avoir " manqué un rêve " du guerrier Fellaini. Au fond des coeurs, les Belges restent les vainqueurs moraux de la Coupe, mais aucun palmarès ne retient jamais cela. Troisième place en battant l'Angleterre, les Diables brisent le record de leurs aînés, quatrième à Mexico en 1986. Ce n'est pas rien. Le vice-Premier MR, Didier Reynders, fête ça avec eux sur la pelouse de Saint-Pétersbourg. Il y a de la joie. La Grand-Place de Bruxelles est comble pour les accueillir, avec un moment de délire absolu : les facéties d'Eden Hazard transformé en DJ ou le " On s'en bat les couilles " de Kevin De Bruyne chanté à l'unisson. Des images inoubliables. Mais il reste un goût amer dans la bouche : ces Diables Rouges-là pouvaient être champions du monde. La légitime déception de Russie s'est muée en consternation, un soir de novembre, sur la toute petite pelouse de Lucerne, en Suisse. La Nations League, dont il s'agissait de la première édition, était un objectif avoué de cette génération. Enfin un trophée, fût-il " mineur ". Dans la continuité du Mondial, les Diables remportent les trois premiers matchs avec style, battent la Suisse une première fois avec maîtrise, balaient l'Islande avec facilité. Et à Lucerne, ils ont le match en main : 0-2. Avant que tout ne s'effondre. Une humiliation (5-2), la pire de l'ère Martinez. " Jamais vu un match aussi mauvais ", dixit Thomas Meunier. Les Diables sont éliminés du Final Four qui se déroulera cet été au Portugal. Tous les supporters belges se demandent encore ce qui a bien pu se passer. Une attitude trop suffisante ? La peur chevillée au corps ? Ou l'expression de défauts qu'on ne voulait plus voir, comme cette défense en carton-pâte, sans cesse remaniée ? Il ne reste désormais plus à cette génération qu'une chance de triompher : l'Euro 2020. Vincent Kompany aura 34 ans, Eden Hazard et Kevin De Bruyne 29. Romelu Lukaku, auteur d'un des plus beaux gestes de la Coupe du monde, a déjà annoncé qu'il se retirera de l'équipe nationale après. Un titre ? On n'ose plus l'espérer. Mais peut-être est-ce ce qui le fera advenir.